UNAF - CESE : Valorisons les langues des Outre-mer pour une meilleure cohésion sociale - Eradiquer la grande pauvreté à l’horizon 2030

CESE : Valorisons les langues des Outre-mer pour une meilleure cohésion sociale - Eradiquer la grande pauvreté à l’horizon 2030


02/07/2019

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Le Conseil économique, social et environnemental a tenu sa séance plénière les 25 et 26 juin 2019. Deux questions figuraient à l’ordre du jour :
• Valorisons les langues des Outre-mer pour une meilleure cohésion sociale,
• Eradiquer la grande pauvreté à l’horizon 2030.

DECLARATION ECRITE DU GROUPE DE L’UNAF (annexée au Journal Officiel) Valorisons les langues des Outre-mer pour une meilleure cohésion sociale

Cet avis retrace plus de 200 ans d’histoire de la France. En effet, les langues régionales ont longtemps été vues comme des freins à l’unité républicaine. L’abbé Grégoire, sous la Révolution, appelait déjà à « anéantir les patois et universaliser l’usage de la langue française » en vue d’établir la suprématie définitive du français, défini comme langue de la liberté et de la démocratie. Pour faire reconnaître les nombreux apports des langues régionales, les préconisations permettent de renouer les fils de traditions locales, retrouver leurs racines y compris linguistiques.

Le premier point essentiel à rappeler : les langues régionales sont une ressource directe d’éducation au plurilinguisme particulièrement prometteuse pour l’apprentissage du français et des autres langues. En effet, chez les plurilingues, on voit s’appliquer le principe selon lequel on apprend d’autant mieux ce qu’est une chose en la comparant à une autre. L’avis dénonce les effets négatifs d’un apprentissage du français en opposition avec la langue maternelle provoquant un « conflit de loyauté » chez l’enfant. En effet, ce dernier se sent obligé de mettre de côté sa langue familiale et se trouve dès lors freiné dans son développement.

Le Groupe de l’UNAF soutient donc particulièrement les trois premières préconisations appelant à ce que le système scolaire des classes élémentaires au baccalauréat intègre dans les enseignements les langues des Outre-mer.

Les langues régionales sont aujourd’hui peu présentes dans l’environnement quotidien des citoyens français vivant dans les Outre-mer comme dans l’hexagone pour conforter leur usage ou enraciner leur place dans les territoires dont elles forment pourtant un patrimoine si précieux. Les grands-parents pourraient sur ce point être vecteurs de transmission. Pour vivre et attirer des locuteurs, ces langues ont pourtant plus que jamais besoin d’irriguer la vie sociale. Elles pourraient être plus présentes dans les médias dont l’accroissement du pluralisme à l’ère du numérique rend plus aisé qu’auparavant l’accès à des programmes en langue régionale.

Pour ces raisons, le Groupe de l’UNAF soutient la préconisation 7, qui vise à renforcer l’accès aux services publics tels que la santé, l’éducation, la justice. Il retient également avec intérêt la préconisation 10 en faveur d’une visibilité et une valorisation renforcées des langues et cultures régionales au sein du groupe France Télévisions notamment par le biais du maintien de France Ô.

Avec cet avis plus encore que la pratique d’une langue c’est faire le pari de l’ouverture d’esprit des personnes et ainsi se donner les outils qui permettent, sans peur, d’aller vers l’autre. Il s’agit d’ériger en principe vertueux la richesse de la rencontre et de la différence.

Le Groupe de l’UNAF a voté l’avis.

DECLARATION ECRITE DU GROUPE DE L’UNAF (annexée au Journal Officiel) Eradiquer la grande pauvreté à l’horizon 2030

La Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 dispose que « toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, … ».
70 ans après, la réalité de ce droit reste à conquérir.

L’avis, à l’appui d’un rapport très documenté, dresse un état des lieux de la grande pauvreté en France en soulignant ses multiples formes et ses évolutions affectant durement certains jeunes et des familles monoparentales. Trente-deux ans après celui du père Wresinski, vingt-quatre ans après de celui de Geneviève de Gaulle – Anthonioz et seize ans après celui de Didier Robert, ce nouvel avis remet l’ouvrage sur le métier pour éradiquer la grande pauvreté à l’horizon 2030.

Pour y parvenir, il nous semble essentiel d’agir en priorité sur le logement. Peut-on fonder une famille sans pouvoir l’abriter dans un logement ? Peut-on assurer la sécurité et la santé des enfants, permettre leur éducation et leur épanouissement si ce logement est un taudis ? La préconisation 5, avec un accent porté sur les prêts locatifs aidés d’intégration, sur le niveau des loyers et la généralisation de la cotation des demandes de logement social, doit être mise en œuvre rapidement. Les APL doivent être exclues du futur revenu universel d’activité.

L’éducation doit recevoir toutes les attentions comme un des moyens de résorber les inégalités sociales. Avec l’ouverture de l’école aux parents, la complémentarité école-famille agit sur la méthode éducative pour le bien-être des enfants et permet d’augmenter ainsi leur capacité d’apprentissage.

Le Groupe de l’UNAF est particulièrement sensible à l’objectif poursuivi par la préconisation 4 de lutter contre le non-recours dès la conception des dispositifs d’aides ou d’ouverture de droits. Trop souvent, les dispositifs élaborés sans concertation avec les bénéficiaires conduisent souvent à une application partielle relevant de l’effet d’annonce assorti d’économies pour les dépenses publiques.
A la veille de la coupure estivale, le droit aux vacances reste d’actualité.

Particulièrement pour les familles en grande pauvreté, ces temps de rupture avec le quotidien permettent aux parents et aux enfants de se voir sous un autre jour. Partir en vacances est un marqueur social fort, une dignité retrouvée, le sentiment d’être comme tout le monde. La préconisation 12 ouvre des pistes pour un droit effectif aux vacances pour un plus grand nombre de familles précarisées.

En conclusion, il est important de rappeler qu’une stratégie de réduction de la pauvreté se limitant à des aides ciblées peut trouver d’importantes limites (non-recours, coûts de gestion, perte de légitimité de l’aide). Pour le Groupe de l’UNAF, la politique familiale universelle et pérenne reste le plus puissant levier de prévention et de lutte contre la pauvreté.

Le Groupe de l’UNAF a voté l’avis.

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