UNAF - Lieu d’Accueil Enfant Parent : l’Unaf a participé à la journée d’étude du réseau national des réseaux locaux LAEP

Lieu d’Accueil Enfant Parent : l’Unaf a participé à la journée d’étude du réseau national des réseaux locaux LAEP

10/12/2019

L’Unaf, représentée par Zoé Bernon, chargée de mission, a participé à la Journée d’études du réseau national des réseaux locaux LAEP [1] : « Etre accueillant en LAEP, Supervision, analyse des pratiques ? Bien plus qu’une obligation, une nécessité » organisée au Conseil départemental de l’Hérault, à Montpellier, le 29 novembre dernier.

L’objectif de ce colloque était de donner des clés de compréhension sur l’exigence de séances d’analyse de la pratique et/ou de supervision des accueillants en LAEP prévue par le référentiel national de la CNAF sur les lieux d’accueil enfants-parents.

Le réseau national des réseaux locaux LAEP piloté par l’association le Furet est un réseau qui regroupe depuis 2015 des réseaux existants ou émergeants de Laep, des collectifs, des associations, ainsi que les institutions (Caf, les Conseils départementaux) et tout acteur concerné par les LAEP. L’intégration de l’Unaf dans ce réseau national intervient suite à la volonté de sensibiliser et d’inciter les Udaf et les associations familiales au développement de ces structures.
Il est prévu d’ici 2022, la création de 500 LAEP supplémentaires par la COG Etat-CNAF 2018-2022. A ce jour, seuls 361 projets de création sont identifiés par les Caf et verraient le jour d’ici la fin de la COG.

Pour rappel, les LAEP sont des lieux de socialisation où des accueillants reçoivent les parents et leurs enfants âgés de 0 à 6 ans pour des temps conviviaux de jeux et d’échanges de manière (intégration d’un espace) anonyme, gratuite et sans inscription préalable. L’accueillant est un professionnel ou un bénévole formé à l’écoute et à une posture particulière garantissant un accueil sans jugement.

Le référentiel national de la CNAF sur les LAEP prévoit en plus d’une formation
obligatoire à la posture d’accueillant, une participation obligatoire des accueillants à 8 heures par an d’analyse de pratique et/ou de supervision. Ces « espaces de liberté de dire » permettent aux accueillants d’expliciter les relations établies avec les familles accueillies et les difficultés rencontrées tout en les faisant réfléchir sur les attitudes à développer vis-à-vis des autres membres de l’équipe.

Marie-Nicole Rubio, Présidente de l’association « Le Furet », a introduit cette journée en rappelant l’intérêt d’explorer cette pièce essentielle du fonctionnement des LAEP qu’est la supervision et l’analyse de la pratique des accueillants, un sujet jamais traité d’une manière spécifique, tout comme la question de l’anonymat.

Cette journée riche et constructive a libéré les paroles de superviseurs et d’accueillants qui ont décortiqué l’enjeu de « ces temps où l’on se penche sur… » et « où se tisse l’équipe en tant que telle dans la pluralité de regards singuliers ». Une accueillante du LAEP « la Bulle Rose » à Toulouse, a par exemple livré son expérience d’accueil avec une accueillante malentendante et les difficultés du rapport à la langue rencontrées dans ce binôme. Les séances d’analyse de la pratique lui ont ainsi permis de comprendre l’effet de leurs différences et de mettre du « liant ». D’autres accueillants ont mis en évidence que la supervision protégeait également du burn out et des réactions à chaud face à certaines situations parfois violentes et injustes auxquelles ils sont confrontés avec des parents parfois dépassés et négligeants.

Des superviseurs aux parcours pluriels ont présenté la manière dont ils envisagent ces temps de supervision qui permettent à chaque professionnel de réfléchir sur ce qu’il met en jeu dans sa pratique mais aussi la création de liens entre les membres de l’équipe et une mise à distance des situations complexes. Tous s’accordent à dire que le recentrage sur le « ici et maintenant » permet aux accueillants professionnels qui connaissent les situations des accueillis dans d’autres contextes de prendre du recul et comprendre la nuance de ce qu’ils observent de la pratique.

Nelly Morgotton, une superviseuse philosophe, a expliqué comment elle a introduit la philosophie dans les réunions d’analyse de pratique pour parler « des maux et des mots ». Cette approche permet, selon elle, de tirer des enjeux universaux de situations concrètes pour ensuite appréhender les choses avec plus de hauteur, de confiance et de recul.

Sylviane Giampino, Présidente du Haut conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge a rappelé que les LAEP étaient des dispositifs indispensables. Selon elle, le moment de supervision peut s’assimiler à une séance de psychanalyse qui permet au patient de distancer une situation complexe pour vivre une autre scène.

Jeanne Moll, co-auteure de Pédagogie et psychanalyse et présidente d’Honneur de l’AGSAS (Association des groupes de Soutien au Soutien) s’est intéressée à la compréhension des relations complexes de manifestation de la psyché dans les relations humaines. Son approche psychanalytique permet aux accueillants d’imaginer comment l’autre se ressent et de faire des hypothèses sur la façon dont l’autre se vit intérieurement afin de construire de l’empathie menant à la rencontre avec l’autre.

Enfin, Isabelle Pillot-Perronet, superviseuse et formatrice a rendu compte de son approche de la supervision au service du projet du LAEP qui bénéficie à tous ; aussi bien aux accueillants, à l’équipe mais aussi aux familles ! La supervision et l’analyse de la pratique permettent ainsi des ajustements dans la posture d’accueillants et de fabriquer du commun autour de problématiques situationnelles en s’appuyant sur les émotions de l’équipe.

« L’être humain est à la hauteur de la confiance qu’on lui accorde », Jean-Paul. Levana ou Traité d’éducation, Revue française de pédagogie, 1984

Le programme de la journée

Le référentiel de la CAF sur les LAEP

[1Lieu d’Accueil Enfant Parent

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