UNAF - La médiation familiale et le milieu carcéral, pour l’Unaf, des liens en construction

La médiation familiale et le milieu carcéral, pour l’Unaf, des liens en construction

16/12/2019

La médiation familiale et le milieu carcéral, des liens en construction

La convention d’objectifs pluriannuels Etat/Unaf 2016/2021 permet depuis plusieurs années aux Udaf d’initier à la fois une réflexion, et une action, concernant le développement de la médiation familiale en lien avec le milieu carcéral. Ces Udaf l’ont choisie dans le cadre des actions de soutien de la parentalité proposées par l’Unaf.

Il s’agit alors de contribuer au maintien des liens familiaux mais d’une place qui n’est pas celle des autres intervenants dans ce domaine si réservé, et aux contraintes multiples. Les directeurs d’établissements pénitentiaires et les responsables des SPIP (Service Pénitentiaires d’Insertion et de Probation) y tiennent une place centrale. Ces personnels sont confrontés à de très nombreuses missions et à des responsabilités très importantes en matière de sécurité notamment.

Il est donc extrêmement difficile d’intervenir dans le milieu carcéral pour les médiateurs familiaux qui doivent non seulement développer une pratique professionnelle inhabituelle, mais tout autant se faire adouber par un milieu qui ne les connaît pas et faire accepter une proposition de service aux familles générant des contraintes supplémentaires pour les personnels.

Pour autant, depuis 2016, des médiateurs familiaux travaillant habituellement au sein de services de médiation familiale, font le choix d’aller vers les équipes des SPIP pour se présenter, faire découvrir leur métier et comment ils peuvent être utiles aux familles dont l’un des membres est détenu. Force est de constater que les difficultés sont multiples pour intervenir au sein des établissements… certaines Udaf déploient alors leur action en milieu ouvert, auprès de personnes portant par exemple un bracelet électronique.

Les conflits familiaux sont d’autant plus complexes à accompagner dans cet environnement que la question de la séparation se conjugue à la problématique de la réinsertion de la personne qui a été détenue ou qui effectue sa peine en milieu ouvert. C’est le sens de l’avis « La réinsertion des personnes détenues : l’affaire de tous et toutes » qui a été publié par le Conseil Economique Social et Environnemental, le 26 novembre 2019.

Un entretien spécial de Marie-Andrée Blanc, Présidente de l’Unaf, vient également de paraître à ce sujet dans le numéro du 6 décembre 2019 des ASH (Actualités Sociales Hebdomadaires) : « Développer la médiation familiale en milieu carcéral ».

La stratégie de soutien de la parentalité « Dessine-moi un parent » avait acté en 2018 la nécessité de développer des actions pour maintenir les liens entre les personnes détenues et leurs enfants. Les travaux collectifs sur l’opérationnalisation de cette stratégie avaient permis à l’administration pénitentiaire de se mobiliser en ce sens jusqu’au début de l’année 2019. Malheureusement, aucune des propositions formulées n’a trouvé pour le moment de traduction concrète au niveau des pouvoirs publics.

Si la médiation familiale en lien avec le milieu carcéral ne peut se déployer à grande échelle au sein des établissements pénitentiaires, parfois l’expertise des professionnels est utile pour y animer des groupes de parole sur l’exercice de la coparentalité par exemple. C’était l’une des directions tracées par l’Etat pour ces travaux qui restent toujours lettre morte à ce stade, au détriment des familles, et des professionnels freinés en plein élan.

@ : nserruques unaf.fr

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