UNAF - UDAF 17 - Charente-Maritime - Les Résultats de l’enquête Famille Emploi en Poitou-Charente (1996)

Etude thématique

UDAF 17 - Charente-Maritime - Les Résultats de l’enquête Famille Emploi en Poitou-Charente (1996)


30/11/1995

UNION DEPARTEMENTALE DES ASSOCIATIONS FAMILIALES DE LA CHARENTE MARITIME

 

Observatoire Départemental de la Famille


 

1. Les Parcours Professionnels

Le parcours des hommes (Question 6) est très classique et linéaire.
Après des études, ils travaillent jusqu’à l’âge de la retraite.

Question 6 : Monsieur, pouvez-vous nous décrire votre
parcours professionnel ? (Répartition en % par tranche d’âge)

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Concernant les femmes (Question 4), des parcours plus diversifiés
se dessinent. Les femmes commencent le plus souvent par travailler, puis
décident soit de s’arrêter pour s’occuper de leurs enfants,
soit de continuer à travailler. Lorsque les enfants quittent le foyer,
certaines des femmes restées au foyer reprennent une activité professionnelle.

Question 4 : Madame, pouvez-vous nous décrire votre
parcours professionnel ? (Répartition en % par tranche d’âge)

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src="etudes/17 famille emploi/image004.gif">

Des différences entre les générations apparaissent au niveau de la durée
des études et de la période de chômage. En effet, à chaque génération,
les individus sont toujours plus nombreux à poursuivre des études de plus
en plus longues. De ce fait, l’entrée dans la vie active est plus
tardive.

Ce phénomène est accentué, pour la plus jeune génération, par un taux
de chômage très important : 17% des hommes et 19% des femmes actuellement
entre 20 et 29 ans ont connu une période de chômage durant cette tranche
d’âge. Le chômage apparaît, pour les autres générations, dans les
tranches d’âges qui correspondent aux années 1975-1996. Cependant,
les femmes sont les premières à être touchées, et sont les plus vulnérables
face au chômage.

Nous observons aussi nettement que les femmes sont de moins en moins
nombreuses à s’arrêter de travailler pour élever leurs enfants.

Comment le bénévolat s’inscrit-il au sein de ces parcours ?
Plus ils avancent en âge, plus les individus s’engagent dans ces
activités. Ceci se retrouve quelque soit la génération que l’on
considère.

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2. La question du chômage

Nous pouvons rappeler ici le taux de chômage de la région Poitou Charentes :
il était de 12,9% au second trimestre 1996, date de diffusion du questionnaire,
contre 12,5% pour l’ensemble de la France. Le taux de chômage était
alors de 15,6% pour les femmes, et de 9,7% pour les hommes en Poitou Charentes.
Le taux observé dans cette enquête est donc largement en deçà de la réalité.
Cet écart provient soit d’un biais dans la construction de l’échantillon
effectif, soit d’un biais introduit par le faible taux de retour
des questionnaires.

Question 1 : Quelle est votre situation face à l’emploi ?

 

Madame

Monsieur

en activité

38%

67%

en recherche d’emploi

10%

6%

en retraite

16%

22%

au foyer

29%

0,7%

étudiant

4%

3%

autre sans activité professionnelle

3%

1%

Les femmes sont beaucoup plus touchées par le chômage, ainsi que les
personnes entre 20 et 29 ans, comme nous avons déjà pu le constater précédemment
(Questions 4 et 6). Le graphique ci-dessous nous montre que 18% des
femmes entre 20 et 29 ans sont au chômage, contre 11% des femmes entre
30 et 49 ans. Chez les hommes, nous trouvons 13% des 20-29 ans en recherche
d’emploi, contre moins de 7% pour les 30-49 ans.

Graphique 1 : Situation face à l’emploi en fonction
de l’âge (pour les femmes à gauche, pour les hommes à droite).

