UNAF - Assemblée plénière du CESE : innovation en agriculture - addictions au tabac et à l’alcool

8 & 9 janvier 2019

Assemblée plénière du CESE : innovation en agriculture - addictions au tabac et à l’alcool


16/01/2019

Illustration article

A l’ordre du jour de l’assemblée plénière du Conseil économique, social et environnemental qui s’est réunie les 8 et 9 janvier 2019, étaient inscrites les questions suivantes :

• L’innovation en agriculture
• Les addictions au tabac et à l’alcool

L’innovation en agriculture DECLARATION ECRITE DU GROUPE DE L’UNAF (annexée au Journal Officiel)

« Si la modernité prétendait imposer toutes ses découvertes, son modèle de consommation et la vision marchande réductrice qui l’anime ; si, éprise d’elle-même, elle prétendait façonner l’homme et brutaliser la nature, je ne pourrais m’empêcher de la considérer comme l’annonce d’une aventure barbare ». Ainsi s’exprimait Edgard Pisani dans son livre « Le vieil homme et la terre » avec un regard critique sur le tournant majeur du paradigme productiviste.

Le présent avis fait le pari d’une méthode pour conduire l’innovation en agriculture permettant de relever les défis prioritaires du développement durable au rang desquels se trouvent :

  • la nécessité de proposer aux familles une alimentation saine, de qualité, en quantité suffisante et accessible pour tous ;
  • la préservation et la reconstitution des ressources et milieux naturels ;
  • ou bien encore la résilience de l’agriculture assurant viabilité des exploitations et donc la juste rémunération des travailleurs agricoles.

Le Groupe de l’UNAF partage les préconisations en faveur d’une association la plus large possible de tous les acteurs jusqu’au consommateur permettant à la société de se prononcer en connaissance de cause sur l’acceptabilité des innovations issues de la recherche. Mais il souhaite aussi mettre l’accent sur l’exigence d’approfondissement des connaissances scientifiques que porte le principe de précaution, qui peut ainsi enclencher une dynamique d’innovation, comme l’avait souligné le CESE dans l’étude de 2013 « Principe de précaution et dynamique d’innovation ».

Enfin, le Groupe de l’UNAF a retenu avec intérêt la question soulevée par le « big data » agricole au regard de la souveraineté alimentaire française. L’avis met ainsi en lumière, à l’attention de toutes et tous, l’utilisation de la masse croissante de données informatiques récoltées par le biais de drones, satellites, ou capteurs placés sur les tracteurs. Autant cette agriculture dite de précision pourrait permettre d’augmenter nettement les rendements tout en respectant l’environnement, autant il ne faut pas être naïf et veiller à ne pas abandonner ces éléments de compétitivité à quelques sociétés étrangères en pointe sur le sujet.

Le Groupe de l’UNAF a voté l’avis.

Les addictions au tabac et à l’alcool

La réduction des risques est l’orientation prise par le présent avis : elle représente une approche innovante des addictions, assurément plus humaine et compréhensive de l’usager du tabac et/ou de l’alcool. Au lieu d’émettre un jugement sur ce qui est bien ou mal, on cherche à comprendre la dépendance d’un usager dans toute sa complexité pour identifier comment il pourra en sortir.

La réduction des risques en France nécessite d’être enrichie par de nouvelles mesures visant à diminuer les prises de risques dans certains contextes et par certaines populations spécifiques. Son opposition historique aux politiques d’éradication des addictions doit être renversée pour qu’elle puisse enfin être une véritable passerelle entre la consommation régulière et le sevrage définitif.

Pour ce faire, le Groupe de l’UNAF retient avec intérêt plusieurs préconisations.

En septembre dernier, Santé publique France a publié un rapport sur les consommations d’alcool et de tabac durant la grossesse, il en ressort des données suivantes :

  • La consommation ne serait-ce qu’occasionnelle d’alcool pendant la grossesse concernerait une femme enceinte sur dix.
  • Le tabagisme pendant la grossesse concernerait quant à lui entre 20 % et 25 % des femmes enceintes.
  • Quatre femmes enceintes ou mères de jeunes enfants sur dix ont déclaré ne pas avoir été informées des risques de la consommation d’alcool et de tabac par le médecin ou la sage-femme les suivant ou les ayant suivies durant leur grossesse.

Dès lors, le Groupe de l’UNAF soutient la préconisation n°7, qui appelle à un renforcement de la formation initiale et continue des professionnels de santé intervenant auprès des femmes enceintes. Un autre signal important serait de voir aboutir la démarche engagée par les pouvoirs publics pour que le pictogramme « femmes enceintes » apposé sur les bouteilles d’alcool soit agrandi et rendu plus visible par un contraste de couleurs.

Le Groupe de l’UNAF insiste sur la pertinence de la préconisation n°4 de renforcer la prévention dès le plus jeune âge en associant les familles. Les actions de soutien à la parentalité et de renforcement des compétences parentales et éducatives sont reconnues comme ayant un impact bénéfique sur la capacité des jeunes à refuser ou limiter l’expérimentation des substances psychoactives. Le travail sur l’amélioration de la qualité du lien entre parents et enfants, et ce depuis le plus jeune âge, renforce les facteurs de protection chez les futurs adolescents.

Enfin, le Groupe de l’UNAF tient à remercier les rapporteurs d’avoir tenu le cap sur les préconisations en matière d’indépendance de la politique publique de prévention des addictions à l’alcool en excluant les alcooliers de cette politique.

Le Groupe de l’UNAF a voté l’avis.

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