UNAF - L’UNAF auditionnée dans le cadre des travaux de la Mission Ruralité pour l’élaboration d’un agenda rural

L’UNAF auditionnée dans le cadre des travaux de la Mission Ruralité pour l’élaboration d’un agenda rural


21/05/2019

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Marie-Andrée BLANC, Présidente de l’UNAF, a été reçue en audition par la Mission Ruralité le mardi 15 mai 2019. Cette mission est composée du côté des élus par Daniel LABARONNE, député d’Indre-et-Loire, Vanik BERBERIAN, président de l’AMRF, Pierre JARLIER, maire de Saint-Flour, Cécile GALLIEN, maire de Vorey-sur-Arzon et Patrice JOLY, président de l’association Nouvelles Ruralités. Claire MENARD, Chargée des relations parlementaires l’accompagnait.

En introduction, Marie-Andrée BLANC a rappelé que la question de l’attractivité des territoires ruraux est un sujet présent dans le réseau de l’UNAF, des UDAF et des URAF car la situation actuelle de ces territoires est marquée par de véritables freins à l’installation des familles dans nos campagnes. Le quotidien des familles interagit avec de nombreuses politiques publiques : le logement, les transports, l’emploi, l’accès à l’offre de soins, la gardes des enfants, l’éducation, le périscolaire, l’alimentation, la consommation, … ce sont donc autant de thématiques, facteurs de dynamisation possible des territoires ruraux à la condition de construire aujourd’hui un nouveau logiciel au service de l’égalité des territoires.

Au rang des propositions, Marie-Andrée BLANC a mis en avant quatre thématiques devant figurer dans le futur agenda rural :

  • La place des jeunes dans les territoires ruraux,
  • La mobilité dans les territoires ruraux
  • L’accès au système de santé et la lutte contre les déserts médicaux
  • La question du monde associatif et du bénévolat comme facteur de dynamisation des territoires ruraux.

• Sur le premier thème relatif à la place des jeunes dans les territoires ruraux,
Marie-Andrée BLANC a souligné que le CESE avait rendu un avis en janvier 2017 sur ce sujet. Deux propositions retiennent particulièrement l’attention de l’UNAF :

  • Rendre obligatoire une compétence « jeunesse » (16/29 ans) dans les Communautés de communes, avec un Projet jeunesse de territoire formalisé par un plan d’action pluriannuel. Co-construire son contenu au sein du Conseil de développement redynamisé, via un partenariat avec les acteurs de la société civile organisée et intégrant les jeunes. Cette préconisation correspond au niveau de proximité pertinent pour tenir compte des spécificités des milieux ruraux tout en permettant d’apporter des réponses suffisamment globales aux besoins des jeunes de ces territoires. L’absence d’une collectivité identifiée compétente en matière de jeunesse pour les plus de 16 ans ne permet pas d’établir une véritable politique. Le morcellement par domaine de responsabilité des pouvoirs publics est dommageable car ne permettant pas une intervention globale auprès et avec les jeunes.
  • La mise en place de campus ruraux de projets. Il s’agirait d’organiser, dans chaque bassin de vie, un campus rural de projets dédié à la création d’activités et/ou de projets citoyens, articulé avec les acteurs du territoire. Informer sur les soutiens possibles aux projets des jeunes, favoriser les complémentarités, après un diagnostic partagé, impliquer des jeunes dans leur conduite. Cette préconisation s’appuie sur le fait que les jeunes ruraux sont attachés à leurs territoires et qu’ils peuvent avoir envie de mettre en œuvre et de développer des projets innovants. Par les Campus ruraux de projets, il s’agit de mettre en synergie les acteurs de terrains et de rassembler les financements là où un saupoudrage de moyens est de faible efficacité.

• Sur le deuxième thème relatif à la mobilité dans les territoires ruraux, Marie-Andrée Blanc a insisté sur le fait que cette question de la mobilité est primordiale, faute de transports collectifs suffisants pour relier les territoires. C’est pourtant une condition nécessaire pour trouver un travail, un stage ou même se déplacer dans son territoire.

  • L’UNAF est favorable à toute mesure permettant de développer l’apprentissage du permis de conduire à un moindre coût pour les familles notamment dans le cadre de la formation initiale ou dans les missions locales.
  • Le financement du permis de conduire peut aussi prendre la forme d’un juste retour de l’Etat pour les jeunes impliqués dans un service civique.
  • Une fois, le permis de conduire en poche se pose très vite la question de l’acquisition d’un véhicule avec un coût trop élevé pour les familles. Il faut mobiliser toutes les solutions budgétaires qui existent déjà mais qui sont insuffisamment connues et mises en valeurs. Il s’agit notamment du micro-crédit personnel. Les services dans les UDAF dans le cadre de l’éducation budgétaire développent ce type de crédit. Il faut savoir que ces crédits sont très responsabilisant et connaissent les meilleurs de taux de recouvrement.

• Sur le troisième thème concernant l’accès au système de santé, Marie-Andrée Blanc a souligné qu’il ressortait t du Grand débat national que les difficultés d’accès aux soins a été récurrent, et de nombreuses voix se sont fait entendre pour réclamer la mise en œuvre de mesures contraignantes à l’installation, face à l’échec des mesures incitatives.

Pour l’UNAF, le pendant de la liberté d’installation des médecins est celui de la liberté de choix du patient de son médecin. Or aujourd’hui, dans certains territoires notamment ruraux, cette liberté ne trouve plus à s’exercer faute de médecins. L’équilibre sur lequel est fondée la médecine libérale depuis 1927 est donc rompu. Il faut trouver de nouvelles pistes pour restaurer cet équilibre et faire que l’offre de soins dans un territoire réponde mieux aux besoins des familles et de la population, qui y résident.

Trois préconisations de l’avis du CESE de décembre 2017 sur la lutte contre les déserts médicaux doivent sur ce point être rappelées :

  • Utiliser le levier du conventionnement sélectif des médecins ;
  • Favoriser une plus grande diversité géographique et sociale des étudiants en médecine pour équilibrer à terme leur répartition sur les territoires : en construisant dans les zones sous-denses des filières d’initiation et de préparation aux métiers de la santé dès le lycée ;
  • Le développement de la télémédecine est une voie d’avenir déjà en marche, sous réserve d’une couverture numérique haut débit de l’ensemble du territoire. Pour qu’elle puisse être une des réponses pour lutter contre les déserts médicaux, il faut que ses apports soient expliqués aux patients pour que la télémédecine n’apparaisse pas comme une compensation de la désorganisation du système de santé, mais bien comme un outil au service de l’amélioration de la qualité des soins. Cette évolution nécessitera cependant une véritable politique d’accompagnement pour les publics les plus fragiles.

• En quatrième et dernier point, Marie-Andrée BLANC a insisté sur l’apport des associations et des bénévoles, comme facteur de dynamisation des territoires ruraux.
Le développement des services dans les territoires ruraux passe beaucoup par les associations : accueil petite enfance, structures d’activités périscolaires … associations sportives pour encadrer les jeunes.

Le bénévolat permet aussi d’accéder à des services avec un moindre coût pour les familles.

Le cercle vertueux du développement du bénévolat : faire que les enfants soient sensibilisés à l’activité bénévole au travers de l’adhésion de leurs parents à l’association. Les intégrer dans la gouvernance des associations en faisant le pari que plus tard ils seront à leur tour de futurs bénévoles.

@ : cmenard unaf.fr

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