L’UNAF a assisté à la présentation des travaux du groupe de travail « Une politique de vie associative ambitieuse »

06/03/2018

L’UNAF, représentée par Valentine de la Morinerie, était présente le 27 février dernier à la présentation des travaux du groupe de travail « Une politique de vie associative ambitieuse » qui a eu lieu devant le Ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer, et le Haut-Commissaire à l’ESS et à l’innovation sociale, Christophe ITIER.

Cette réunion faisait suite aux travaux ouverts par le Premier Ministre Edouard PHILIPPE le 9 novembre 2017 réunissant représentants associatifs, services de l’Etat et représentants des collectivités, en vue de la construction d’une stratégie en faveur de la vie associative.

Le 13 décembre 2017, un groupe de travail de co-construction de la politique associative du gouvernement avait été constitué avec les associations représentatives des différents champs associatifs.

La restitution des premiers travaux lors de la réunion du 27 février dernier constituait la fin de la première séquence de ce chantier.

Trois sous-groupes de travail se sont réunis en janvier et février 2018. Leurs travaux, animés par le Mouvement associatif et auxquels l’UNAF, membre du Conseil d’administration du Mouvement associatif, a apporté sa participation, ont conduit à la formulation de préconisations. Celles-ci seront intégrées au rapport qui sera remis au Premier ministre dans le courant du mois de mars 2018.

La séance a débuté par l’intervention de Philippe JASHAN, président du Mouvement associatif, qui a rappelé en préambule les trois enjeux de ces travaux :

  • aboutir à des propositions pour un secteur très touché par la réduction des moyens,
  • présenter des propositions constitutives de fondements d’une politique structurée,
  • inscrire l’ensemble de cette nouvelle politique dans le cadre de la Charte des

Engagements Réciproques entre l’Etat, les collectivités locales et les associations, signée en février 2014.

Philippe JASHAN s’est réjoui de la nouvelle dynamique de relations entre l’Etat et les associations en matière d’intérêt public créée par ces travaux, et indiqué que cet exercice pouvait constituer la base de l’assainissement des relations Etat-associations.

Les rapporteurs ont ensuite présenté les ambitions qui émergent de chacun des 3 sous-groupes de travail :

1 - Politique renouvelée de soutien, d’appui et d’accompagnement des associations :

 Ambition 1, Rendre visible les réalités de la vie et de l’action associative,
 Ambition 2, Elaborer le cadre permettant la co-construction de politiques de la vie associative,
 Ambition 3, Mettre en place des parcours d’accompagnement pour les associations,
 Ambition 4, Créer un environnement règlementaire et fiscal, qui tienne compte du modèle associatif.

2- Consolidation et développement des activités d’utilité sociale des associations :

 Ambition 1, Soutenir les associations pour ce qu’elles sont, en reconnaissant les spécificités du modèle non lucratif associatif,
 Ambition 2, Créer les leviers permettant aux associations d’assurer leur visibilité,
 Ambition 3, Favoriser le développement des activités associatives d’utilité sociale par des solutions sur mesure.

3- Mieux reconnaitre le bénévolat et développer une société de l’engagement

 Ambition 1, Favoriser l’engagement tout au long de la vie, notamment durant la vie active en évaluant l’efficacité des diverses formes de congés,
 Ambition 2, Valoriser et développer les engagements collectifs,
 Ambition 3, Conforter les libertés associatives.

A la suite de ces présentations, Christophe ITIER, Haut-Commissaire à l’ESS et à l’innovation sociale a indiqué qu’un certain nombre de propositions faites sont déjà travaillées par le Conseil supérieur de l’économie sociale et solidaire.

Un accent sera mis sur l’accompagnement des associations, la question de la commande publique sera abordée dans le pacte de croissance de l’économie sociale et solidaire et un travail de simplification de la procédure de demande et d’instruction des demandes d’agrément sera engagé. La volonté du Haut-Commissaire est de redonner la main aux acteurs de l’économie sociale et solidaire.

Le Ministre de l’Education nationale a rappelé les dispositifs en cours de réalisation, notamment la poursuite du soutien financier de l’Etat à travers le transfert des 25 millions d’euros de la réserve parlementaire vers le Fonds de Développement de la Vie Associative, ainsi que la prolongation donnée à la Charte des Engagement Réciproques, avec la création d’une semaine de l’engagement dont la première édition a déjà eu lieu. Il a également rappelé les mesures prises pour faciliter l’engagement des plus jeunes.

En revanche peu d’annonces ont été faites pour l’avenir, si ce n’est :

  • la création d’un nouveau Service National, dispositif dont les associations seront actrices,
  • l’amélioration de la coordination et de l’observation, en vue d’une meilleure co-construction des politiques publiques,
  • la volonté de rendre visibles les réalités et actions associatives grâce à un travail de marketing, et d’accrocher les sujets à des politiques de jeunesse et d’éducation.

Les échanges qui ont suivi ces présentations et ces interventions après les départs du Ministre et du Haut-commissaire ont révélé de multiples attentes de la part des organisations associatives ayant participé aux travaux :

  • la volonté que les préconisations présentées et reprises dans le rapport ne restent pas lettre morte, et qu’ainsi une véritable politique de la vie associative soit mise en place pour remédier à la détérioration de la vie associative,
  • la nécessité que les pouvoirs publics saisissent l’opportunité du rapport à venir pour permettre de réelles avancées et la prise de mesures concrètes en direction des associations pour l’avenir.

Ils ont également révélé un sentiment de déception de la part de certains membres, en raison du manque de perspectives données par le Ministre à ces travaux, car celui-ci a davantage rappelé les dispositifs existants ou récemment lancés en faveur de la vie associative.

Une discussion a eu lieu sur la question de l’implication des collectivités territoriales dans la co-construction de la politique de vie associative du gouvernement. Une des craintes exprimées est que l’Etat se défausse sur les régions pour la réalisation de cette politique de co-construction. L’attente de la majorité du monde associatif porte sur la nécessité de mieux articuler les politiques et les dispositifs pour les rendre plus performants, plutôt que d’en créer de nouveaux susceptibles de mettre des entraves au développement de la vie associative.

Le Président du Mouvement associatif a annoncé les séquences suivantes des travaux de ce chantier « Une politique de la vie associative ambitieuse » :

  • séquence 2, production du rapport final, transmission de celui-ci au Haut Conseil de la vie associative (HCVA), remise du rapport au Premier Ministre Edouard PHILIPPE. Durant cette étape, il conviendra de rester très mobilisés pour achever de convaincre qu’il y a de la place pour une vraie politique de la vie associative pour remédier à sa détérioration.
  • séquence 3, maintien du dialogue et du suivi de la mise en œuvre des décisions prises.

Communiqué de presse du Mouvement associatif
@ : vdelamorinerie unaf.fr


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