UNAF - La Présidente de l’Unaf s’entretient avec la ministre, Christelle Dubos sur la crise sanitaire et ses conséquences pour les familles

La Présidente de l’Unaf s’entretient avec la ministre, Christelle Dubos sur la crise sanitaire et ses conséquences pour les familles


19/05/2020

La Présidente de l’Unaf, Marie-Andrée Blanc, s’est entretenue avec la ministre, Christelle Dubos, qui souhaitait entendre l’Unaf sur les mesures prises en faveur des familles dans le cadre de la gestion de la crise sanitaire. A cette occasion, Marie-Andrée Blanc a relayé les positions de l’Unaf, les problèmes concrets rencontrés par les familles et les personnes vulnérables accompagnées au sein du réseau.

Parmi les points abordés :

La prime exceptionnelle de solidarité : l’Unaf a salué cette mesure d’aide d’urgence, destinée aux allocataires du RSA et aux parents bénéficiaires des aides au logement, pour les aider à faire face à leurs achats de première nécessité, particulièrement leurs frais d’alimentation, dans un contexte de fermeture des cantines. L’Unaf a toutefois regretté que cette prime ne soit pas versée aux bénéficiaires de l’allocation de rentrée scolaire.

La suspension des indus pendant la crise sanitaire  : l’Unaf a rappelé que la crise sanitaire du Covid-19 a conduit de nombreuses familles déjà fragiles auparavant à une situation de précarité accrue. En effet, chômage partiel et arrêts de travail, augmentation des frais (repas pour les enfants, équipements informatiques et fournitures pour l’école à maison), sont autant de situations qui peuvent déstabiliser le budget des familles. Ainsi, l’Unaf a alerté la ministre et la CNAF et demandé la suspension, pendant la durée de la crise sanitaire du Covid-19, de toutes les récupérations d’indus par les CAF.

Déconfinement : Pour une protection des parents dans l’emploi : un enjeu social, économique et d’égalité professionnelle  : Depuis le 11 mai, certaines crèches, centres de loisirs et écoles réouvrent très lentement leurs portes. Ce déconfinement progressif place la plupart des parents d’enfants face à un casse-tête considérable en termes de reprise du travail, de revenu, de garde d’enfant, de suivi scolaire… Il présente aussi des risques de discrimination à l’emploi pour l’ensemble des parents et notamment pour les mères. Une protection des parents ayant de jeunes enfants ou scolarisés dans l’emploi est aujourd’hui indispensable !

Pour l’Unaf, réussir le déconfinement est un enjeu considérable qui suppose de prendre en compte la réalité de vie des personnes : avoir des enfants en est un élément majeur. L’Unaf a appelé le Gouvernement et les employeurs à tenir compte de ces problèmes spécifiques aux parents que le déconfinement progressif peut aggraver afin de permettre aux parents de reprendre le travail dans des conditions décentes !

Le dispositif des PCB (Points conseils budget) : Pour l’Unaf, il faut limiter l’impact budgétaire pour les ménages en difficulté. L’Unaf a rappelé que le réseau Unaf-Udaf est le 1er réseau de Points conseil budget : Après une phase d’expérimentation à laquelle 15 Udaf avaient participé, la généralisation du service a porté à 49 le nombre d’Udaf officiellement labellisées avec 65 PCB sur le territoire. L’Unaf a fait part de son souhait de poursuivre rapidement le déploiement de ce dispositif (la 2nde vague de déploiement ayant été reportée sine die avec le confinement) et demandé à ce que les moyens alloués puissent être renforcés afin de pouvoir couvrir les besoins à venir.

Urgence sur les services qui préviennent et accompagnent les séparations (médiation familiale et espaces de rencontres) : l’Unaf a fait part de l’importance de limiter l’impact de la crise sur les liens familiaux déjà mis à mal par des conflits. Le réseau des Udaf a constaté parfois une exacerbation des conflits qui préexistaient, avec l’émergence de problèmes additionnels concernant la coparentalité et l’exercice des droits de visite et d’hébergement, en lien avec la période de confinement. Les tensions qui vont accompagner le déconfinement nécessitent le plein exercice des espaces de rencontre et des services de médiation familiale. Or, de nombreuses incertitudes subsistent à ce jour. En effet, l’Unaf est en attente d’une date de réouverture aux familles des services de médiation familiale et des espaces de rencontre pour le rétablissement ou le maintien des liens familiaux.

