UNAF - L’UNAF, membre du HCFEA, a participé à la remise du rapport de Sylviane GIAMPINO sur la qualité des modes d’accueil de la petite enfance

L’UNAF, membre du HCFEA, a participé à la remise du rapport de Sylviane GIAMPINO sur la qualité des modes d’accueil de la petite enfance


30/04/2019

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L’UNAF, représentée par Patricia HUMANN, coordonnatrice du pôle Ecole, petite enfance, jeunesse et Zoé BERNON, chargée de mission, était présente le 25 avril dernier, à la remise du rapport « sur la qualité affective, éducative et sociale des modes d’accueil de la petite enfance » de Madame Sylviane GIAMPINO, Vice-présidente du Haut Conseil de la Famille, de l’Enfance et de l’Âge (HCFEA). Christelle DUBOS, Secrétaire d’Etat auprès de la Ministre des solidarités et de la santé et Adrien TAQUET, en charge de la protection de l’enfance étaient présents. Rappelons que l’UNAF, membre du HCFEA, a largement contribué à ce rapport.

Dans son propos introductif, Christelle DUBOS a rappelé la nécessité d’une montée en qualité de l’accueil du jeune enfant et l’inscription de ce rapport dans un contexte porteur en cohérence avec le cadre national pour l’accueil du jeune enfant en 2017, la mise en œuvre de la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté (2018) et les préconisations du rapport annuel du défenseur des droits consacré aux droits des enfants (2018).

Sylviane GIAMPINO a insisté, dans un premier temps, sur l’importance d’une réelle convergence autour d’une mission commune qui intègre les différents besoins de l’enfant (affectifs, sensoriels, émotionnels, langagiers…) articulés aussi bien avec les attentes éducatives que les réalités familiales et sociales dans lesquelles il se trouve. L’objectif étant ainsi de promouvoir une meilleure égalité entre tous les enfants ainsi qu’une meilleure prise en compte des réalités afin d’augmenter l’accueil des plus fragilisés. Prochainement, Michèle PEYRON, députée LREM de Seine-et-Marne remettra un rapport « ayant pour objet l’évaluation de politique de protection maternelle et infantile » au Premier ministre Edouard PHILIPPE et à la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès BUZYN.

Sylviane GIAMPINO a souligné, dans un second temps, que la simple élaboration de normes n’était pas suffisante pour s’emparer du « care » et qu’il fallait s’appuyer davantage sur la démarche qualité pratiquée dans les ESMS [1]. Elle a ajouté que l’environnement familial et local, les expériences de terrain ainsi que les remontées de bonnes pratiques étaient également primordiales. Les conditions nécessaires à une montée en qualité sont ainsi, selon elle, une synergie entre différents critères structurels tels que le taux d’encadrement, la formation mais aussi les interactions directes avec les familles. Elle a néanmoins témoigné de la difficile appropriation des formes diverses d’évaluation qui obligent à s’appuyer sur des critères de qualité prenant en compte les droits de l’enfant, les fondamentaux du développement du jeune enfant ainsi que la lutte contre les inégalités.

Elle a rappelé, par ailleurs, l’importance de la participation des familles avec parmi les propositions de son rapport : l’enrichissement du projet social des établissements d’accueil par les familles au moment de l’autorisation des EAJE ainsi qu’une attention particulière portée au diagnostic de démographie ainsi qu’au bassin d’emploi. Les évolutions préconisées ne pourront avoir ainsi lieu sans une articulation avec les schémas départementaux des services aux familles.

Puis, elle a poursuivi son propos en insistant sur la nécessité de repères pour décliner les différentes sphères de développement de l’enfant (sensitive, logique et mathématique, émotionnel, artistique et culturelle). Pour cela, l’action des Pouvoirs publics doit en priorité, selon elle, porter sur la mise en œuvre d’un écosystème bientraitant et d’un environnement pluri-professionnel autour de l’enfant. Ce qu’elle définit comme « l’intelligence professionnelle » doit être au cœur de ces politiques publiques avec une réflexivité sur le temps et le moyen de tirer des bilans sur les pratiques. Elle préconise aussi le développement de politiques volontaristes vis-à-vis des familles qui ne proposent pas à leur enfant de cadre stimulant avec un accueil ne serait-ce qu’à temps partiel à partir de deux ans.

Enfin, Sylviane GIAMPINO a décliné l’état d’esprit de son rapport autour de trois logiques : la prise en compte de la situation particulière de chaque enfant, l’évolution des familles et des modes de vie et enfin les ressources et les caractéristiques du territoire d’implantation. Elle a conclu ainsi son propos en insistant sur la nécessité d’un pilotage national sans objectif d’homogénéisation des pratiques et des systèmes avec une place laissée à l’initiative et à la construction de l’accueil du jeune enfant.

Adrien TAQUET, en réponse aux propos de Sylviane GIAMPINO, a rappelé le rôle de pilote de l’Etat en matière de politiques publiques de l’enfance. Il a poursuivi en insistant sur la mise en œuvre nécessaire de référentiels communs de qualité pour améliorer les pratiques.

Il a insisté également sur l’importance de la formation avec le développement d’une culture commune entre les territoires et entre les différents professionnels. Il a souligné, par ailleurs, un besoin dans le secteur social nécessitant une exigence de qualité renforcée et plus de transparence entre tous les acteurs qui y travaillent. Le bénéfice final est, en effet, selon lui, une égalité de traitement entre les enfants sans trop de rigidité mais avec une fonction régalienne qui garantisse ce principe. Il exprime enfin le souhait d’un soutien à la parentalité renforcé durant les 1000 premiers jours de l’enfant avec un parcours de santé pour les 0-6 ans et des modes de garde proposés aux parents.

Christelle DUBOS a, quant à elle, rappelé la nécessité d’adapter les structures aux besoins spécifiques à l’environnement social et économique des usagers pour garantir une meilleure égalité de traitement. Elle a insisté sur le triptyque et le rapport de confiance devant être noué entre parents, professionnels (structures) et enfants. Elle a salué l’attention portée par Sylviane GIAMPINO sur le développement de l’enfant autour de l’éveil artistique et culturel mais aussi autour du monde minéral, végétal et animal.

Elle a poursuivi en démontrant la nécessité de mener des politiques publiques ambitieuses devant permettre à chaque enfant de se construire un avenir. L’égalité des chances doit ainsi être mise en œuvre dès les premiers pas pour combattre les inégalités de destin. Elle a, en effet, mis l’accent sur la notion d’investissement social devant être prise en compte pour les adultes de demain.

Puis elle a insisté, par ailleurs, sur l’importance de promouvoir la mixité sociale dans les quartiers politiques de la ville et de garantir l’existence d’un bain de langage pour l’enfant afin de résoudre les inégalités face au langage sur la réussite scolaire.

Pour conclure son propos, Christelle DUBOS a rappelé l’ambition d’ici 2022 de former l’ensemble des professionnels à de nouveaux modules comprenant notamment l’éveil artistique et culturel et de promouvoir la formation continue pour permettre une réflexion quotidienne des professionnels sur leurs pratiques. Trois groupes de travail ont, à cet effet, été mis en place dont l’un d’entre eux est en charge de préparer la maquette du nouveau plan de formation.

@ : phumann unaf.fr - zbernon unaf.fr

[1Etablissements sociaux et médico-sociaux

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