UNAF - Assemblée plénière du CESE des 7, 8 et 9 juillet 2020

Assemblée plénière du CESE des 7, 8 et 9 juillet 2020


17/07/2020

L’Assemblée plénière du CESE s’est tenue les 7, 8 et 9 juillet 2020. Etaient inscrites les questions suivantes :

Générations nouvelles : construire les solidarités de demain : L’avis a été adopté avec 180 voix pour (dont celles de l’Unaf), 0 voix contre et 27 abstentions.

Pour mémoire, Bernard Tranchand, Vice-Président de l’Unaf, a suivi les travaux sur ce projet d’avis en qualité de Président de la Commission temporaire Générations nouvelles et la Présidente de l’Unaf, Marie-Andrée Blanc est intervenue en séance plénière.

DECLARATION ECRITE DU GROUPE DE L’UNAF (annexée au Journal Officiel)

Le point de départ de ce travail mené conjointement au sein de la Commission temporaire et du Groupe Citoyen se trouve dans le constat de la faible mobilité sociale au fil des générations. Pour y remédier, sans négliger le fait que cette panne de l’ascenseur social ne trouve pas ou peu de correction dans le système éducatif et de formation, l’approche du présent avis s’inscrit dans une dynamique plus large. Elle souligne la relation complexe entre l’école et la promotion sociale : il faut élargir les champs d’investigation pour parvenir à rééquilibrer les chances. Avant les inégalités sociales de réussite scolaire, c’est le ralentissement économique qui limite l’accroissement des emplois très qualifiés et donc les opportunités d’ascension sociale.

Des rapports récents de l’OCDE précisent que « les politiques redistributives et de garantie de ressources semblent être accompagnées d’une plus grande mobilité sociale intergénérationnelle ». L’aggravation des inégalités sociales avec pour corollaire la marginalisation d’une partie de la population et des familles les empêchent d’offrir à leurs enfants les moyens de leur autonomie et par conséquent de leurs chances d’ascension sociale.

La feuille de route que trace le présent avis pour construire les solidarités de demain est ambitieuse et vaste et le Groupe de l’Unaf y souscrit tout en mettant l’accent sur quatre domaines pour donner confiance aux familles.

  • Redonner du pouvoir d’achat aux familles via une fiscalité juste en tenant compte des facultés contributives donc des enfants à charge.
  • Restaurer la confiance dans le système éducatif notamment par le renforcement des liens enseignants/élèves/parents. L’éducation est un investissement d’avenir.
  • Viser à l’insertion professionnelle de tous les jeunes et étendre la Garantie jeunes à ceux qui en ont le plus besoin pour permettre l’entrée dans le monde du travail.
  • Enfin l’avis fixe un cap pour la future loi de prise en charge de la perte d’autonomie avec un financement à la hauteur de l’enjeu permettant une vie digne des personnes âgées à domicile comme en établissement, une reconnaissance des aidants familiaux et une revalorisation des métiers du « Prendre soin ». Dans ce domaine, la solidarité familiale est là encore en première ligne.

Le Groupe de l’Unaf a voté l’avis.

Services publics, services au public et aménagement des territoires à l’heure du numérique : L’avis a été adopté avec 204 voix pour (dont celles de l’UNAF), 0 voix contre et 5 abstentions.

DECLARATION ECRITE DU GROUPE DE L’UNAF (annexée au Journal Officiel)

Le présent avis en rassemblant les trois thématiques de services publics/services au public, d’aménagement durable des territoires et du numérique permet une approche globale et stratégique pour tenir la promesse républicaine pour toutes et tous et dans tous les territoires. Attractivité des territoires, maintien de l’emploi, accès aux services essentiels de la vie quotidienne des familles et accès au très haut débit pour tous et partout sont étroitement liés et se renforcent mutuellement.

Selon les diverses études menées sur le sujet, un Français sur cinq voire sur quatre éprouve des difficultés pour accéder aux procédures en ligne et utiliser les outils numériques. L’illectronisme recouvre une réalité à ne pas sous-estimer : 15 millions de français ne sont pas ou peu « à l’aise » avec l’usage du numérique, ou rencontrent de réelles difficultés d’équipement. Jacques Toubon précisait le 25 mai au Sénat, la dématérialisation ne doit pas conduire à une « déresponsabilisation des pouvoirs publics, en renvoyant notamment à la sphère associative la prise en charge de l’accompagnement des usagers, ou en misant sur le secteur privé pour compenser les défaillances du service public ». Le Groupe de l’Unaf tient à souligner l’attachement des français à la proximité et à la présence humaine dans leurs interactions avec les services publics et au public.

