UNAF - Violences familiales et conjugales : l’Udaf, partenaire de la salle des familles de la Gendarmerie de Limoux

Violences familiales et conjugales : l’Udaf, partenaire de la salle des familles de la Gendarmerie de Limoux


06/01/2020

L’Udaf de l’Aude est partenaire de la salle des familles de la Gendarmerie de Limoux – un dispositif mis en œuvre pour mieux accueillir les victimes de violences familiales et conjugales.

Ce dispositif est un local spécialement aménagé et équipé de façon adaptée pour mettre les enfants et personnes auditionnés en confiance par des militaires spécialement formés.

A Limoux, le projet a été adapté au contexte local : depuis le début de l’année, 92 victimes de violences intrafamiliales ont été recensées par la compagnie, dont 73 femmes (53 au sein du couple) qui représentent près de 80 % du public accueilli.

Par ailleurs, 72 mineurs victimes de violences (dont sexuelles et intrafamiliales) ont été recensés. Il a donc été décidé de modifier le bureau utilisé par l’intervenante sociale Police/Gendarmerie qui tient une permanence hebdomadaire dans les locaux de la brigade de recherches, afin de répondre à un double besoin : faciliter la libération de la parole des victimes de violences intrafamiliales, essentiellement des femmes, ainsi que l’audition des mineurs victimes de violences. Elle a été dénommée « salle des familles ».

L’Udaf a accepté de prendre en charge l’achat des matériels : caméra vidéo, meubles et sofa, considérant que cette action entrait pleinement dans son objet associatif de soutien des familles et de la fonction parentale.

Considérant que cette opération émanait du C.L.S.P.D. et répondait à des enjeux de lutte contre la délinquance, Madame la Sous-Préfète a accepté de mobiliser un financement spécifique de l’Etat, au titre du Contrat de ville et de son pilier « Cohésion sociale » dans la programmation d’actions de 2019. L’aménagement de la salle et les décorations ont été prises en compte par la Gendarmerie.

Pour illustrer la présentation, voici le témoignage de Mme Annie Gourgue, présidente-fondatrice de l’association « La Mouette » à l’origine de la première salle « Mélanie » à Agen :

« Il y a quelques années, j’ai accompagné un enfant de 7 ans qui avait subi des violences sexuelles à la Gendarmerie. Les conditions étaient très mauvaises. Il s’est retrouvé sur un fauteuil, dans le bureau de l’assistante sociale. Il n’a pas dit un mot. C’est à ce moment que j’ai réalisé que l’on ne peut pas laisser les choses telles quelles. L’idée de la salle Mélanie était née. Mélanie est le prénom de la première petite fille qui m’a donné l’idée qu’il fallait recevoir les enfants autrement. C’est en fait une salle d’accueil avec des meubles adaptés. La plupart du temps, l’enfant va être entendu près d’une heure, il peut alors se lever et « se balader ». Sur le haut d’une étagère, on distingue une petite caméra qu’il va vite oublier. C’est elle qui filme l’audition. Dans la salle d’à côté, les gendarmes peuvent écouter et regarder la discussion sans avoir à intervenir, sans la perturber. Dans ces salles, chaque détail a son importance. Il y a un canapé où l’enfant peut aller s’asseoir ou s’allonger pour changer de position, une table transparente (pour pouvoir observer les gestes que l’enfant fait avec ses mains, et qui donnent de précieuses indications) et même des jouets. Au fond de la salle, il y a une maison de poupée. Elle peut aider les enfants à montrer des pièces, expliquer des situations qui se sont passées dans une maison. Un puzzle est également à leur disposition. Il représente un petit garçon ou une petite fille, où il peut retirer les vêtements et montrer des parties du corps. En cas de victime d’agression sexuelle, il peut préférer montrer plutôt que de raconter ce qu’il a vécu. « Redire, c’est revivre ». Il faut donc tout mettre en œuvre pour que ce soit le moins difficile possible. »

@ : ttornabene udaf11.org

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