UNAF - Audition de l’Unaf sur la proposition de loi pour promouvoir et démocratiser l’accès aux colonies de vacances : pour l’Unaf, le prix des séjours reste le principal frein au départ en vacances des enfants

Audition de l’Unaf sur la proposition de loi pour promouvoir et démocratiser l’accès aux colonies de vacances : pour l’Unaf, le prix des séjours reste le principal frein au départ en vacances des enfants


25/02/2020

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Le 19 février 2020, la Présidente de l’Unaf, Marie-Andrée Blanc et Patricia Humann, coordonnatrice du pôle « Ecole - Petite enfance - Jeunesse », ont été auditionnées sur une proposition de loi pour promouvoir et démocratiser l’accès aux colonies de vacances. La Députée Sabine Rubin, qui a mené l’audition, propose de créer un fond national de solidarité pour le départ en séjours collectifs d’accueil de mineurs et de créer un guichet unique dans les établissements scolaires pour centraliser les informations relatives aux colonies de vacances.

En accord avec l’exposé des motifs de la proposition de loi, l’Unaf a témoigné que le prix des séjours restait le principal frein au départ en vacances des enfants et adolescents. Pour les familles les plus pauvres, des aides existent mais sont souvent méconnues.

Pour les familles des classes moyennes en revanche, les aides sont très différentes d’un territoire à l’autre, dépendantes de la politique de la CAF, du département, de la commune … et souvent le reste à charge est beaucoup trop élevé pour les familles, surtout quand elles ont plusieurs enfants.

L’Unaf constate aussi que les familles craignent parfois les accidents qui peuvent survenir lors des séjours du fait de leur surmédiatisation. Elles peuvent aussi se comporter comme des « consommatrices exigeantes » en attente de séjours toujours plus sophistiqués en termes d’activités. Mais le coût reste, selon l’Unaf, le principal frein, au regard du nombre de semaines de vacances des enfants qu’il faudrait bien « occuper ».

Dans l’ensemble, les familles sont convaincues des bienfaits des colonies de vacances (même si le terme est un peu daté), en termes d’apprentissage de la vie en collectivité, d’accès à l’autonomie, de découverte de nouvelles activités dans lesquelles les enfants peuvent s’épanouir…

Si elles acceptent par ailleurs la mixité sociale, elles peuvent aussi avoir peur du « déclassement » comme le soulignait le rapport du HCFEA sur le tiers lieux, tiers temps, auquel l’Unaf a contribué. D’où le souhait de l’Unaf d’une aide qui soit plus universelle ou en tous les cas qui puisse concerner aussi les classes moyennes.

La proposition de loi s’appuie sur l’échelle des bourses des études supérieures qui prend en compte les revenus, le nombre d’enfants. Sur ce sujet, l’Unaf a souligné que cette échelle ne permet pas de toucher les classes moyennes puisque, à titre d’exemple, un couple avec deux enfants (qui pour l’observatoire des inégalités aurait pour revenu pour la classe moyenne 3998 € par mois) ne pourrait bénéficier de ces aides. Par ailleurs, il serait souhaitable aussi de prendre en considération le nombre d’enfants qui partent en colonie de vacances pour alléger le budget des familles.

Enfin, l’Unaf a souligné les difficultés auxquelles sont confrontés les gestionnaires d’établissement de séjours de vacances du fait de la montée des normes de sécurité qui exigent des rénovations coûteuses, des fortes exigences concernant les qualifications des animateurs, de la baisse du départ en classes vertes depuis la réforme des rythmes scolaires… Ces éléments sont aussi à prendre en considération pour que l’offre faite aux familles ne diminue pas de manière trop importante. Le capital confiance des colonies de vacances est par ailleurs à reconquérir auprès des familles.

@ : phumann unaf.fr

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