UNAF - Colloque HCFEA : la Présidente de l’Unaf , Marie-Andrée BLANC intervient lors de la table ronde "L’intelligence locale pour une égalité entre tous les enfants, sur tous les territoires et des gouvernances articulées »

Colloque HCFEA : la Présidente de l’Unaf , Marie-Andrée BLANC intervient lors de la table ronde "L’intelligence locale pour une égalité entre tous les enfants, sur tous les territoires et des gouvernances articulées »


18/06/2019

La Présidente de l’Unaf, Marie-Andrée BLANC, a participé au colloque annuel du Hcfea le 11 juin 2019. Cet événement s’est tenu en présence de Christelle DUBOS et d’Adrien TAQUET, secrétaires d’Etat auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé. Le thème de la journée portait sur « Pourquoi une politique de l’enfance et de l’adolescence ? Des temps, des lieux et des droits pour grandir ».

Comment mettre les enfants et adolescents dans de bonnes conditions pour grandir ? Ce qu’ils vivent, découvrent, apprennent et créent, seuls ou avec d’autres, en famille, à l’école, dans les temps et lieux tiers, dans la rue ou sur le net impacte leur trajectoire de vie, et leur rapport au monde. À partir des travaux menés par le Conseil de l’enfance et de l’adolescence du HCFEA auxquels l’Unaf a collaboré, quelles modalités de construction d’une politique cohérente de l’enfance se dégagent ? Comment orienter les décisions à partir d’un objectif de meilleur développement physique, affectif, intellectuel, social des enfants et des jeunes ? Quels jalons poser aujourd’hui, avec tous les acteurs concernés, pour une politique pensée du point de vue des enfants, avec les enfants et les jeunes, dans le respect de leur droit et tournée vers leur avenir ?

Trois tables rondes étaient organisées :

• Table-ronde 1. L’enfant sujet et acteur social : expression, socialisation et participation
• Table-ronde 2. L’enfant dans des politiques interministérielles : l’éducatif, la santé, la culture, les sciences dans l’extra-scolaire
• Table-ronde 3. L’intelligence locale pour une égalité entre tous les enfants, sur tous les territoires et des gouvernances articulées

L’Unaf est intervenue à la 3e table ronde intitulée « L’intelligence locale pour une égalité entre tous les enfants, sur tous les territoires et des gouvernances articulées ».

La plupart des politiques qui mettent les enfants dans de bonnes conditions pour grandir sont financées en grande partie par les collectivités locales, sans relever forcément d’une compétence obligatoire, et plus globalement sont mises en œuvre avec les acteurs locaux (associations, entreprises partenaires, économie sociale et solidaire…). Si un pilotage national s’avère constituer un bon vecteur pour une montée en qualité des services et des accompagnements proposés, la réponse concrète, adéquate aux besoins de proximité et innovante ou agile, a besoin de souplesse pour surgir.

Comment lutter contre les inégalités avec des réponses déconcentrées quand les compétences ne sont pas obligatoires ? Comment élargir les publics et avec quel travail en réseau ? Quelles participations des parents et des bénévoles ?

Ce colloque s’est tenu en présence de Jean-Philippe VINQUANT, directeur général de la Cohésion sociale, délégué interministériel à la famille, délégué interministériel aux droits des femmes et à l’égalité entre les femmes et les hommes, de Frédéric MORANDO, directeur de l’orchestre de Pau, vice-président de l’association El Camino, de Hélène BRIMBELLE, vice-présidente de la Ligue de l’enseignement en charge de l’engagement et présidente du Réseau national des Juniors Associations.

La présidente de l’Unaf a présenté comment « Des services de qualité pour les enfants est une nécessité aussi pour les familles » : Comment permettre à tous les enfants de bénéficier de moment d’éveil dans la petite enfance ou d’activités dans l’enfance et l’adolescence leur permettant de développer leurs gouts, leurs compétences (artistiques, sportives…), leur aptitude à la socialisation ?

Souvent est évoquée une politique de l’enfance. L’Unaf est favorable à une politique familiale qui articule :

• politique de l’enfance,
• politique de soutien à la parentalité
• et politique de conciliation vie familiale / vie professionnelle.

  • Ne pas considérer l’enfant hors de son contexte familial, surtout dans la petite enfance.
  • Envisager d’agir sur les trois plans de manière coordonnée, sinon n’est-ce pas souvent un coup d’épée dans l’eau quand ce qui se construit d’un côté se détruit de l’autre ?.

Ainsi, l’UUnaf est favorable au niveau local à une gouvernance locale, comme il est prévu de la construire dans la loi ESSOC : des Comités départementaux de services aux familles qui conçoivent et suivent les Schémas départementaux de service aux familles, qui regroupent ces dimensions mode de garde et soutien à la parentalité, avec une présence des familles systématique via les Udaf.