Autre dimension souvent négligée que l’avis prend en compte, l’empreinte environnementale du numérique. Outil de résilience de notre société et de notre économie durant la crise sanitaire, le numérique trouvera sans nul doute une place essentielle dans la relance économique mais devra tenir compte de la transition écologique. Pour développer le numérique, il faut donc une impulsion nationale mais aussi une mobilisation des territoires avec un pilotage clair et identifié permettant une couverture adaptée et suffisante même là où la volonté politique locale peut parfois manquer.

L’ensemble de ces dimensions et la prise en compte réelle des enjeux qu’elles sous-tendent, militent pour la création d’un grand ministère du Numérique chargé d’incarner, de porter et de piloter une politique transversale économique, sociale et environnementale du numérique.

Dans la même perspective, le Groupe de l’Unaf soutient la préconisation qui appelle à valoriser les atouts du numérique pour amplifier l’adhésion des usagers et des opérateurs des services publics et au public sous certaines conditions. Cela passe par une protection des données renforcée, une meilleure sécurisation des démarches administratives en ligne, une association des usagers au développement des outils numériques allant jusqu’au développement de fonctions de « retours utilisateurs » (évaluation, réaction, signalements…).

Le Groupe de l’Unaf a voté l’avis.

Rapport annuel sur l’état de la France en 2020 : se donner un nouveau cap. L’avis a été adopté à l’unanimité avec 207 voix pour (dont celles de l’Unaf).

M. Patrick Chrétien, Secrétaire général de l’Unaf, a suivi les travaux sur ce projet d’avis en section de l’économie et des finances et est intervenu en séance plénière

DECLARATION ECRITE DU GROUPE DE L’UNAF (annexée au Journal Officiel)

La crise sanitaire de la Covid-19 a fait basculer la France dans une crise économique et sociale de grande ampleur. Selon l’OFCE, le taux de chômage devrait repasser au-dessus de 10 % avec des pics annoncés à 13 % ou même 16 % au cours de l’année 2020.

Les dispositifs d’aides, bien que massifs, n’ont pu garantir un maintien à l’identique des revenus, hormis pour certaines familles. Deux mois de dispositif d’activité partielle ont ainsi représenté une perte moyenne de 410 € par ménage toujours selon l’OFCE.

L’étude de l’Unaf « Impacts du confinement et de la crise sanitaire sur le budget des familles » menée auprès des services d’accompagnement budgétaire des Udaf souligne que les difficultés financières des familles se sont aggravées pendant le confinement. 55 % des familles ont subi une hausse de leurs dépenses, alors que seulement 11 % des ménages ont profité d’une baisse de leurs charges courantes. L’augmentation des dépenses, estimée à 200 € en moyenne, s’explique par la hausse du budget alimentaire, par la présence de personnes supplémentaires au domicile, en particulier les enfants majeurs revenus à la maison, et par l’achat d’équipements numériques pour la scolarité en ligne. Les grands-parents ont été aussi amenés à aider financièrement leurs enfants en difficulté à cause de la crise sanitaire.

Avec l’horizon économique extrêmement difficile et en l’absence d’intervention publique, les difficultés financières de ces familles risquent de se renforcer et nombre d’entre elles pourraient basculer dans le mal endettement voire la pauvreté. La présence d’enfants Impacte le pouvoir d’achat. En effet, 13 % des ménages avec enfants ont des arriérés de paiement de factures ou de mensualités, contre 5,7 % des ménages sans enfant. Ils sont 23 % à être susceptibles de connaître des fins de mois difficiles ou très difficiles, contre 14 % des ménages sans enfants. 36 % d’entre eux estiment ne pas pouvoir faire face à une dépense imprévue, contre 26 % des ménages sans enfants. Enfin, la fréquence des découverts bancaires double selon qu’un ménage a ou non des enfants. Ces difficultés sont particulièrement prégnantes pour les familles monoparentales comme celles dont l’un des parents est en contrat précaire.

L’ensemble de ces éléments confirme que la famille doit être vue comme un acteur économique majeur, et la politique familiale comme un outil économique à part entière. L’Unaf ne pourra se satisfaire d’une seule politique de remédiation sociale. Le fait familial doit être un critère structurant de la relance.

Le Groupe de l’Unaf a voté l’avis

@ : cmenard unaf.fr

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