UNAF - Séance plénière du CESE avec notamment l’intervention de la Présidente de l’Unaf sur la résolution sur l’après-crise « Construire demain »

Séance plénière du CESE avec notamment l’intervention de la Présidente de l’Unaf sur la résolution sur l’après-crise « Construire demain »


30/06/2020

L’Assemblée plénière du Conseil économique, social et environnemental s’est tenue les 23 et 24 juin 2020. Trois questions figuraient à l’ordre du jour :

Résolution du CESE sur l’après-crise sanitaire et le plan de relance : « Construire demain ». La résolution a été adoptée avec 173 voix pour (dont celles de l’Unaf), 3 voix contre et 37 abstentions. La Présidente de l’Unaf, Marie-Andrée Blanc a suivi les travaux sur ce projet de résolution au sein du Bureau et d’un comité de rédaction et est intervenue en séance plénière.

DECLARATION ECRITE DU GROUPE DE L’UNAF (annexée au Journal Officiel)

La résolution du CESE trace une voie pour construire demain en reconnectant le social, l’environnement et l’économique au service de chacune et chacun et de toutes les familles.

Le Groupe de l’Unaf partage les axes forts de cette reconstruction, repenser notre modèle, délibérer ensemble, cibler nos investissements, développer nos protections. La feuille de route pour guider l’action publique doit être de nature à restaurer la confiance.

Des économistes soulignent l’émergence d’un nouveau paradoxe français : le chômage partiel est si généreux qu’il n’incite pas les entreprises à reprendre le travail à 100 %, avec l’explosion des charges d’exploitation que cela impliquerait. La société s’est mis en veilleuse et avec des semaines supplémentaires de semi-léthargie, tout le tissu économique et industriel français risque d’être durablement atteint et restera à la traîne comparé à d’autres pays.

Le confinement a mis en lumière l’envie des pères de s’impliquer davantage dans l’éducation de leurs enfants. Il faut urgemment réhabiliter la place du travail en lui donnant tout son sens. En alertant sur le fait que 12 millions de parents d’enfants mineurs sont en emploi, la question de la conciliation vie familiale-vie professionnelle doit être au cœur du dialogue social. Les familles doivent être perçues comme des acteurs économiques majeurs et la politique familiale comme un outil économique à part entière au cœur de l’après-crise. L’Unaf rappelle que malheureusement la branche famille a été largement amputée de ses moyens.

L’éducation et la formation doivent être l’objet de toutes les attentions. Le bilan de la crise sanitaire ne doit pas voir le sacrifice d’une génération entière. L’apport du numérique dans l’organisation de l’école et du soutien scolaire doit être rendu accessible à tous, repensé en complémentarité avec les méthodes pédagogiques existantes pour accompagner toutes les familles. Si des minimas sociaux devaient être ouverts aux jeunes de moins de 25 ans, cela ne pourrait se faire sans accompagnement vers l’emploi et contractualisation. Une extension de la Garantie jeunes peut être conduite à condition de bénéficier aux jeunes, qui en ont le plus besoin.

Enfin, le logement a été un révélateur des inégalités sociales pendant le confinement. Le bâtiment représente 43% de la consommation française d’énergie et compte pour près d’un quart des émissions de gaz à effet de serre. La rénovation énergétique des logements est identifiée depuis longtemps comme un gisement majeur de bénéfices écologiques et économiques, mais, également, comme vecteur de progrès sociaux. La rénovation énergétique de l’habitat permet de conjuguer enjeux sociaux et écologiques en stimulant l’économie de proximité que représente le secteur du bâtiment.

Le Groupe de l’Unaf a voté la résolution.

La prévention et la réduction du chômage de longue durée dans une perspective d’action territoriale (saisine parlementaire)

DECLARATION ECRITE DU GROUPE DE L’UNAF (annexée au Journal Officiel)

Le présent avis arrive à point nommé pour éclairer les débats à venir au Parlement alors qu’une proposition de loi de la majorité a été déposée la semaine dernière à l’Assemblée nationale relative au renforcement de l’inclusion dans l’emploi par l’activité économique et à l’expérimentation « territoire zéro chômeur de longue durée ». Malheureusement, il arrive aussi à point nommé dans le contexte actuel de l’état d’urgence sanitaire pour lutter contre l’épidémie de Covid-19 où l’année 2020 apparaît d’ores et déjà comme un moment de rupture qui risque de se traduire par de très nombreuses destructions d’emplois. Les chômeurs de longue durée seront vraisemblablement les principales victimes de ce retournement et leur file d’attente risque de s’allonger.