La petite enfance

Avec le HCFEA, en accord avec la stratégie de lutte contre la pauvreté l’UNAF souhaite que tous les enfants puissent bénéficier d’un accès, dès la petite enfance, à des activités d’éveil, de lecture, de jeux, des activités extérieures dans la nature, de socialisation…

Quelques chiffres :

Une étude de l’INED a étudié le parcours d’un enfant de 0 à 3 ans et demi :
• 35% des enfants n’ont été gardés que par leurs parents,
• 29% par une garde individuelle,
• 19% par une garde collective,
• 9% par une garde individuelle ou collective suivant les moments,
• 7% par une garde informelle notamment les grands parents.

Positions de l’Unaf

Un nombre important d’enfants n’a donc été gardé que par ses parents. Il n’est pas du tout de notre propos de dévaloriser la garde par les parents. L’Unaf souhaite permettre aux parents de s’occuper de leurs enfants petits s’ils le désirent.
L’Unaf milite pour un congé parental suffisamment bien rémunéré pour permettre aux parents de s’occuper de leurs enfants, tout au moins dans la toute petite enfance.

En effet, avant 6 mois 76% des parents interrogés dans le cadre du baromètre petite enfance de la CNAF estiment que le mode d’accueil le plus adapté pour l’enfant est la garde par l’un des parents, ils sont 40% à 1 an puis ce pourcentage descend en dessous de 20% au-delà de 12 mois. Ainsi, l’Unaf souhaite un nouveau congé parental mieux rémunéré pour la première année de vie de l’enfant tel que le propose la directive européenne sur la conciliation vie familiale - vie professionnelle.

Cependant à partir de 18 mois, 2 ans : Les parents qui gardent leurs enfants n’ont pas toujours le temps ou la possibilité de pratiquer avec eux des activités artistiques, culturelles, dans la nature, socialisantes … alors que cela serait particulièrement bénéfique pour eux, avant l’entrée en maternelle, à partir de 2 ans.

Il nous semble donc important :

  • d’inciter les familles qui s’occupent de leurs enfants à leur proposer des activités d’éveil, de socialisation… . Il s’agit ici de soutien à la parentalité. C’est ce que nous faisons quand l’UNAF travaille avec les pédiatres pour préconiser « pas d’écran avant trois ans », mais plutôt : « Se rendre disponible et proposer d’autres activités aux enfants. Par exemple : jeux de société, activités manuelles ou de plein air...▶ Laisser l’enfant jouer librement pour développer son imaginaire... Parfois au prix d’un peu de désordre et de bruit dans l’espace familial » (cf plaquette « enfants et écrans »)
  • d’’accompagner les familles vulnérables vers des lieux culturels ou sportifs ouverts pour les parents et les enfants, même petits : Exemple  : l’Udaf 27 permet à des familles d’un centre « mères-enfants » (mères avec enfants de moins de 3 ans) de franchir les portes de la bibliothèque, accompagnées par les bénévoles de Lire et faire lire, et d’assister avec les petits à des lectures, de prendre une carte de la bibliothèque …
  • Enfin : en tant que représentant des familles, en contact avec les familles par le biais des associations familiales, l’Unaf a un rôle à jouer pour aller davantage convaincre les familles du bénéfice, pour le développement de l’enfant, d’un mode d’accueil à temps partiel, ne serait-ce que quelques heures par semaine.
  • L’Udaf 59 va ouvrir un LAEP (lieu d’accueil parents enfants) adossé à une micro-crèche pour « mettre en confiance les parents et leur permettre de franchir le pas de confier leur enfant quelques heures à la crèche ».

En termes de conciliation vie familiale vie professionnelle, vers 18 mois, 2 ans les mères qui s’occupent de leurs enfants peuvent ainsi bénéficier de temps pour elles et ré-envisager progressivement une formation pour reprendre une activité professionnelle si elles le souhaitent.

En ce qui concerne enfin l’accueil par les assistantes maternelles ou les gardes à domicile, l’Unaf souhaite un accès étendu aux formations pour ces professionnels et la possibilité de se rendre dans un RAM pour des activités d’éveil ou de socialisation des enfants. L’Unaf adhère totalement au concept des Relais petite enfance (en remplacement des RAM) dont le développement est prévu par la nouvelle COG Cnaf (1000 relais créés d’ici 2022). Là aussi l’Unaf et le mouvement familial joue son rôle pour informer les parents de cette possibilité de moments collectifs ponctuels au sein des modes de garde individuels.