<img width=243 height=167
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src="etudes/17 famille emploi/image008.gif">

Les catégories de personnes où l’on observe, dans cette enquête,
le plus de chercheurs d’emploi sont : les femmes célibataires,
les veuves, les femmes divorcées ou séparées, les couples non mariés.
Concernant les femmes, la question du chômage apparaît donc encore plus
dure lorsqu’elles se retrouvent seules. Les couples non mariés correspondent
en majorité à des couples jeunes, ce qui peut expliquer un taux de chômage
plus élevé que pour les couples mariés.

Graphique 2 : Situation face à l’emploi en fonction
de la situation familiale (pour les femmes à gauche, pour les hommes à
droite).

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src="etudes/17 famille emploi/image010.gif">
<img width=432 height=289
src="etudes/17 famille emploi/image012.gif">

Les catégories socioprofessionnelles les plus touchées par le chômage
sont 

- Les ouvrières, les professions intermédiaires, les commerçants/artisans
et les employées pour les femmes,

- Les employés et les ouvriers chez les hommes.

La durée du chômage (Question 11) est longue. 25% des femmes au
chômage recherchent un emploi depuis 1 à 2 ans, et 39% depuis 2 ans et
plus. 29% des hommes au chômage recherche un emploi depuis 1 à 2 ans,
et 22% depuis 2 ans et plus.

Les conséquences de l’absence d’emploi évoquées dans l’enquête
(Question 12) sont :

- les problèmes financiers,

- la perte des liens de sociabilité (sentiment de rejet et d’inutilité,
perte des contacts sociaux, isolement)

- et la chute du moral (ennui, inquiétudes, sentiment de dévalorisation).

Ces difficultés ont des retombées au niveau de la vie familiale, de la
santé et du logement. Les personnes interrogées évoquent ainsi la peur
pour leurs enfants, les problèmes pour assurer leurs études, les privations
familiales difficiles à accepter, les tensions familiales, le stress,
les dépressions, ou encore l’alcoolisme.

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3. La question de la mobilité géographique

La majorité des familles, plus de 60%, n’accepterait pas une mobilité
géographique. Nous retrouvons un NON majoritaire dans tous les départements
du Poitou-Charentes.

Question 3 : Accepteriez-vous une mobilité géographique ?
(en % des réponses de Monsieur, en % de celles de Madame)

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Les raisons qui amèneraient les hommes comme les femmes à déménager vers
une autre zone géographique sont des raisons professionnelles : « pour
améliorer votre situation professionnelle » est la première des raisons
évoquées, « pour conserver un emploi » la seconde. À l’inverse,
le NON est motivé par des raisons affectives et familiales : « par
attachement à l’endroit où vous vivez » arrive en tête, puis,
« pour rester auprès de votre famille ».

Les personnes les plus enclines à accepter une mobilité géographique
sont :

- les personnes entre 20 et 29 ans,

- les plus hauts et les plus faibles revenus (moins de 5 000 F,
et plus de 20 000 F),

- les chercheurs d’emploi, les étudiants et les militaires du contingent,

- les cadres et les professions intermédiaires.

Par contre, les familles ayant plus de 4 enfants sont très peu mobiles.

Graphique 3 : Mobilité géographique et âge (en % par
tranche d’âge).

<img width=381 height=251
src="etudes/17 famille emploi/image016.gif">

Graphique 4 : Mobilité géographique et ressources mensuelles
de la famille (en % par tranche d’âge).

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src="etudes/17 famille emploi/image018.gif">

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4. La gestion du temps travaillé

28% des femmes, ayant une activité professionnelle, travaillent à temps
partiel. Ce mode de travail est essentiellement féminin puisqu’il
ne concerne que 3% des hommes en activité.

Question 6 : Vous travaillez à (en % des personnes
en activité) :

 

Madame

Monsieur

Temps plein

72%

97%

Temps partiel

28%

3%

Les femmes travaillant à temps partiel sont essentiellement mariées,
en couple vivant maritalement, et célibataires. En outre, plus les familles
sont nombreuses, plus les femmes sont à temps partiel. Il apparaît, enfin,
que les familles où la femme travaille à temps partiel sont aussi celles
où les revenus sont les moins élevés. Ceci peut s’interpréter comme
le résultat de la perte de revenu due au temps partiel.