Le Groupe de l’Unaf apprécie l’équilibre, qui a été trouvé dans le projet d’avis sur la promotion des projets « Territoires zéro chômeurs de longue durée » (TZCLD) sans négliger tous les autres outils à développer à l’échelle des territoires et nécessaires pour la prévention et la réduction du chômage de longue durée. Décréter une généralisation de l’expérimentation TZCLD serait une remise en cause des principes qui guident l’action pour la réussite de ces projets. Un travail au cas par cas est nécessaire. L’expérience consiste en une mobilisation de tous les acteurs, publics comme privés, élus comme entreprises, ce qui permet d’éviter de créer une concurrence financée par des fonds publics avec des entreprises existantes. Il s’agit de s’inscrire dans des niches d’activité tout en permettant à des chômeurs de retrouver un statut de salarié dans le cadre d’un contrat à durée indéterminée. Si la promotion de ce dispositif doit être encouragée, sa généralisation en dénaturerait donc le sens : raison pour laquelle le Groupe l’Unaf soutient la préconisation n°20.

Le Groupe de l’Unaf retient avec intérêt également la préconisation n°11 qui vise à lever les freins à l’entrée dans l’emploi. Cette préconisation attire l’attention à juste titre sur les femmes assumant seules la charge de famille et nécessitant dès lors que leur soit facilité l’accès à des solutions d’accueil pour leurs jeunes enfants.
Enfin, nous tenons aussi à souligner qu’au rang de la prévention du chômage de longue durée, l’analyse des politiques publiques et de leurs conséquences au regard de ce fléau social mériterait une vigilance accrue. Par exemple, la réforme de l’indemnisation du congé parental en 2014 a eu pour conséquence une inscription massive au chômage des mères en fin de Prestation partagée pour l’accueil de l’enfant (PreParE) passant de 10% à 14% de 2014 à 2018.

Le Groupe de l’Unaf a voté l’avis.

Avis du CESE sur la programmation budgétaire du projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (saisine gouvernementale)

DECLARATION ECRITE DU GROUPE DE L’UNAF (annexée au Journal Officiel)

Le 10 juin dernier, un rapport du Sénat arrive aux mêmes conclusions que le présent projet d’avis. La sénatrice, Catherine Morin-Desailly, Présidente du groupe de travail « Recherche », après avoir salué la mobilisation des chercheurs français durant la crise, déclare que « la recherche française mérite plus que jamais d’obtenir aujourd’hui des moyens financiers à la hauteur de ses missions, une gouvernance efficace et rénovée et le respect intransigeant de l’intégrité scientifique. À l’heure où notre pays est appelé à s’interroger sur sa souveraineté sanitaire, il est urgent de retrouver une ambition pour la recherche française et européenne ».

La crise actuelle a révélé beaucoup d’informations dans de nombreux domaines et dans le monde de la recherche plus particulièrement celle de la nécessité d’un réinvestissement budgétaire et stratégique afin que la France rattrape son retard au niveau international.

L’érosion continue depuis plusieurs années des dotations de base oblige les différents acteurs de la recherche à se tourner de plus en plus vers les financements sur projets. Cette approche peut avoir des avantages comme celui de l’émulation pour les chercheurs mais elle a aussi des inconvénients majeurs. Certains pans de la recherche, comme ceux concernés par le nouveau coronavirus (recherche fondamentale, recherche médicale), sont particulièrement affectés par ces évolutions.

La nécessité d’une réforme globale de la recherche est soulignée par les parties prenantes et plusieurs chantiers sont incontournables.

  • tout d’abord, inscrire dans la loi une trajectoire financière ambitieuse qui permette d’atteindre l’objectif de 1 % du PIB consacré à la recherche publique avec un souci de transparence et en tenant compte du montant du PIB avant la crise.
  • ensuite équilibrer la structure de financement des laboratoires de recherche entre dotations de base et financements sur projets ;
  • et enfin, revaloriser substantiellement la rémunération et le statut des chercheurs.

Le Groupe de l’Unaf retient dans l’avis ces éléments principaux et les soutient.

Le Groupe de l’Unaf a voté l’avis.

@ : cmenard unaf.fr

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