UNAF - CESE - Stratégie de déconfinement : pour l’Unaf, « La famille doit être pensée comme un acteur économique majeur, et la politique familiale comme un outil économique à part entière au cœur de l’après-crise »

CESE - Stratégie de déconfinement : pour l’Unaf, « La famille doit être pensée comme un acteur économique majeur, et la politique familiale comme un outil économique à part entière au cœur de l’après-crise »


13/05/2020

Lors de l’assemblée plénière du Conseil économique, social et environnemental qui s’est tenue le 6 mai dernier, et au cours de laquelle, Marc Fesneau, ministre chargé des Relations avec le Parlement a présenté le plan gouvernemental de confinement, Patrick Chrétien, Administrateur de l’Unaf, est intervenu au nom du groupe de l’Unaf.

INTERVENTION de Patrick Chrétien AU NOM DU GROUPE DE L’UNAF ET REPONSE DU MINISTRE

La crise sanitaire et le confinement ont révélé des inégalités criantes en matière de qualité du logement, de cadre de vie des français, en milieu urbain comme en milieu rural. Les familles ont montré leurs capacités à faire face. Elles ont été la première cellule d’amortisseur de la crise : retour des étudiants et des jeunes dans leur famille, aide aux parents âgés, école à la maison combinée au télétravail lorsqu’il était possible, gestion de tous les repas.

A l’heure où le déconfinement s’annonce, l’Etat fait appel à la responsabilité de chacun. La ligne de crête tracée par le Premier ministre la semaine dernière, associant préfets et maires, doit s’accompagner de mesures concrètes pour redonner confiance aux familles et se projeter à nouveau dans l’avenir.

La reprise de l’activité économique doit être amorcée en garantissant reprise du travail et sécurité sanitaire dans les lieux d’accueil de la petite enfance ou à l’école. Une veille sur les prix à la consommation, un accès à une alimentation de proximité, des moratoires sur des dépenses essentielles comme celles attachées au logement doivent être dès à présent prévus.

La crise a aussi montré l’importance des réseaux associatifs pour assurer des relais et développer des actions de solidarité. Les bénévoles ont développé des trésors d’inventivité avec dynamisme et bonheur, retrouvant le sens de l’action collective.
La famille doit être pensée comme un acteur économique majeur, et la politique familiale comme un outil économique à part entière au cœur de l’après-crise.

Le fait familial doit être un critère structurant des politiques de relance. L’Unaf ne pourra se satisfaire d’une seule politique de remédiation sociale.

Monsieur le Ministre, le Groupe de l’Unaf souhaite que vous puissiez rassurer les familles sur tous ces sujets. Pour la reprise de la scolarité, pour que cette année ne soit pas une année blanche pour tous les écoliers, collégiens et lycéens, comment allez-vous organiser les mesures de rattrapage pour permettre à tous de reprendre le cours de leur scolarité en septembre sans retard, ni handicaps majeurs ?

Réponse du Ministre M. Marc Fesneau

"Monsieur Chrétien m’a posé la question de ce que nous voulions faire au sujet des familles. Vous avez évoqué un mot très important dans la période que nous évoquons : donner du sens.

Dans la sortie de crise, pas forcément du déconfinement, le déconfinement est une œuvre de pédagogie, de responsabilité des pouvoirs publics et, au fond, d’association des citoyens, que vous avez évoquée. Mais le sens que nous donnons aux choses est déterminant. Parfois, dans cette crise, on a eu une perte de repères, de sens. Je l’ai évoqué à propos de la question du rapport à la science ; vous avez tout à fait raison d’évoquer cette question.

Vous avez aussi évoqué la question des familles et de l’Éducation Nationale, sur laquelle il faut être particulièrement vigilant, ce que je comprends. C’est le moment de dire aussi le travail qui a été fait pendant le confinement par le ministère de l’Éducation nationale grâce aux professeurs qui ont poursuivi le travail avec les élèves en gardant le contact avec les familles, grâce au CNED, dont la plate-forme « Ma classe à la maison » s’enrichit de nouveaux parcours, grâce à notre partenariat avec La Poste, qui permettra dès jeudi d’acheminer les devoirs aux familles ne disposant pas d’un matériel adéquat et qui permettra aux familles qui ne laisseraient pas leurs enfants aller à l’école de quand même participer aux travaux scolaires, et grâce à une campagne pour équiper les familles en matériel informatique.

Après la reprise, priorité sera donnée aux apprentissages et à la réduction des inégalités. On voit bien le moment où cela peut se faire ; c’est d’ailleurs pourquoi nous avons décidé la reprise des écoles. C’est aussi l’une des raisons pour laquelle nous avons décidé d’aménager les examens afin de laisser le maximum de temps aux enseignants. Le ministre de l’Éducation nationale a demandé au directeur général de l’enseignement scolaire de travailler sur des outils pédagogiques qui permettront d’aider les professeurs à faire le point sur les acquis et les besoins des élèves.

En outre, durant une semaine en juillet et une semaine fin août, le ministère de l’Éducation nationale va proposer à toutes les familles qui le souhaitent des stages de réussite qui permettront aux élèves fragiles ou identifiés comme tels de poursuivre dans de bonnes conditions leur scolarité et de procéder à des rattrapages.

Enfin l’Éducation nationale continuera à suivre ces élèves durant toute l’année prochaine. C’est le sens de la priorité redoublée que nous donnons à l’école primaire en ne fermant aucune classe située en zone rurale et en travaillant sur la base du nombre d’enfants par classe dans tous les autres territoires."

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