L’Unaf a, depuis cet échange, alerté par courrier et à nouveau la ministre ainsi qu’ Adrien Taquet, secrétaire d’état et Nicole Belloubet, garde des Sceaux et ministre de la Justice, dans la continuité des demandes de la FFER, de la FENAMEF et de l’APMF afin qu’une issue rapide soit trouvée en réponse au désarroi des familles.

L’Unaf reste par ailleurs en attente de la publication d’un guide ministériel relatif au déconfinement des services de soutien de la parentalité, utile et très attendu par le réseau. Par ailleurs, elle a fait part de sa déception que le dispositif de médiation familiale ne puisse bénéficier du redéploiement des fonds non consommés du FNAS 2019 contrairement aux autres actions de soutien à la parentalité. C’est d’autant plus regrettable que la médiation familiale a montré toute son utilité lors de la crise liée à la pandémie et qu’elle a su adapter son offre de service pour poursuivre l’accompagnement des familles qui en avaient le plus besoin, en ouvrant parfois des lignes de téléphone spécifiques, afin de prévenir notamment les risques de violences.

Concernant la réouverture en particulier des espaces de rencontre, il est urgent pour l’Unaf que l’Etat fixe les consignes d’accompagnement de réouverture des services, comme cela a été fait, par exemple, pour les services de protection de l’enfance. La pression sur les professionnels augmente et les familles subissent un vrai supplice dans l’attente du moment où elles pourront revoir leurs enfants (mesures judiciaires en espaces de rencontre), sans perspective aucune.

Sur le volet de la protection juridique des majeurs, l’Unaf a rappelé que 400 000 personnes sous protection étaient accompagnées sur l’ensemble du territoire par les Udaf. Or, concernant la distribution de masques, l’Unaf déplore que ces services (pourtant ESMS) aient été exclus des filières d’approvisionnement de l’Etat malgré les visites à domicile.

Par ailleurs, l’Unaf s’est jointe à 15 autres organisations et fédérations et s’est adressée au Premier ministre pour que l’ensemble des salariés des secteurs sociaux et médicosociaux à l’instar des professionnels des EHPAD et de l’intervention à
domicile, puissent également bénéficier de la reconnaissance de leur engagement et d’une prime. Depuis le premier jour du confinement, ils continuent à assurer leur mission d’accompagnement et de protection malgré l’absence totale de protection et de dépistage, permettant ainsi d’éviter l’effondrement du système. L’Unaf a demandé à la ministre que ces services soient mieux valorisés et reconnus.

L’Unaf a alerté la ministre sur la situation des liens familiaux intergénérationnels notamment avec les grands-parents, les personnes âgées. La crise sanitaire et le confinement qui y est associé provoquent une grande souffrance des personnes âgées liée à l’absence de contact. Pour l’Unaf, il est donc important de mettre en place des assouplissements sur la notion de motifs impérieux permettant aux familles de se déplacer à plus de 100 kms de son domicile. L’Unaf souhaite des messages plus forts des pouvoirs publics à destination des personnes âgées et des grands-parents moins centrés sur les interdits que sur les possibilités et la bienveillance.

Enfin, interrogée par la ministre, sur « l’après-crise », l’Unaf a décliné trois priorités :

  • Se donner les moyens de remettre la France au travail : c’est la priorité absolue : l’Unaf a relevé la complexité vécue par les parents qui cumulent actuellement télétravail (voire travail), école à la maison, garde des enfants… et a demandé le soutien de la ministre du travail, Muriel Pénicaud pour aider spécifiquement les parents ;
  • relancer l’accession à la propriété. La construction s’est effondrée de 70%....cela va être un enjeu majeur de donner aux ménages la possibilité d’investir dans l’accession, alors que la Banque de France a fortement durci les conditions d’octroi des prêts. L’Unaf demandera un entretien avec Julien Denormandie pour déclencher une concertation sur l’accession sociale à la propriété ;
  • la mise en place d’une véritable politique du vieillissement : les familles sont en première ligne : l’Unaf, expert de la vie des familles devra être associée au travail mené sur le projet de loi Grand âge et autonomie.
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