UNAF - L’Unaf auditionnée en visioconférence par la députée Olga Givernet, sur les contraintes, pour les familles, des vacances d’été 2020

L’Unaf auditionnée en visioconférence par la députée Olga Givernet, sur les contraintes, pour les familles, des vacances d’été 2020


19/05/2020

La Présidente de l’Unaf, Marie-Andrée Blanc, accompagnée de Patricia Humann, Coordonnatrice du Pôle Ecole, Petite enfance et Jeunesse a été reçue en audition par la Députée Olga Givernet (Ain, LREM), qui a constitué un groupe de travail de plusieurs députés sur les vacances d’été 2020 du point de vue des familles. Claire Ménard, Chargée des relations parlementaires les accompagnait.

En introduction, Olga Givernet a précisé que le groupe de travail avait déjà procédé à une dizaine d’auditions avec une diversité d’acteurs telles que les associations de parents d’élèves, l’éducation populaire mais aussi le sociologue Jean Viard, spécialiste des temps sociaux. Le rapport qui en découlera sera remis au Gouvernement à la fin du mois de mai 2020.

Marie-Andrée Blanc a précisé qu’à l’heure du déconfinement progressif, il faut bien constater que le confinement a pesé lourdement sur les familles, en particulier celles vivant en ville : 40% des familles vivent en appartements et 8,4% en logement surpeuplé. Le confinement n’a donc pas été un moment de détente. Les vacances vont être une bouffée d’oxygène.

L’Unaf prône le bon sens des Français pour organiser ce temps estival : il est important de responsabiliser et non d’infantiliser les Français et de fournir une information simple et facile à comprendre pour donner confiance aux familles.

La dérogation actuelle des 100 km ne permet pas encore de circuler en toute liberté et elle devra donc évoluer d’ici cet été pour permettre les rapprochements familiaux et donc l’accueil des enfants par les grands-parents pendant que les parents travaillent.

Marie-Andrée Blanc a indiqué que les personnes âgées étaient très respectueuses des gestes ; elle propose que celles qui s’apprêtent à accueillir leurs petits-enfants puissent être testées.

Patricia Humann a souligné aussi le syndrome de glissement des seniors pour qui le manque d’interaction sociale peut avoir des conséquences graves – il faut dès lors permettre aux personnes âgées de retrouver leurs proches.

L’expression de la solidarité familiale se retrouve dans plusieurs moments de vie importants pour les familles et il faut permettre :

  • la solidarité familiale post-accouchement dans les familles qui viennent d’accueillir un enfant ;
  • aux étudiants confinés dans leur appartement de retrouver leurs parents (étudiants français mais aussi étrangers) ;
  • aux personnes incarcérées dans des établissements éloignés de leur lieu de résidence de recevoir la visite de leurs proches ;
  • aux Français issus de la diaspora maghrébine/est-afrique/balkanique/portugaise etc de rejoindre leurs familles à l’étranger ;

L’Unaf a précisé que le concept de motif familial impérieux pour la dérogation aux 100 km mériterait d’être clarifié ou pour le moins d’être illustré par des exemples précis car il est source de confusion pour les familles. Il est laissé à la libre appréciation des agents de gendarmerie et de police et peut-être source d’arbitraire.

Le pouvoir d’achat est au centre des inquiétudes. L’anxiété guette les familles, surtout celles dont les parents étaient en chômage partiel pendant le confinement et qui ont perdu 16% de leur revenu. Certains ne sont même pas certains de conserver leur emploi.

Concernant les enfants, Marie-Andrée Blanc a évoqué les difficultés scolaires accentuées par le confinement chez certains enfants et estime que les vacances devront être organisées et comprendre un « volet pédagogique ». Les enfants exprimant leur envie de retrouver leurs amis, il conviendra donc de trouver un équilibre entre loisirs et travail scolaire.

Pour les familles de la classe moyenne qui ne bénéficient pas des aides réservées aux plus précaires, le reste à charge des camps/colonies/centres de loisirs sera trop important pour offrir ces moments de loisirs à leurs enfants. Marie-Andrée Blanc souligne sur ce point, que les aides pour les vacances apparaissent trop compliquées pour les familles, qui n’entreprennent pas les démarches en pensant qu’au final elles ne pourront en bénéficier. La question des chèques vacances est en cours d’étude au Gouvernement.

Patricia Humann a précisé que l’Unaf vient de nouer un partenariat avec l’Observatoire des vacances et des loisirs des enfants et des jeunes (Ovlej) pour réaliser des études sur les projets des familles qui auront lieu cette semaine et en juin.

Les sessions de formation BAFA sont suspendues jusqu’à nouvel ordre. Le BAFA étant une source de revenus pour de nombreux jeunes et un vivier d’animateurs en centres de loisirs et en colonies de vacances, sa relance pourrait s’accompagner de mesures d’incitation financière. Actuellement, un jeune et sa famille financent un reste à charge d’environ 1 000€, une partie du coût du diplôme étant assurée par la CAF, parfois aussi par les communautés de communes. Mais des initiatives voient le jour dans certaines communes comme en Haute-Loire où un « BAFA civique » a été mis en place. Le jeune qui prépare l’examen du BAFA ne paie qu’un reste à charge qui n’excède pas 100€ en échange d’un engagement civique bénévole de 20h dans une autre association de son territoire. Des jeunes donnent ainsi de leur temps auprès de l’ADMR, de la SPA, … et participent à la vie associative de leur communauté de commune.

@ : cmenard unaf.fr - phumann unaf.fr

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