Graphique 5 : Temps de travail et nombre d’enfants
à charge (Femmes, en % par nombre d’enfants).

<img width=441 height=277
src="etudes/17 famille emploi/image020.gif">

Graphique 6 : Temps de travail et ressources mensuelles
de la famille (Femmes, en % par tranche de revenu).

<img width=383 height=250
src="etudes/17 famille emploi/image022.gif">

Le nombre d’hommes travaillant à temps partiel est trop faible
pour dégager une interprétation valable.

Question 7 : Est-ce un choix ? (en % des
personnes en activité)

 

Madame

Monsieur

OUI

75%

80%

NON

25%

20%

78% des femmes à temps plein, et 69% des femmes à temps partiel affirment
avoir choisi leur temps de travail. 82% des hommes à temps plein, et 27%
des hommes à temps partiel ont fait le choix de leur nombre d’heures
de travail. Le temps partiel est donc plus subi que le temps plein, surtout
pour les hommes.

Les personnes qui n’ont pas choisi leur nombre d’heures travaillées
sont principalement :

- les femmes célibataires, séparées ou divorcées, et vivant maritalement,

- les hommes mariés ou vivant maritalement,

- les femmes sans enfant et avec 3 enfants,

- les femmes et les hommes dont les revenus familiaux sont faibles,

- les familles d’ouvriers et d’employés.

Il apparaît donc que le temps partiel subi est essentiellement perçu
comme une perte nette de revenu. Concernant les familles nombreuses, qui
correspondent aussi aux familles dont les ressources familiales sont les
plus élevées, les femmes choisissent le temps partiel pour avoir plus
de temps avec leurs enfants.

Si les collectivités proposaient une aide financière suffisante aux personnes
souhaitant s’occuper de leurs enfants, une majorité de femmes s’arrêterait
de travailler, mais moins d’hommes sont de cet avis.

Question 9 : Arrêteriez-vous de travailler, si une
aide financière vous était proposée pour vous occuper de vos enfants ?

(en % des personnes en activité)

 

Madame

Monsieur

OUI

54%

17%

NON

46%

83%

Les femmes qui s’arrêteraient le plus volontiers de travailler
avec des conditions financières satisfaisantes sont les jeunes femmes,
celles qui ont quatre enfants et plus, ainsi que les femmes à temps partiel.

Graphique 7 : Arrêt de travail avec aide financière
et âge (Femmes, en % par tranche d’âge).

<img width=412 height=253
src="etudes/17 famille emploi/image024.gif">

Graphique 8 : Arrêt de travail avec aide financière
et temps de travail (Femmes, en % par temps travaillé).

<img width=415 height=256
src="etudes/17 famille emploi/image026.gif">

Les femmes des familles d’ouvriers, d’employés, d’agriculteurs
et de commerçants sont majoritairement favorables à cette proposition.

Graphique 9 : Arrêt de travail avec aide financière
et CSP (Femmes, en % par CSP).

<img width=363 height=252
src="etudes/17 famille emploi/image028.gif">

Les hommes qui s’arrêteraient le plus facilement avec une telle
proposition sont les plus jeunes d’entre eux, ainsi que les cadres
et les employés.

Au sein des personnes qui s’arrêteraient de travailler moyennant
une aide financière, 64% des femmes et 75% des hommes s’arrêteraient
partiellement. Les femmes s’arrêteraient partiellement avec une
aide de 2 000 à 4 000 F ; celle-ci devrait être de 3 000
à 5 000 F pour les hommes. Pour s’arrêter totalement,
l’aide estimée, par les femmes comme par les hommes, devrait se
situer entre 4 000 et 6 000 F. Les montants d’aide
estimés sont relativement homogènes quelques soient les revenus des familles,
bien que les hommes aient plus tendance que les femmes à reporter sur
l’aide le montant de leur salaire.

