UNAF - Conseil économique, social et environnemental : La réinsertion des personnes détenues - Les enjeux relatifs aux conditions d’élevage, de transport et d’abattage en matière de bien-être animal

Conseil économique, social et environnemental : La réinsertion des personnes détenues - Les enjeux relatifs aux conditions d’élevage, de transport et d’abattage en matière de bien-être animal


03/12/2019

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La séance plénière du Conseil économique, social et environnemental s’est tenue les 26 et 27 novembre 2019 avec à l’ordre du jour, les questions suivantes :

La réinsertion des personnes détenues : l’affaire de tous et toutes DECLARATION ECRITE DU GROUPE DE L’UNAF (annexée au Journal Officiel)

Faire de la réinsertion des détenus une mission réellement prioritaire constitue l’essence même de l’avis. A la fois sociale, politique, cette mission a une dimension humaine, qui doit conduire à briser les chaînes de l’exclusion, à lutter efficacement contre la récidive mais aussi donner du sens à la peine.

Plusieurs propositions visent à résoudre cette équation et le Groupe de l’UNAF en retient trois plus particulièrement.

Préserver les liens familiaux. Le sujet est loin d’être marginal car selon les chiffres du ministère de la justice entre 70 000 et 140 000 enfants seraient concernés chaque année par l’incarcération d’un de leurs parents. Il est donc indispensable d’intensifier les relations familiales pendant la durée d’incarcération en renforçant les objectifs publics en termes de développement des parloirs familiaux ou d’unités de vie familiale. Mais préserver les liens familiaux doit aussi prendre d’autres formes d’action : le développement de la médiation familiale en milieu carcéral pour le maintien des liens familiaux pendant la détention et non pas seulement par anticipation de la sortie, ou encore le soutien à la parentalité.
Il s’agit ainsi de permettre le maintien des liens parents-enfants, l’accès aux droits et la compréhension des contraintes de l’exercice de l’autorité parentale en milieu carcéral.
Dans l’intérêt de l’enfant, la médiation familiale lui permet de maintenir le lien avec le parent incarcéré là où l’autre parent voit dans ce lien un danger pour l’enfant. Plusieurs Udaf développent ce type de services pour permettre une réinsertion sociale et aussi familiale des détenus.

Lever les freins au développement des alternatives à la détention. Les dispositifs progressifs de préparation à la sortie - que ce soit la semi-liberté, le placement extérieur ou le bracelet électronique- sont autant de mesures d’aménagement des peines permettant le maintien des liens familiaux et facilitant la réinsertion sociale et professionnelle et ceci d’autant plus pour les jeunes parents. La préconisation 4 pour lutter contre la sous-utilisation de ces alternatives doit recevoir une traduction concrète rapidement.

Enfin, le Groupe de l’UNAF se félicite que l’avis souligne l’importance de l’action des associations dans les prisons et à la sortie pour faciliter l’accès au logement, aux droits sociaux, à la santé, à l’emploi ou à la formation. Pérenniser voire renforcer leurs moyens contribue à un parcours global vers la réinsertion.

Le Groupe de l’UNAF a voté l’avis.

Les enjeux relatifs aux conditions d’élevage, de transport et d’abattage en matière de bien-être animal. DECLARATION ECRITE DU GROUPE DE L’UNAF (annexée au Journal Officiel)

Le 30 octobre dernier, le Ministre de l’agriculture et de l’alimentation, Didier Guillaume annonce : broyage des poussins ou castration à vif des porcelets seront des pratiques bientôt interdites en promettant d’autres mesures de bien-être animal dans les semaines qui viennent. Avec le présent avis, inscrit donc les travaux du CESE en pleine actualité avec des propositions très concrètes pouvant inspirer le Gouvernement.

L’avis a su mettre à l’écart les débats improductifs des promoteurs du véganisme, du flexitarisme, de l’antispécisme pour faire avancer la question du bien-être animal hors de toute polémique et ceci en lien avec une attente forte des consommateurs. En effet, les enquêtes auprès de ces derniers nous révèlent que 85% des répondants se disent prêts à consommer moins de viande et la payer plus cher si celle-ci provient d’élevages respectueux du bien-être animal.

Le Groupe de l’UNAF soutient dès lors les préconisations 19 et 20 dans leurs objectifs :

  • de renforcer l’information du consommateur par un étiquetage contrôlé par les pouvoirs publics
  • mais aussi de garantir au consommateur des produits de qualité dans le respect du bien-être animal via les signes officiels de qualité et d’origine des produits alimentaires -SIQO.

La préconisation 20 retient aussi notre intérêt dans les potentialités d’une montée en gamme du bien-être animal agissant comme aiguillon pour un accès de tous à une alimentation plus saine et plus équilibrée. Il s’agit bien, pour lutter contre l’obésité, de revoir les apports alimentaires et d’adapter notamment la proportion des produits carnés. La restauration collective dont les cantines scolaires, a aussi un rôle à jouer et son mot à dire sur ce sujet.

Enfin, pour le Groupe de l’UNAF, bien-être animal et conditions de travail dans les abattoirs sont étroitement liés. La question de l’installation de caméras dans les abattoirs va à contresens de ce lien sans garantir un quelconque plus pour le bien-être animal. Il revient aux contrôles vétérinaires de déterminer les conditions d’abattage et non pas à la vidéo par l’installation de caméras.

Le Groupe de l’UNAF a voté l’avis.

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