UNAF - Congé parental : l’Unaf est intervenue à une rencontre tenue par Marlène Schiappa et Christelle Dubos

Congé parental : l’Unaf est intervenue à une rencontre tenue par Marlène Schiappa et Christelle Dubos

23/12/2019

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Dans le cadre de la préparation du projet de loi sur l’émancipation économique des femmes, la Directrice générale de l’Unaf, Guillemette Leneveu, a participé aux côtés de plusieurs experts, à une rencontre tenue par Marlène Schiappa, Secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations et Christelle Dubos, Secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé, sur le sujet des congés parentaux.

Au cours de cette rencontre, Marlène Schiappa a indiqué que plusieurs scenarii étaient étudiés suite à la mission de l’Igas sur l’évolution des congés parentaux.
Christelle Dubos a, quant à elle, souligné le lien à faire avec le volet des modes d’accueil de la petite enfance.

Pour l’Unaf, il convient de tirer un enseignement de la réforme catastrophique de la PreParE qui a conduit :

  • à l’effondrement des prestations et à la baisse de l’indemnisation ;
  • à la diminution du nombre de pères prenant un congé parental ;
  • à une augmentation de 40 % du taux de chômage des mères de jeunes enfants ;

Aujourd’hui, seuls 5 % des parents ont recours PreParE (ex congé parental indemnisé)

L’Unaf a aussi souligné l’importance de la problématique de l’accueil de la petite enfance. Toute réforme de congé parental doit être associée à une réforme de l’accueil de la petite enfance. Ces deux sujets sont à traiter ensemble au risque de nuire aux parents et donc aux mères.

L’échec de la réforme de la PreParE montre qu’il est nécessaire de prendre en compte les aspirations des parents eux-mêmes car :

  • plus de 80 % des parents souhaitent garder leur enfant jusqu’à l’âge de 6 mois,
  • 45 % des parents souhaitent garder leur enfant jusqu’à l’âge d’un an,
  • et même au-delà, jusqu’aux 2 ans voire 3 ans de l’enfant, plus de 20 % souhaitent garder leur enfant.

Rappelons aussi qu’aujourd’hui, l’accueil en EAJE et assistantes maternelles, ne représente qu’un tiers des enfants de moins de 3 ans. Les 2/3 restant sont gardés par l’entourage familial.

Pour l’Unaf, il est évident que d’autres solutions doivent être recherchées. Les enfants sont souvent les oubliés de ce type de réforme. De ce point de vue, l’Unaf se réjouit que la question des congés parentaux soit abordée dans le cadre de la concertation lancée par Adrien Taquet sur les 1000 premiers jours de la vie de l’enfant, à laquelle l’Unaf a été associée. L’Unaf souligne l’importance de la présence des parents auprès de leur enfant qui est gage de bien-être pour l’enfant lorsqu’elle est choisie.

Par ailleurs, l’augmentation de quelques jours jusqu’à un mois du congé paternité ne suffira pas à traiter de la question de l’implication des pères. Cela passe par des réformes plus importantes. L’augmentation de l’indemnisation des congés parentaux est un point crucial non seulement vis à vis des pères mais aussi des mères qui suspendent en partie ou en totalité leur activité professionnelle pour être avec leur enfant.

L’Unaf rappelle sa proposition de créer une forme de parcours indicatif pour les parents, respectant au mieux leur souhait dans le contexte de la petite enfance :

  • un congé parental mieux indemnisé jusqu’au un an de l’enfant, avec un système incitatif pour le partage entre les deux parents,
  • des congés parentaux jusqu’aux trois ans de l’enfant et son entrée en maternelle.

Sur le plan économique, cela permettrait d’alléger le coût de l’accueil des enfants en bas âge et de redéployer les moyens sur l’accueil des enfants âgés de plus d’un an.

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