UNAF - Conseil économique, social et environnemental : « Agir pour un espace public égalitaire » - Projet de loi de programmation relatif au développement solidaire et à la lutte contre les inégalités mondiales

Conseil économique, social et environnemental : « Agir pour un espace public égalitaire » - Projet de loi de programmation relatif au développement solidaire et à la lutte contre les inégalités mondiales


03/03/2020

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L’assemblée plénière du Conseil économique, social et environnemental s’est tenue les 25 et 26 février 2020. A L’ordre du jour, étaient inscrites les questions suivantes :

La résolution intitulée « Agir pour un espace public égalitaire »

La formule, devenue célèbre dans un article d’un journaliste belge en 2013, nous rappelle « Si nous rendons l’espace plus confortable et attractif pour les femmes, il le sera pour tout le monde ! »

Il est important que le CESE se saisisse à nouveau, trois ans après, du sujet de la place des femmes dans l’espace public comme il l’a déjà fait au travers de la proposition 24 « lutter contre les inégalités femmes-hommes dans l’espace urbain » dans son avis « La qualité de l’habitat, condition environnementale du bien-être et du mieux vivre ensemble ».

Si l’on peut voir quelques initiatives dans quelques municipalités, la question est loin d’être résolue et il est indispensable qu’à la veille des élections municipales les candidats s’imprègnent de cette large thématique pour mettre en œuvre des actions concrètes.

Pour le Groupe de l’Unaf, les préoccupations à prendre en compte concernant l’espace public tiennent aussi aux réalités quotidiennes des familles. Déposer les enfants à l’école ou à une activité périscolaire, travailler ou chercher un travail, faire les courses, passer dire bonjour à un parent âgé, et les exemples peuvent être démultipliés à merci. Pour le parent en charge de ces nombreuses activités, le plus souvent les mères, ce sont mille arrêts, impossibles à réaliser avec des transports en commun. Si certains déplacements peuvent se faire à pied, là ce sont les largeurs de trottoirs qui sont problématiques pour faire passer une poussette avec de jeunes enfants.

Face à ces parcours semés d’embuches, la présente résolution demande à ce que soient menées systématiquement des études d’impact selon les besoins des femmes et des hommes mais aussi des enfants pour toute opération d’aménagement public. Cela peut passer par des comptages différenciés de fréquentation des espaces et des services.

Pour le Groupe de l’Unaf, il n’existe pas une solution unique pour tous les territoires mais des solutions pertinentes adaptées à chaque territoire. Cela passe par l’analyse fine de l’occupation des espaces publics par les femmes, par l’amélioration des ambiances et des éclairages pour accroitre le bien-être et la sécurité. Il faut aussi ajouter une accessibilité renforcée par un élargissement des trottoirs avec des bateaux, qui permettrait le passage des poussettes ou des fauteuils roulants pour les personnes âgées et handicapées.
Le Groupe de l’Unaf a voté la résolution.

Projet de loi de programmation relatif au développement solidaire et à la lutte contre les inégalités mondiales

« La stabilité internationale est aujourd’hui menacée par la persistance d’une extrême pauvreté en certains points du globe et la multiplication des crises. Celles-ci trouvent leur origine dans les fractures profondes des sociétés humaines, marquées par le creusement des inégalités, aggravées par les effets du changement climatique et l’épuisement progressif des ressources de la planète. » C’est en ces termes que le Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères introduisait son propos lors du débat sur la politique de développement et de solidarité internationale début février à l’Assemblée nationale.

Pour répondre au moins en partie à ces défis, le projet de loi de programmation relatif au développement solidaire et à la lutte contre les inégalités mondiales qui soumis en urgence au CESE contient des avancées que l’avis salue même si l’on peut lire aussi que ces avancées doivent être plus clairement inscrites en dur dans le texte.

Le Groupe de l’Unaf soutient les préconisations du présent avis dans leur ensemble et souhaite mettre l’accent sur trois d’entre elles.

La préconisation 5 doit bien être inscrite au rang des priorités incontournables en ce qu’elle demande d’accorder une importance spécifique, en matière d’éducation, aux droits de l’enfant, à la scolarisation et à l’éducation des jeunes filles. Il faut changer la façon d’envisager le rôle de l’éducation dans le développement mondial, car elle joue le rôle de catalyseur pour le bien-être des individus et l’avenir de notre planète. L’éducation a la responsabilité d’être en phase avec les défis et aspirations d’aujourd’hui. Elle doit favoriser, dans le respect des diversités culturelles, les types de valeurs et de compétences propices à une croissance durable et inclusive et à une cohabitation pacifique des peuples.

La préconisation 18 appelle à préciser dans le projet de loi l’apport financier des diasporas en faveur de leurs proches restés au pays. Cette préconisation renvoie notamment aux solidarités intrafamiliales dont la portée est insuffisamment mise en avant par les politiques publiques nationales et internationales.

Enfin, la préconisation 19 vise au renforcement de l’implication des citoyens dans le développement solidaire et la lutte contre la pauvreté et les inégalités mondiales. Le service civique et le volontariat de solidarité internationale sont des outils insuffisamment mis en avant auprès des jeunes pour qu’ils puissent mener à bien des projets de développement dans une approche de réciprocité et d’échanges culturels enrichissants pour tous.
Le Groupe de l’Unaf a voté l’avis.

@ : cmenard unaf.fr

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