UNAF - Entreprise : vers de nouvelles normes pour plus d’égalité femmes/hommes

Réalités Familiales n°124/125

Entreprise : vers de nouvelles normes pour plus d’égalité femmes/hommes


10/03/2019

Illustration article L’Observatoire de la responsabilité sociale de l’entreprise (Orse) étudie les pratiques RSE dans l’entreprise depuis 18 ans. Le but est que la RSE constitue un outil de transformation et de changement à l’intérieur du corps social qu’est l’entreprise.

Par Hélène VALADE, Présidente de l’Orse

D’après son intervention au colloque « La place des pères »

J’ai la conviction profonde que l’entreprise n’est pas simplement animée par un objectif de profit dont le seul interlocuteur serait l’actionnaire, mais qu’elle participe aussi à l’intérêt général et s’adresse à l’ensemble des parties prenantes. À ce titre, peut être cité tout ce qui relève des politiques de diversité au sein de l’entreprise. Des fédérations professionnelles et organisations syndicales ainsi que plusieurs associations sont représentés au sein de l’Orse, ce qui a permis d’avancer sur plusieurs guides, notamment sur l’égalité professionnelle hommes/femmes.

Dernièrement, une enquête a été administrée à nos membres, qui l’ont fait cascader dans les entreprises, issues des secteurs public comme privé et animées par la RSE*. Si l’échantillon n’est pas représentatif stricto sensu, près de 6 000 participants ont répondu et ont permis d’analyser les résultats en fonction de critères sociodémographiques, dont celui du genre.
41 % des répondants sont des hommes, montrant que les hommes ont besoin de parler de l’ensemble de ces questions de conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle. Parmi eux, 48 % des hommes ne se disent pas satisfaits du temps qu’ils consacrent à leur famille. Ils souhaitent notamment que les congés parentaux et les temps partiels au sein de l’entreprise les ciblent davantage. Cette forte attente des hommes est particulièrement vive dans la catégorie des 18-30 ans.
De plus, les réponses des hommes et des femmes s’avèrent plutôt similaires. Les vraies distinctions dans les réponses des femmes se concrétisent dans les questions portant sur ce qu’elles pensent que leurs collègues hommes pensent des dispositifs de conciliation dans l’entreprise et ce qu’elles pensent que leur conjoint en pense. Elles estiment l’avis de leurs collègues plus négatif que ce qu’il est vraiment, alors qu’elles se rapprochent des réponses données de manière globale par les hommes lorsqu’elles évoquent le cas de leur conjoint.

L’égalité passera par l’appropriation par les hommes d’autre organisation du temps

L’enquête a également montré une appétence pour certaines modalités s’exprimant de différente manière. 90 % des 18-30 ans souhaitent prendre un congé paternité. 85 % estiment que sa durée devrait être allongée. 92 % des hommes trouvent que les horaires plus flexibles dans les cas de résidences alternées sont un bon dispositif.
Malgré cette insatisfaction, des freins perdurent. Au-delà des stéréotypes, la crainte de l’impact sur la rémunération et sur la carrière est renforcée, par l’expérience négative d’absences sur de plus longues durées (comme le temps partiel ou le congé parental d’éducation) qu’eux ou leur conjointe ont vécue. Les processus RH au sein de l’entreprise, structurellement liés à une époque où les questions de prise de ces congés par les pères ne se posaient pas encore, doivent être revisités à l’aulne des nouvelles aspirations des hommes.
À la lumière de ces enseignements, les entreprises réagissent. Jusqu’à présent, les politiques d’égalité professionnelle hommes/femmes avaient les femmes comme seules interlocutrices. Nous parvenons à la fin de ce cycle, qui aboutit à certains résultats positifs pour les femmes, même si les efforts doivent être poursuivis. Il est désormais temps de tenir un autre discours pour atteindre et embarquer les hommes. L’égalité passera par l’appropriation par les hommes d’autres modalités d’organisation du temps. Des entreprises s’avèrent pionnières. L’Oréal, par exemple, a instauré un standard mondial dans l’ensemble de ses filiales (nombre minimum de jours de congés maternité et paternité, maintien du salaire, reprise du travail à poste équivalent). Cette norme imposée casse les stéréotypes. D’autres entreprises réfléchissent à une plus grande flexibilité (télétravail, systèmes d’organisation). l

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Réalités Familiales n° 124-125 : « Etre père aujourd’hui ! »
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