UNAF - Participation de l’Unaf aux ateliers de co-construction ciblés sur « les 1 000 premiers jours de l’enfant »

Participation de l’Unaf aux ateliers de co-construction ciblés sur « les 1 000 premiers jours de l’enfant »

20/11/2019

Le Président de la République a inscrit la question des 1000 premiers jours de l’enfant au coeur de l’action du gouvernement. Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé a intégré cette action dans le cadre de l’élaboration de la stratégie nationale de santé 2018-2022, et Adrien Taquet, Secrétaire d’Etat chargé de la protection de l’enfance, a annoncé en juillet 2019, son intention de faire de la prévention en santé du jeune enfant une priorité.

Ainsi une commission d’experts présidée par le neuropsychiatre Boris Cyrulnik a été mise en place en septembre 2019. Elle est composée de 18 experts (neuropsychiatres, spécialistes de l’éducation ou de l’éveil des enfants, acteurs de terrain de l’accompagnement social des parents, pédiatres et praticiens hospitaliers, sage-femmes). Ses conclusions sont attendues en février 2020.

Parallèlement aux travaux menés au sein de la commission d’experts, le ministère a sollicité la Direction interministérielle de la transformation publique (DITP) afin qu’elle organise une mission d’appui sur les 1 000 premiers jours de l’enfant sous forme d’ateliers. C’est dans ce cadre et en amont de la tenue des ateliers au sein desquels l’Unaf a siégé, que l’Unaf a été contactée et a été auditionnée.

Ainsi, lors de son audition, l’Unaf, représentée par Isabelle Saunier, administratrice, a pu formuler certaines propositions et envoyer un certain nombre de documents concernant notamment l’évolution du rôle de la PMI, l’entraide pour les familles monoparentales, la place des pères, les enjeux autour des écrans, les normes petite enfance… La question du temps parental a également été relayée car il ne peut pas y avoir de parentalité sans préservation du temps parental.

L’Unaf a également mis en valeur des dispositifs et actions portés par les Udaf à destination des parents de très jeunes enfants. Par exemple, l’Udaf 29 et son partenariat avec l’association la « leche league » avec pour objectif de donner des bases pour toute la famille sur l’allaitement.

Il a été également mentionné les conférences et ateliers à destination de parents de très jeunes enfants organisés par l’Udaf de l’Hérault et l’Udaf de Paris et portant sur des thématiques particulières telles que la morsure, les rituels ou encore le sommeil.

L’Unaf a enfin fait référence à l’action « Parlons de bébé » mise en oeuvre par l’Udaf de Charente qui permet d’aborder avec les parents l’état psychologique parental mais aussi le développement et le comportement de l’enfant.

A la suite de cette audition, l’Unaf a participé aux différents ateliers qui se sont tenus les 23 et 24 octobre et les 7 et 8 novembre 2019. Objectifs : mettre en ouvre un parcours d’accompagnement des parents pendant les 1 000 premiers jours de l’enfant qui comprennent la période prénatale et la période de développement de l’enfant de 0 à 3 ans.

Quatre grands types de besoins avaient été préalablement identifiés par les organisateurs :

1./ Acquérir les compétences parentales
2./ Être soutenu dans son rôle de parent
3./ Assurer la bonne santé de l’enfant, son accès aux soins et sa sécurité
4./ Assurer la prise en charge socioéducative de l’enfant

Les ateliers ont permis de creuser ces différents axes et d’esquisser des actions concrètes visant à marquer les grandes étapes du parcours d’accompagnement des parents pendant les 1 000 premiers jours de l’enfant.

Au cours de ces travaux, les représentants de l’Unaf ont particulièrement insisté sur :
L’importance de la période périnatale qui est un espace d’intervention privilégié notamment en matière de prévention des maltraitances, mais aussi dans le repérage précoce des situations de handicap.

  • L’importance de l’entretien du 4e mois de grossesse en termes de prévention.
  • L’inquiétude sur l’état plus général des services de proximités : médecine scolaire, psychiatrie infantile, éducation spécialisée, mais parfois aussi sur certains territoires médecine générale, pédiatrie et PMI.
  • L’intérêt que les ARS incitent financièrement à la création de staffs parentalité au sein des maternités en insistant sur la présence de la PMI et des CAMSP (Centre d’action médico-sociale précoce) en tant que structures destinées au dépistage, au diagnostic, au traitement, à la rééducation et au suivi des enfants présentant un handicap avant leur scolarisation (de 0 à 6 ans).

La nécessité de réorienter les moyens de la PMI vers l’accompagnement des parents et de leur enfant

  • Mettre en œuvre une offre de qualité en s’appuyant sur les actions et dispositifs préexistants.
  • Les PMI doivent pleinement assurer leur mission de visite à domicile en sortie de maternité.
  • Développer une offre diversifiée d’aides à domicile des parents en sortie de maternité sachant que ces sorties sont de plus en plus précoces.
    Les TISF [1] possèdent toutes les compétences pour effectuer une partie du travail de repérage et d’intervention au domicile.
    D’autres professionnels, personnels relais et d’autres modalités d’intervention au domicile peuvent être imaginés dans le cadre d’actions collectives entre parents comme les réseaux d’entraide entre parents (temps thématiques, sorties conviviales, aide pour les départs en vacances, mises en relation avec les acteurs locaux mais aussi conseils et informations de manière générale).

Durant les deux dernières journées, ont été plus spécifiquement abordée la formalisation de recommandations concernant le parcours pour les parents d’enfants :

  • de la conception à la première année
  • du 13e mois à l’entrée à l’école maternelle.

Les ateliers ont permis, par ailleurs, de faire travailler les participants sur la base de cas pratiques permettant que chaque professionnel ou parent s’exprime sur les besoins, l’identification des offres existantes et éventuellement les différentes offres manquantes. Cet exercice a permis de mettre en valeur la pluralité de l’existant, mais à l’inverse, a souligné le manque de visibilité et éventuellement de coordination de ces différentes offres.

Une question a particulièrement été récurrente concernant la mise en relation des services avec les parents dont les enfants sont gardés à leur domicile.

De même, le développement d’actions visant à « aller vers » les familles notamment celles qui sont le plus éloignées des services a été largement débattu, ainsi que les difficultés de certaines familles à être suivies par la médecine générale (non suffisante sur leur territoire) ou la PMI, d’où un recours uniquement aux urgences.

La démarche a aussi contribué à identifier l’insuffisance des moyens financiers dédiés au fonctionnement de ces offres de services : question malheureusement exclue du champ de cette concertation.

Adrien Taquet présentera, en début d’année 2020, une synthèse des témoignages collectés durant l’opération « 1000 parents pour penser les 1000 jours ».

Les parents étant appelés à contribuer sur le site solidarites-sante et le compte Twitter : @Enfance_gouv.

[1techniciens de l’intervention sociale et familiale

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