UNAF - Proposition de résolution visant à garantir le droit aux vacances à l’ensemble des Français

Proposition de résolution visant à garantir le droit aux vacances à l’ensemble des Français


09/06/2020

Actualités législatives et CESE du 1er au 5 juin 2020 : Proposition de résolution visant à garantir le droit aux vacances à l’ensemble des Français

La députée Olga Givernet, qui avait auditionné l’Unaf le 19 mai dernier (lire en rappel), a publié avec plusieurs de ses collègues du Groupe LREM, une proposition de résolution visant à garantir le droit aux vacances à l’ensemble des Français. Retrouvez en ligne, les points abordés ou souhaités par l’Unaf et repris dans la résolution.

 Parmi les points abordés ou souhaités par l’Unaf, la résolution dans son exposé des motifs reprend les suivants :

  • La préparation de cet été revêt des considérations d’ordre social (solidarité, jeunesse, lien intergénérationnel, dialogue social), culturel (offre de loisirs et de divertissement, programmation médiatique), sanitaire (précautions sanitaires, capacités d’accueil médicales) ou encore à la capacité d’accueil des hébergements habituellement dédiés aux vacances (destinations France/région/étranger, gestion des flux dans les déplacements).
  • Les collectivités territoriales peuvent aussi mettre en œuvre des dispositifs estivaux d’accompagnement financier et psychologique pour les jeunes les plus en difficulté. De nombreux étudiants ont été et sont pour certains toujours isolés dans leur logement universitaire. C’est notamment le cas des étudiants étrangers. Les jeunes diplômés en recherche de leur premier emploi seront eux aussi en difficulté si la dynamique du marché du travail ne reprend pas rapidement. Les lycéens et étudiants font part de leurs inquiétudes quant à leur orientation et aux conditions de leur rentrée, et expriment un besoin d’accompagnement. Comme mentionné ci-dessus, proposer des missions rémunérées ou bénévoles pendant l’été peut aussi être un générateur de vocation professionnelle.
  • Le temps des discours rassurants est venu. Il s’agit de proposer cet été aux enfants une offre de loisirs qui répondent à leurs besoins. Certains ont besoin d’un accompagnement scolaire avant la reprise de l’école en septembre. Le dispositif de « vacances apprenantes » ou « vacances studieuses » tel qu’évoqué par le ministre de l’Éducation nationale saura répondre à ce besoin particulièrement fort chez les enfants en difficulté voire en décrochage scolaire. Complémentaire à l’instruction scolaire, ces séjours à visée éducative pourront compenser en partie le retard scolaire accumulé par certains élèves pendant le confinement, qui inquiète les parents.
  • Une inquiétude porte sur des décisions concernant le taux d’encadrement des enfants. L’épuisement du vivier d’animateurs constitue un autre obstacle à la bonne organisation des colonies de vacances cet été. La formation au BAFA, qui se tient habituellement pendant les vacances d’avril, n’a pas pu avoir lieu cette année du fait de l’obligation de confinement à domicile de la population. Les structures de l’accueil des enfants, qu’il s’agisse des colonies ou des centres de loisirs, font donc face à une pénurie de main d’œuvre, alors même que de nombreux jeunes, lycéens et étudiants, souhaitent travailler cet été.
  • La question du regroupement familial est l’une des préoccupations majeures de la population. Les Français ont massivement recouru au numérique pour garder les liens pendant le confinement, et attendent l’été avec impatience pour retrouver leurs proches. Les grands-parents ont globalement assez mal vécu la période de confinement, facteur d’isolement. Tous n’ont pas eu accès aux outils technologiques permettant de maintenir un lien avec leur famille et même ceux qui ont eu recours à ces outils ont souffert du manque de contact réel.

Outre l’obstacle géographique, ces retrouvailles devront aussi compter avec la fragilité accrue des membres les plus âgés de famille. Le terme « grands-parents » qualifie des individus ayant parfois moins de 50 ans, mais aussi des séniors de 65 ans et plus, plus à risque que le reste de la population. En effet, il a été prouvé que les individus âgés contractant le virus du Covid-19 développaient des formes plus graves de la maladie, susceptibles de mener au décès.

Le Gouvernement a choisi de laisser à chacun définir le comportement à adopter en matière d’interactions sociales selon son état de santé. Le libre-arbitre va de pair avec une logique de responsabilisation de cette population. Nous devons compter sur la responsabilité de ceux qui se savent fragiles et sur la vigilance de leurs proches. Pour ce faire, nos aînés et leurs proches doivent faire l’objet d’une communication accrue en matière de prévention, en veillant toutefois à ne pas attenter à leurs libertés. Fournir une information claire et facile à comprendre, c’est donner confiance aux familles.

  • Les acteurs de l’économie sociale et solidaire, les partenaires sociaux, les représentants des usagers ont été au rendez-vous de cette réflexion et doivent être soutenus pour accompagner la demande vers l’offre.

 Sur le cœur même de la proposition de résolution, l’Unaf retient et soutient plus particulièrement les considérants et préconisations suivants :

L’alinéa 22 invite à maintenir le versement des bourses sur critères sociaux de façon à couvrir la période estivale, juillet et août, et ainsi permettre aux étudiants qui n’ont pu exercer d’emploi étudiant depuis le début de la crise et/ou décrocher un emploi saisonnier, de subvenir à leurs besoins.
L’Unaf y est favorable car elle a été alertée et se fait le relais des difficultés des étudiants qui ont à la fois perdu leur « job » étudiant et ont des difficultés à trouver un stage cet été.

L’alinéa 26 encourage les actions en faveur des colonies de vacances et des familles et incite à limiter le surcout dû aux mesures sanitaires risquant d’impacter le prix des séjours, particulièrement pour les classes moyennes.
L’Unaf souhaite effectivement que ce temps de vacances collectives bénéfiques pour les jeunes soit développé, dans le respect du protocole sanitaire, sans que cela n’engendre de surcoût pour les familles qui sont déjà souvent freinées par un coût élevé des séjours.

L’alinéa 27 invite à prendre des mesures pour les personnes handicapées et leurs proches aidants, assurant le répit des aidants sur leur lieu de vacances et rétablissant une dotation permettant l’accès à un hébergement adapté.
L’Unaf y est particulièrement sensible car elle est impliquée aux côtés des aidants familiaux.

L’alinéa 29 salue la mise en place du dispositif « Vacances apprenantes » et préconise le renforcement du dispositif « École ouverte » dont l’accès doit être assuré à tous. Un temps de respiration, libre de tout enseignement avant la rentrée des classes serait toutefois à considérer.
Pour l’Unaf, cette avancée correspond à la demande des familles souvent inquiètes concernant le niveau scolaire des enfants après le confinement (48% des parents considèrent qu’ils n’ont pas suffisamment bien travaillé dans le sondage Unaf sur l’école à la maison).

L’alinéa 31 préconise d’observer étroitement l’utilisation des dispositifs d’aides aux départs en vacances et de les réaffecter ou réadapter par anticipation dès qu’il apparaît qu’ils seront sous-utilisés.
L’Unaf alerte et dénonce depuis de nombreuses années la méconnaissance des dispositifs d’aide aux vacances par les familles qu’il convient dès lors de mieux faire connaître pour qu’ils bénéficient à toutes les familles pouvant y prétendre.

@ : cmenard unaf.fr

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