UNAF - Education et formation tout au long de la vie en Europe : le défi des nouvelles technologies.

Commentaire d’étude

Education et formation tout au long de la vie en Europe : le défi des nouvelles technologies.

30/04/2003

La Direction générale de l’éducation et de la culture de la Commission européenne a publié lundi 5 mai les principaux résultats d’une enquête sur le regard que portent les Européens sur l’éducation et la formation tout au long de la vie. Les Européens considèrent que l’éducation et la formation tout au long de la vie constituent un important outil de développement personnel et professionnel. Ils perçoivent un écart entre ce qu’ils savent et les compétences nécessaires pour s’épanouir dans l’Europe de la connaissance et des TIC. A l’heure actuelle, plus d’un tiers des citoyens européens en moyenne ne participe à aucune forme d’éducation ou de formation, et un citoyen sur dix n’est pas désireux de le faire. Des problèmes de temps et d’argent sont souvent évoqués comme faisant obstacle à la poursuite de l’éducation et de la formation tout au long de la vie.

Jean-Pierre
Quignaux

La Direction générale de l’éducation
et de la culture de la Commission européenne a publié
lundi 5 mai les principaux résultats d’une enquête
sur le regard que portent les Européens sur l’éducation
et la formation tout au long de la vie. Les Européens considèrent
que l’éducation et la formation tout au long de la vie
constituent un important outil de développement personnel
et professionnel. Ils perçoivent un écart entre
ce qu’ils savent et les compétences nécessaires
pour s’épanouir dans l’Europe de la connaissance et des
TIC. A l’heure actuelle, plus d’un tiers des citoyens européens
en moyenne ne participe à aucune forme d’éducation
ou de formation, et un citoyen sur dix n’est pas désireux
de le faire. Des problèmes de temps et d’argent sont souvent
évoqués comme faisant obstacle à la poursuite
de l’éducation et de la formation tout au long de la vie.

Quelques-uns des principaux résultats de l’enquête
Eurobaromètre sur l’éducation et la formation tout
au long de la vie, effectuée pour le compte de la Direction
générale "Éducation et culture",
avec l’aide du CEDEFOP, sont présentés ci-après.
Cette enquête s’est déroulée du 15 janvier
au 28 février 2003, dans les 15 États membres, plus
la Norvège et l’Islande. Sa réalisation a nécessité
plus de 18 000 entretiens directs.
Mme Viviane Reding, commissaire européen chargée
de l’éducation et de la culture, a présenté
cette enquête Eurobaromètre dans les termes suivants :
"Les résultats de l’enquête…soulignent
l’importance de nos travaux dans les domaines de l’éducation
et de la formation tout au long de la vie, ainsi que de l’apprentissage
électronique. Ils mettent également en évidence
des éléments importants pour les futures évolutions,
au niveau tant européen que national. Il nous faut en particulier
convaincre les gens de l’importance de l’éducation et de
la formation tout au long de la vie, au plan tant personnel que
social, et les encourager à améliorer et à
mettre à niveau leurs compétences, notamment dans
les domaines des TIC et des langues étrangères."
Elle a ajouté : "Notre objectif doit être de
mettre l’éducation et la formation tout au long de la vie
à la portée de tous, et plus particulièrement
de ceux qui en ont le plus besoin et qui y ont le moins facilement
accès. Nous devons mobiliser davantage de ressources et
échanger et diffuser des exemples de bonnes pratiques et
de politiques, comme l’a souligné la Commission dans sa
récente communication intitulée "Investir efficacement
dans l’éducation et la formation : un impératif pour
l’Europe".

Les États membres ont été invités
à soumettre, avant la fin du mois de mai 2003, des rapports
nationaux sur la mise en œuvre de l’éducation et de
la formation tout au long de la vie. Sur cette base, la Commission
a l’intention de présenter une communication en novembre
2003.
Les principaux résultats de cette étude sont les
suivants.

L’éducation et la formation tout au long de la vie
sont importantes pour des motifs d’ordre social et économique

Neuf citoyens européens sur dix estiment que l’éducation
et la formation tout au long de la vie sont importantes, bien
que le degré de consensus varie d’un pays à l’autre.
Les Allemands et les Islandais sont presque unanimes sur ce point,
tandis qu’en Belgique, en Irlande, aux Pays-Bas et en Grèce,
les citoyens sont plus sceptiques que la moyenne.

Dans leur vaste majorité (huit personnes sur dix), les
citoyens considèrent que l’éducation et la formation
tout au long de la vie poursuivent des objectifs à la fois
économiques et sociaux. Elles aident les personnes à
faire face aux changements et aux demandes du marché du
travail, à prendre leur vie en main et à s’accomplir
pleinement.

En outre, une majorité de citoyens européens estiment
que l’éducation et la formation tout au long de la vie
s’adressent à toutes les tranches d’âges. En d’autres
termes, elles ne devraient pas être limitées aux
jeunes ou aux personnes âgées, mais plutôt
consister en une offre ininterrompue tout au long de la vie de
chacun. Néanmoins, cette vision est loin de faire l’unanimité
et l’idée que ce concept concerne l’ensemble de la population
à toutes les étapes doit être renforcée
dans certains pays et pour certains groupes.

