UNAF - Parentalité : l’Unaf relaie le vécu des familles pendant le confinement auprès d’Adrien Taquet

Parentalité : l’Unaf relaie le vécu des familles pendant le confinement auprès d’Adrien Taquet


30/06/2020

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L’Unaf, représentée par Isabelle Saunier, Administratrice, a participé le 18 juin dernier, sur invitation d’Adrien Taquet, Secrétaire d’Etat, à un réunion d’échanges rassemblant les associations oeuvrant dans le champ de la parentalité.

L’objectif de cette discussion pour le secrétaire d’Etat était d’entendre les associations sur la période durant le confinement et le déconfinement, période sensible pour de nombreux parents et de faire des propositions en matière de parentalité. 12 associations actrices sur le champ de la parentalité étaient ainsi réunies.

Adrien Taquet a rappelé combien les parents avaient été sollicités : Il a évoqué le « Syndrome du tout en un », se manifestant par la nécessité d’être tout à la fois, et en même temps, parent, professeur, animateur et travailleur. Cette crise a révélé des inégalités et des fragilités, sur le plan socio-économique bien-sûr, mais aussi sur le plan relationnel, psychologique...

Le bilan dressé par les associations est contrasté. Car si les parents ont été éprouvés par la crise, plusieurs d’entre eux relèvent aussi le fait que la famille a « tenu le choc », montrant à cette occasion sa capacité de protection des individus.

Cela plaide en faveur d’une politique familiale universelle et globale forte, intégrant des actions de soutien aux parents qui offriraient une large palette de propositions dont les intéressés pourraient se saisir.

« Nous n’avons pas appris à devenir parents » il existe des difficultés à être parents et, sans entrer à nouveau dans des débats, sans être dans le normatif et dans l’injonction, le gouvernement doit apporter des aides si les parents le souhaitent ..." a indiqué le Ministre.

Il a rappelé que le gouvernement avait mis en place deux types d’actions pour soulager et soutenir les parents pour mesurer l’impact psychologique que cette période avait pu avoir sur certains enfants : des directives ont été envoyées à l’ensemble des directeurs d’école afin d’offrir la possibilité de temps de parole au sein de l’école (avec grille d’évaluation) et de repérer d’éventuelles difficultés. Une directive semblable a été envoyée à destination des parents et des professionnels par l’intermédiaire des CAF. Il souhaite qu’un travail soit réalisé sur la problématique des violences en territoire rural.

Le Secrétaire d’Etat a aussi insisté sur le fait que la mission sur les 1000 premiers jours de l’enfant était close et que le rapport sera présenté au Gouvernement très prochainement.

Lors de son intervention, l’Unaf a rappelé que durant toute la période du confinement, l’Unaf a échangé avec Adrien Taquet et a transmis des éléments relatifs au vécu des familles.

En premier lieu, les familles ont tenu face à la crise et ont permis à la société de tenir :

  • ce sont les familles qui ont pris le relais, avec l’appui des enseignants, pour organiser le suivi scolaire et pédagogique des enfants ;
  • ce sont les parents, privés de crèches, d’accueil de loisirs, d’école, de cantine, qui ont dû cumuler télétravail et garde des enfants, alors que certaines solidarités familiales (grands-parents) disparaissaient.

Les familles ont donc fait face, et montré qu’elles étaient un maillon indispensable de la solidarité dans le pays. Il est donc important de ne pas être dans l’idée commune d’une « pénibilité d’être parent ». C’est l’enfermement et le cumul des tâches et des fonctions qui furent pénibles, rarement le fait en soi d’être parent.

Beaucoup de parents ont d’ailleurs apprécié de pouvoir passer plus de temps avec leur enfant, ce que la vie habituelle ne permet que le week-end et durant les congés, et encore...

Dans certains cas, comme on a pu l’observer dans le domaine de la protection de l’enfance, cette période a pu aussi révéler certaines compétences parentales parfois insoupçonnées et sur lesquelles il faudra s’appuyer.

Toutefois, la crise a fragilisé certaines familles :

  • des tensions et des conflits ont pu émerger ou s’exacerber, voire déboucher sur des violences. Elles ont le plus souvent renforcé des situations de vulnérabilité antérieures à la crise ;
  • parallèlement, les coûts liés au confinement (absence de cantine, équipement numérique, retour d’un proche au domicile) et surtout les baisses de revenus du travail (chômage partiel, non-renouvellement des contrats de travail) pèsent encore aujourd’hui sur les budgets des familles, notamment ceux qui étaient déjà en situation de fragilité avant la crise ;
  • les parents des foyers monoparentaux ont dû, non seulement garder leur(s) enfant(s) mais aussi assurer l’école à la maison, et parfois cumuler avec du télétravail, souvent sans possibilité de relai de la part de l’autre parent ;
  • les parents en situation de handicap ou avec un enfant dans une telle situation ont aussi été plus durement mis à l’épreuve.

Face à ces difficultés, le réseau Unaf – Udaf a contribué à l’émergence de pratiques innovantes auprès des familles, notamment auprès de celles accompagnées dans le cadre d’une mesure de protection de l’enfance :

  • rédaction de recommandations destinées aux services des Udaf ;
  • méthodologie de suivi des familles en remplacement des visites à domicile ;
  • création ou renforcement de nouvelles collaborations institutionnelles ou associatives.

L’Unaf a aussi créé et alimenté un compte Facebook « prendre soin de ma famille », pour toutes les familles.

L’Unaf a également rappelé que la moitié de la population active a des enfants mineurs. Depuis le 13 mars dernier, les responsabilités familiales des 12 millions de parents d’enfants mineurs en emploi se sont considérablement alourdies, du fait de la fermeture des crèches, des écoles maternelles, écoles primaires, collèges, lycées.

Or, les contraintes liées au déconfinement progressif ont continué de maintenir la plupart des parents face à un casse-tête considérable en termes de reprise du travail, de revenu, de garde d’enfant, de suivi scolaire… Il présente aussi des risques de discrimination à l’emploi pour l’ensemble des parents et notamment pour les mères. Une protection des parents ayant de jeunes enfants ou scolarisés dans l’emploi est aujourd’hui indispensable !

Un risque économique et social majeur : il ne s’agit donc pas seulement de difficultés d’organisation personnelle, déjà redoutables, mais d’enjeux majeurs pour le redémarrage de l’économie et pour l’équité sociale :

• risques économiques : l’économie ne repartira pas si la moitié de la population active est entravée fortement dans sa capacité à reprendre ou à continuer son activité ;
• risques sociaux : dans un contexte de récession historique, les parents risquent d’être en première ligne pour les licenciements dans des entreprises sous pression ou de ne pas être embauchés, les employeurs préféreront engager des personnes sans jeune enfant à charge. Il y aura un risque d’éviction de l’emploi aux dépens de l’ensemble des parents, et plus particulièrement des mères et des familles monoparentales ….

Réussir le déconfinement est un enjeu considérable qui suppose de prendre en compte la réalité de vie des personnes : avoir des enfants en est un élément majeur.

L’Unaf appelle le Gouvernement et les employeurs à tenir compte de ces problèmes spécifiques aux parents que le déconfinement progressif peut aggraver. Permettons aux parents de reprendre le travail dans des conditions décentes.

@ : dpioli unaf.fr

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