Les activités de loisirs et les vacances

Les constats sont clairs :
• Il existe de fortes inégalités entre les enfants du fait de leur lieu de résidence en ce qui concerne l’accès à des activités de loisirs : sport, pratiques artistiques et culturelles, pratiques scientifiques et technologiques, pratiques d’engagements …
• Sur certains territoires, l’offre est développée mais se posent alors les problèmes d’accès de toutes les familles à ces activités.
• 25% des enfants ne partent pas en vacances et le coût financier reste un frein important pour les familles. Les aides de la CAF : l’aide aux vacances des enfants (AVEN) permet d’envoyer les enfants en colonie ou dans des camps d’été, mais ne bénéficient qu’aux familles les plus pauvres.

Positions de l’Unaf

Pendant les temps où il n’y a pas « école », il est nécessaire de permettre aux enfants de pratiquer des activités culturelles et artistiques, et sportives. Pour eux, pour leur parents qui travaillent et n’ont pas les 17 semaines de vacances scolaires !
Ces activités restent cependant à un niveau de coût important, trop important pour toutes les familles.

De nombreuses communes ont créé un accueil de loisirs ou un accueil de jeunes sur leur territoire au moment de la réforme des rythmes scolaires, passant ainsi de 8 000 communes en 2013 à 12 000 communes en 2016 (source Injep[1]).

L’Unaf avait fait une étude sur la réforme des rythmes scolaires qui montrait que :

  • 63 % des enfants participaient à ces activités,
  • 76% pratiquaient des activités artistiques ou culturelles, 74% des activités sportives,
  • 77% des enfants appréciaient les activités proposées …

Cette réforme a peut-être échoué notamment parce que la conciliation vie professionnelle – vie familiale n’avait pas été suffisamment pensée, comme le montrait aussi aussi notre enquête puisque, pour 79%, des parents trouvaient que cette réforme avait un impact sur leur organisation familiale et que, dans 87% des cas, cet impact était perçu comme négatif. Ceci est un exemple montrant la nécessité de penser la conciliation en même temps que l’offre d’activité de loisirs pour les enfants. Toujours étant que depuis le retour à la semaine de 4 jours, le nombre de communes qui a un accueil de loisirs a diminué pour atteindre 10 000 communes.

Au moment de l’adolescence

Les travaux de l’Unaf sur l’orientation (étude qualitative, observatoire des familles …) montre qu’effectivement permettre aux jeunes de pratiquer des activités extra-scolaires va pouvoir les aider dans leurs choix d’orientation : identifier leur goût, développer leurs capacités, développer leur socialisation…

Le niveau collège en France ne permet pas de développer toutes les formes d’intelligence. Il ne permet pas de tester son habileté manuelle, son « savoir-être » et ses qualités « relationnelles », son appétence pour les matières technologiques… Participer à un atelier artistique, ou technologique et scientifique, ou à un mouvement de jeunesse apportera des compétences dans ces champs, particulièrement utiles pour tous ceux qui s’orientent vers la voie technologique ou professionnelle (ce qui va concerner presque 20% des jeunes pour la voie professionnelle et 9 % pour la voie technologique).

Pour les parents, les activités qui soutiennent et passionnent leur enfant dans ce passage parfois difficile de l’adolescence peuvent constituer un terrain d’échanges positif (autre que sa scolarité).

Enfin, là aussi, l’Unaf milite non uniquement pour une politique de l’enfance mais pour une politique familiale favorisant aussi les loisirs et vacances en familles.

Donner du temps aux familles pour des activités en famille, en conciliant mieux vie professionnelle et vie familiale : l’Unaf se mobilise contre le travail le dimanche qui fait que les familles ne trouvent plus, dans la semaine, des moments où être tous ensembles, parents et enfants (cf travaux de Lesnard).

Ici aussi, c’est parfois en associant les lieux et les missions que l’on arrive à mobiliser parents et enfants : ainsi à Chaumont, l’Udaf 52 qui anime un accompagnement scolaire (CLAS) et un « espace parents » au sein de l’école de REP, entraînent les parents et les enfants vers des activités culturelles familiales, musée, participation au concert de musique classique avec l’association « les concerts de poche » (cf notre film « Les parents sur le chemin de l’école »)….

Une dizaine d’Udaf organise chaque année la fête du sport en famille, le Famillathlon

Pour conclure :

L’Unaf souhaite un accès renforcé de toutes les familles aux activités de loisirs :

  • avec des moments spécifiques pour les enfants et adolescents, ce qui participe à développer leur autonomie et leurs capacités, souvent à l’adolescence sur des domaines peu développés au collège ;
  • qui permettent aux parents d’exercer leur activité professionnelle de manière sereine ;
  • et d’autres moments où ces activités, de même que les vacances, vont renforcer et enrichir les liens familiaux.

Communiqué de presse Hcfea

@ : phumann unaf.fr


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