UNAF - Crise : les deux urgences soulevées par l’Unaf auprès d’ Olivier Véran, Ministre des Solidarités et de la Santé

Crise : les deux urgences soulevées par l’Unaf auprès d’ Olivier Véran, Ministre des Solidarités et de la Santé


23/06/2020

Le lundi 15 juin dernier, la Présidente de l’Unaf, Marie-Andrée Blanc, a participé aux côté des associations de prévention et de lutte contre la pauvreté, à une réunion au Ministère, tenue par le Ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran et de la Secrétaire d’Etat, Christelle Dubos.

Prise de parole de la Présidente de l’Unaf

D’abord un constat : Les familles ont tenu face au confinement ; elles ont aidé notre pays à traverser cette situation exceptionnelle d’arrêt d’activité.
Elles sont encore en première ligne pour tout cumuler : scolarité des enfants, activité professionnelle, parfois télétravail, cohabitation avec des proches vulnérables qu’elles ont dû pleinement prendre en charge.

Les familles ont fait face, elles ont montré combien elles pouvaient être indispensables. Mais elles sont aussi fragilisées par la violence de la crise.

1. L’urgence absolue de court terme : c’est de permettre aux parents de pouvoir retravailler

De très nombreux parents souhaitent retravailler à temps plein dans leur entreprise mais en sont empêchés du fait d’un accueil beaucoup trop partiel par l’école, quand il n’est pas inexistant.

Suite aux annonces du Président de la République du 14 juin, il va falloir encore attendre 1 semaine pour que les écoles accueillent l’ensemble des enfants. Mais le seront-ils vraiment chaque jour de la semaine, et à plein temps ? Les situations risquent encore d’être problématiques pour les parents, dans les jours à venir.

Leurs inquiétudes portent désormais sur les possibilités d’accueil en centres de loisirs pendant les vacances d’été. Et encore plus loin, sur la manière dont les enfants seront accueillis à partir de septembre dans les écoles. Car on les a bien souvent prévenus : ce ne sera plus pareil qu’avant…

Les employeurs risquent de ne pas comprendre toutes ces difficultés et incertitudes dans l’organisation des familles. Notre crainte : c’est une défiance vis-à-vis des parents, et des risques de licenciement accrus pour eux.

Nous pensons que la question de la conciliation vie familiale – vie professionnelle est cruciale pour les semaines et mois à venir, et qu’il est urgent de s’en emparer.
Sur le plan économique et social, c’est indispensable pour éviter la bascule dans la pauvreté de nombreuses familles. Car le meilleur rempart contre la pauvreté, c’est l’emploi.

La crise a révélé des besoins d’évolution des modes de travail et d’articulation avec la vie familiale revenue au premier plan des préoccupations des parents.
Il faut que le monde du travail se saisisse de cet enjeu, sous l’impulsion du Gouvernement. A moyen terme, il faut reconstruire une véritable politique de conciliation avec une législation conforme avec la directive européenne sur l’équilibre des temps. C’est une formidable opportunité pour relancer des initiatives dans cette politique qui est gagnante tant pour les employeurs que pour les salariés.
L’Unaf a des pistes concrètes à proposer sur le temps de la petite enfance et sur une rénovation des congés parentaux.

Permettre aux parents de retravailler n’est pas que de la responsabilité des employeurs. C’est aussi celle de l’Administration qui doit lever des blocages qui sont parfois kafkaiens et à l’encontre de l’Emploi. C’est par exemple le cas où la médecine du travail impose aux employeurs des règles impraticables et au surplus, contraires à celles édictées par les pouvoirs publics.

2. L’autre urgence : c’est d’éviter la dégradation de la situation budgétaire des familles

Les coûts liés au confinement (absence de cantine, équipement numérique, etc) et surtout les baisses de revenus du travail (chômage partiel, non-renouvellement des contrats de travail) sont autant de charges supplémentaires et imprévisibles qui pèsent sur les budgets des familles, notamment celles déjà fragiles avant la crise.

Alors que les difficultés économiques risquent de s’aggraver, il faut mobiliser un maximum de leviers pour éviter une dégradation du budget des familles et un risque de « mal-endettement ».

Des actions de prévention sont indispensables :

  • Il faut déployer sur tout le territoire des Points conseil budget (PCB) ;
  • Les créanciers doivent accorder plus de souplesse dans les processus de paiement des factures et des crédits, et de gestion des impayés, y compris de la part des banques ;
  • Il faut plafonner durablement les frais d’incidents bancaires pour tous les consommateurs.

3. Enfin, les parents âgés ont beaucoup souffert durant cette période, de leur éloignement de leurs familles, et réciproquement

Dans le futur projet de loi sur le Grand âge, il faudra tenir compte de la place prééminente des familles. Dans ce domaine, là encore, les familles sont en première ligne face à la dépendance de leurs proches.

Pour réussir la réforme, il faudra les consulter et penser à les accompagner.

En conclusion, pour faire repartir le pays, il faut pour l’Unaf : miser sur les familles et donner confiance aux familles

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