Les Européens estiment qu’ils manquent de compétences
en TIC et en langues étrangères

À la quasi-unanimité, les citoyens reconnaissent
que la lecture, l’écriture et l’arithmétique sont
les compétences les plus utiles dans tous les domaines
de la vie. En parallèle, ils sont conscients de la nécessité
de posséder un éventail plus large de compétences
pour pouvoir s’accomplir dans l’Europe de la connaissance, aussi
bien dans le domaine des TIC ou des langues étrangères
qu’au niveau des compétences sociales et de communication.

Cependant, même si presque tous les Européens estiment
qu’ils peuvent lire, écrire et faire de l’arithmétique,
ils sont moins sûrs d’eux lorsqu’ils s’agit de nouvelles
compétences clés. Seuls 58 % des personnes interrogées
ont déclaré savoir se servir d’un ordinateur. La
moitié d’entre elles n’est pas en mesure d’utiliser Internet.
60 % ne peuvent pas utiliser de langues étrangères.
Le manque de compétences en TIC est particulièrement
flagrant en Grèce et au Portugal, où deux tiers
des personnes interrogées ont déclaré ne
pas savoir se servir d’un ordinateur. Près de 70 % des
personnes interrogées en Espagne, en Irlande et au Royaume-Uni
ont dit ne pas pouvoir utiliser de langues étrangères.

Pour la majorité des citoyens, les contextes informels
sont les plus propices à l’apprentissage

Les citoyens européens estiment que leurs expériences
d’apprentissage sont plus profitables dans des contextes non formels,
par exemple lorsqu’ils s’adonnent à des activités
à la maison, pendant leurs loisirs, ou encore lorsqu’ils
apprennent de manière informelle au travail, dans des centres
d’apprentissage locaux ou dans des bibliothèques. Seuls
17 % des personnes interrogées ont évoqué
les cadres d’apprentissage formels (écoles et établissements
d’enseignement supérieur) parmi les lieux d’apprentissage
récents et pertinents. Il convient également de
noter que les modes d’apprentissage à distance et les expériences
d’apprentissage à l’étranger (dans le cadre de programmes
d’échange) font partie des contextes d’apprentissage les
moins prisés.

Pour les personnes plus jeunes et mieux qualifiées, l’apprentissage
se fait dans des contextes très divers. Tel est particulièrement
le cas en Finlande, en Suède et en Islande, contrairement
à la Grèce ou au Portugal. Les contextes d’apprentissage
sont plus variés pour les étudiants : à l’école,
à la maison, au cours de loisirs ou de voyages.

En général, les salariés déclarent
apprendre sur le lieu de travail, notamment les hommes. Les femmes
sont toutefois plus susceptibles de déclarer qu’elles ont
appris à la maison et dans des centres d’apprentissage
locaux ou des bibliothèques.

D’une part, les gens considèrent qu’ils apprennent mieux
dans des contextes non formels. D’autre part, ils évoquent
des contextes formels lorsqu’ils pensent à l’amélioration
ou à la mise à niveau de leurs compétences
professionnelles. Cela est lié aux idées tenaces
quant aux lieux dans lesquels un individu est censé apprendre,
c’est-à-dire les écoles, les établissements
d’enseignement supérieur, les centres de formation, etc.
Dans la vie quotidienne, cependant, les personnes reconnaissent
qu’elles apprennent dans des contextes beaucoup plus variés,
ce qui va dans le sens de l’importance accordée au niveau
européen à la reconnaissance de l’apprentissage
non formel et informel.

Le temps et l’argent sont les principaux obstacles à
l’éducation et à la formation tout au long de la
vie

Dans les pays nordiques, moins de la moitié des personnes
interrogées ne participent pas à l’éducation
et à la formation, alors qu’en Grèce et au Portugal,
seuls deux citoyens sur dix y ont participé au cours de
l’année passée. La proportion des personnes déclarant
qu’elles ne sont simplement pas intéressées par
l’apprentissage est particulièrement élevée
en Espagne (47 %) et au Portugal (50 %). L’enquête confirme
en outre que les personnes ayant un niveau d’éducation
supérieur et un niveau professionnel élevé
sont davantage susceptibles de prendre part à l’éducation
et à la formation.

Bien que les citoyens européens reconnaissent les bienfaits
de l’apprentissage sur le plan personnel et social, ils soulignent
l’obstacle important que constitue le manque de temps lié
au travail et aux engagements familiaux. Des modalités
d’apprentissage individualisées et souples se sont cependant
révélées être des mesures d’incitation
efficaces en faveur de l’éducation et de la formation.
En général, l’argent représente un obstacle
majeur : la moitié des personnes interrogées s’est
déclarée opposée à tout investissement
financier de leur part. Néanmoins, il est intéressant
de noter que les gens sont disposés à apporter une
contribution financière s’ils jugent que le bénéfice
sera exclusivement personnel. Pour eux, l’apprentissage lié
au monde du travail ne relève pas de leur seule responsabilité.

Davantage d’informations sont disponibles sur les sites Web suivants :

DG EAC :
http://europa.eu.int/comm/dgs/education_culture/index_fr.htm

CEDEFOP :
http://www.cedefop.eu.int/

 

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