Plus de la moitié des hommes et près des deux tiers des femmes souhaiteraient
pouvoir moduler leur temps de travail.

S’ils pouvaient moduler leur temps de travail, les hommes comme
les femmes réorganiseraient d’abord leur emploi du temps sur la
semaine. Ensuite, les hommes géreraient autrement leur temps d’activité
professionnelle sur l’année, et les femmes sur le mois et la journée.
Les hommes sont, enfin, les plus satisfaits de leur organisation professionnelle.

Question 10 : Souhaiteriez-vous pouvoir moduler votre
temps de travail ?
(en % des personnes en activité)

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src="etudes/17 famille emploi/image030.gif">

Les femmes ayant 4 enfants et plus sont très nombreuses, 90%, à vouloir
moduler leur temps de travail. Les hommes en couple (mariés ou non) souhaitent
d’abord organiser leur temps de travail sur la semaine. Les hommes
célibataires ou divorcés voudraient plutôt moduler leurs horaires sur
la journée. Nous observons peu de différences marquées entre les diverses
catégories de personnes. Le désir de mieux organiser sa semaine est très
partagé.


5. Conclusions

La volonté d’aménager vie familiale et vie professionnelle
apparaît à chaque enquête. Les individus sont pris entre deux feux :
gagner suffisamment d’argent, s’épanouir dans leur vie professionnelle
et préserver leur emploi, d’une part, accorder suffisamment de temps
à leur famille, d’autre part.

En effet, lors de cette enquête, nous avons observé le souhait des familles,
et surtout des femmes, de pouvoir moduler leur temps de travail, s’arrêter
de travailler grâce à une aide financière. S’ajoute à cela le refus
de la mobilité géographique, profondément lié à la volonté de préserver
la vie familiale. Néanmoins, une grande part des personnes à temps partiel
se disent contraintes à ce choix pour des raisons financières, et nous
observons les difficultés actuelles à pouvoir alterner période de travail
et période à s’occuper des enfants. Le durcissement de l’accès
au marché du travail n’est pas à l’avantage de l’organisation
du temps familial.

Le chômage touche aussi durement la vie familiale. Les conséquences
financières sont lourdes pour les familles. Mais le chômage est aussi
source de tensions et d’éclatement familial.

A l’inverse, les aléas de la cohésion familiale ont des conséquences
en terme de chômage sur les individus. En effet, la fragilité financière,
ou psychologique, des individus n’est pas pour aider les recherches
d’emploi. De plus, les femmes qui recherchent un emploi après une
séparation se retrouvent dans une situation particulièrement difficile.

La qualité de cette enquête provient de la méthode
de sondage employée. En effet, l’enquête s’appuie sur un échantillon
de 1 000 familles assez bien représentatif de la population du Poitou-Charentes,
qui nous permet une analyse satisfaisante des données.

Cependant, ce questionnaire a souffert d’un fort taux de non retour
et de non réponse aux questions. Ce faible intérêt porté au questionnaire
parait paradoxal par rapport à l’importance de ce thème dans les
préoccupations des familles.

En outre, les résultats ci-dessus apportent peu d’informations
nouvelles par rapport à ce que l’on connaît déjà de la situation
actuelle en matière d’emploi et de vie familiale.

Il semble que la forme du questionnaire aurait certainement pu améliorer
la pertinence des résultats. En effet, si nous prenons l’exemple
du chômage, nous pouvons aisément penser que les personnes ayant actuellement
un emploi sont aussi concernés par le chômage, par l’intermédiaire
du risque qu’ils encourent, de la situation de leurs enfants ou
de leurs parents, ...etc. Leurs opinions, les conséquences qu’ils
ressentent, leurs propositions peuvent être très intéressantes sur ce
sujet. Or, le questionnaire ne les met pas en valeur. Ceci n’est
qu’un exemple, mais il montre qu’après un questionnaire
« état des lieux » comme celui-ci, une autre forme d’enquête
complémentaire serait d’un très grand intérêt.

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