UNAF - Participation de la Présidente de l’Unaf à une table ronde organisée par l’Ecole nationale supérieure de Sécurité sociale (EN3S) !

Participation de la Présidente de l’Unaf à une table ronde organisée par l’Ecole nationale supérieure de Sécurité sociale (EN3S) !


16/10/2019

Illustration article

Au cœur des évolutions et des enjeux de la protection sociale, l’Ecole nationale supérieure de Sécurité sociale (appelée également « EN3S ») assure la production et la transmission de connaissances en appui de la transformation de la protection sociale en France et à l’international. Cette école contribue à former les dirigeants, les managers mais aussi tous les acteurs de la protection sociale.

Dans le cadre des « Grands dossiers de la protection sociale » (série de conférences organisée par l’EN3S), Marie-Andrée Blanc, Présidente de l’Unaf, a été invitée à participer à une table ronde, vendredi 11 octobre 2019, dont le thème était : « Protection sociale : quelles évolutions après le grand débat ? ».

Aux côtés de Frédéric Marinacce, Directeur général délégué de la Cnaf, chargé des politiques familiales et sociale, Jérôme Audouin, Directeur du réseau par intérim de la Cnaf, et de Sophie Lassalle, Secrétaire générale de la Fenamef, Marie-Andrée Blanc est intervenue sur le thème : « Comment accompagner les familles en situation de rupture aujourd’hui ? ».

A l’invitation de Julien Damon, sociologue et animateur de la table ronde, l’Unaf a pu mettre en exergue l’action des Udaf et des associations familiales dans le domaine : médiation familiale, espaces de rencontre pour les parents séparés, accompagnement des familles sur le plan budgétaire en cas de difficultés, mesures de protection en cas de dépendance, ou encore l’exercice de mesures judiciaires d’aide à la gestion du budget familial (MJAGBF), mesures de protection de l’enfance mais au domicile des familles.

Marie-Andrée Blanc a pu montrer la diversité de compétences dans l’action auprès des familles qui permet à l’Unaf d’avoir une vision très globale des problématiques auxquelles elles sont soumises, notamment en situation de fragilité. Parmi ces familles, beaucoup connaissent des ruptures dues à la séparation naturellement mais aussi au décès, à l’hospitalisation d’un proche, la perte d’un emploi ou d’un logement (les deux bases matérielles de la vie familiale), ou encore à la dépendance d’un parent, qui peut aussi constituer un choc économique et psychologique pour une famille.

Ces événements fragilisent tous les liens mais l’Unaf a bien montré qu’ils ne constituent pas forcément des ruptures qui, elles, peuvent être évitées en amont par un accompagnement adéquat.

Les limites actuelles des politiques publiques sont nombreuses malheureusement. Parmi celles-ci, Marie-Andrée Blanc a mis en lumière :

  • Le côté provisoire de la « monoparentalité » pour beaucoup, qui n’est pas un statut forcément durable… Derrière ce terme, les situations, les liens existants sont très variés et donc l’ampleur potentielle des ruptures aussi, ce qui n’est pas toujours pris en compte de manière fine par les politiques publiques. Il y a beaucoup de parents séparés qui ne sont pas isolés, pas en situation de rupture et qui organisent de manière très pacifiée l’exercice de leur coparentalité.
  • Les politiques publiques qui peuvent contribuer involontairement à perpétuer des situations de rupture et d’isolement par le ciblage excessif d’avantages, sur les seules familles monoparentales, qui conduit certaines à éviter une remise en couple pour les conserver,
  • Dans le domaine des procédures judiciaires, la nécessité de mieux faire appliquer les décisions de justice en matière familiale, comme en témoigne la loi de réforme de la justice du 23 mars 2019 qui a acté de nouvelles dispositions allant de la médiation familiale à la réquisition des forces de l’ordre pour les magistrats, afin d’assurer l’exécution des décisions prises en matière d’autorité parentale.
  • Dans le cas de la dépendance, on entend peu parler des familles ou uniquement à travers le rôle des aidants... Pourtant, ces situations créent des tensions, des conflits, et éventuellement des ruptures de liens familiaux. C’est un véritable angle mort des politiques publiques actuelles.
    La table ronde a été l’occasion pour les participants de mettre également en lumière les nombreuses évolutions des politiques publiques ces dernières années dans ce vaste domaine très questionné par les pouvoirs publics.

Enfin, une question originale a été posée à tous : « Si vous aviez une baguette magique quelle mesure structurelle prendriez-vous ? ».
Marie-Andrée Blanc a répondu très directement : améliorer l’aide au logement pour le parent qui n’a pas la résidence habituelle de l’enfant (en divisant l’APL - Aide personnalisée au logement, actuelle entre les deux parents séparés, en marquant un effort supplémentaire, même plus mesuré, pour l’autre parent) comme le suggérait le Haut Conseil de la Famille, dès 2014, et réaffirmé par l’Unaf dans sa plateforme pour les élections présidentielles et législatives de 2017.

Les « Grands dossiers de la protection sociale », après quatre jours de travaux très denses, ont été refermés par une intervention de Dominique Libault, Directeur de l’EN3S.

L’ensemble des lignes du plaidoyer de l’Unaf dans le domaine de la préservation des liens familiaux est déployé depuis plusieurs mois dans le cadre des travaux du Conseil de la famille du HCFEA.

L’Unaf y défend notamment la condition paternelle et l’implication des pères. Prévenir les ruptures familiales, c’est aussi ne pas oublier les pères isolés qui ont aussi besoin d’accompagnement et leur permettre d’exercer pleinement leur « droit de visite et d’hébergement » à l’égard de leurs enfants.

La question du logement est alors centrale car beaucoup de parents n’ont toujours pas les moyens matériels d’accueillir leurs enfants.

Contact : Jean-Philippe Vallat (jpvallat unaf.fr) et Nathalie Serruques (nserruques unaf.fr)

Haut de page