UNAF - Tenue de l’Assemblée plénière du CESE : déclarations du groupe de l’Unaf en ligne

Tenue de l’Assemblée plénière du CESE : déclarations du groupe de l’Unaf en ligne


30/09/2020

Illustration article

L’Assemblée plénière du CESE s’est tenue les 22 et 23 septembre 2020. A l’ordre du jour étaient inscrites les questions suivantes :
- Intervention de François Bayrou, Haut-Commissaire au Plan
- Contribution du CESE au projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche
- Le bilan de loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages.

Intervention de François Bayrou, Haut-Commissaire au Plan

Le Haut-Commissaire au Plan, Français Bayrou a dévoilé mardi 22 septembre aux Conseillers du CESE la primeur de la lettre de mission signée la veille par le Président de la République ainsi que son agenda et ses méthodes pour les prochaines semaines.

Au rang des questions stratégiques pour la vitalité de notre pays, le Haut-Commissaire au Plan a mis en exergue la démographie dans les termes suivants : « Le deuxième élément de vitalité est la dynamique propre de la population française. Il est en Europe et dans le monde des catastrophes démographiques à l’œuvre. Jusqu’à maintenant, la France parmi les pays développés apparaissait comme une heureuse exception. S’agissant des personnes déjà nées, la démographie est à peu près une science exacte. Les projections prévoyaient que la France doublerait l’Allemagne peu après 2040, et donc, que la France pourrait être, dans vingt ans, le premier pays du continent européen par la population et la jeunesse. Or, cet élan vital nous paraît érodé. Depuis quelques années, la France n’assure plus le renouvellement des générations. Faut il tenter de retrouver notre natalité positive, et comment faire – vous voyez toutes les implications sociales sur la situation des femmes, des familles, sur la garde des enfants –pour que soit reconnu cet immense enjeu d’attractivité et d’influence que représente la bonne santé démographique ? »
Intégralité de son intervention

Contribution du CESE au projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche

DECLARATION ECRITE DU GROUPE DE L’UNAF (annexée au Journal Officiel)

La recherche interfère sur de nombreux sujets de la vie quotidienne des familles comme le souligne à juste titre le présent avis. « Tous les domaines des activités humaines, la santé, l’alimentation, les transports, l’habitat, l’énergie, les communications, la culture ont besoin de grandes avancées scientifiques. »

Une fois ce postulat posé, cela va-t-il de soi que la recherche doive être encouragée par l’action politique ? La réalité n’est malheureusement pas aussi simple et le présent avis marque un certain nombre de limites que le Groupe de l’Unaf soutient.

L’urgence de la pandémie de Covid-19 a remis au premier plan, sous une forme renouvelée, le difficile problème de la rencontre entre la connaissance scientifique et la pratique politique.

Il est urgent de retrouver une ambition pour la recherche française et européenne et cela passe par une programmation claire de moyens financiers supplémentaires pérennes pour que la France retrouve son niveau d’investissement des pays les plus en pointe. La recherche prépare l’avenir : c’est un investissement.

Les moyens financiers ne sont pas tout, la recherche doit s’inscrire dans une stratégie globale avec le respect d’un certain nombre d’équilibres à trouver : au débat entre scientifiques se superpose le débat sur les valeurs en jeu dans toute action politique. Ce sont deux lieux de débats distincts, qui s’interpénètrent et s’articulent l’un l’autre. Ils participent tous deux de la vie d’une démocratie dynamique.

Pour ce faire, le Groupe de l’Unaf partage plusieurs nécessités : renforcer la culture scientifique nationale, réhabiliter les sciences humaines et sociales, mettre fin au « gâchis de ressources humaines » que sont les doctorants.

Le développement de la culture scientifique est un impératif à tous les âges de la vie et contribue à la prise de conscience et à l’analyse du monde qui nous entoure. Cette culture conduit aussi à définir une controverse scientifique permettant de dépasser des débats sans issue apparente, qui traversent, divisent et parfois déchirent la société.

La politique de transparence ouvre à un rapport critique, c’est-à-dire attentif aux limites de chaque point de vue. Une large interdisciplinarité, qui inclut les sciences humaines, doit donc s’imposer dans les programmes de recherche et la constitution des groupes d’experts.

L’avis dénonce à juste titre le gâchis que représente la non-reconnaissance des compétences développées par les doctorants. Revaloriser le doctorat et permettre des passerelles des organismes de recherche vers les entreprises et la fonction publique doivent être favorisés.

Le Groupe de l’UNAF a voté l’avis.

Le bilan de loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages

DECLARATION ECRITE DU GROUPE DE L’UNAF (annexée au Journal Officiel)

Pour les familles, assurer l’avenir de leurs enfants c’est aussi leur assurer les conditions d’un environnement sain, qui ne sont plus réunies aujourd’hui.

Le bilan après quatre ans de la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages n’est pas encourageant faute de progrès significatifs et ceci malgré les engagements internationaux, européens et nationaux pris par la France.

Beaucoup d’initiatives et d’organismes concourent à la préservation de la biodiversité et cette abondance n’est pas facile à appréhender par le grand public. Seules les sciences participatives (Observatoire Vigie Nature, enquête des Herbonautes et autres inventaires participatifs ...) impliquant les citoyens permettent, à côté des chercheurs, de comprendre l’objectif d’absence de perte nette de biodiversité !

Le compte n’y est pas. Pourquoi ?

  • La séquence ERC (Éviter-Réduire-Compenser) évalue souvent mal l’état écologique initial des parcelles, empêche rarement les travaux prévus et réalise finalement peu de compensations.
  • La non-réalisation de l’objectif « zéro artificialisation nette » emporte une perte importante de biodiversité : les outils réglementaires de planification de l’urbanisme (SRADDET et SCOT) en tenant rarement - compte.
  • Le principe d’accès aux ressources et partage des avantages liés à la biodiversité n’est pas appliqué en l’absence de police environnementale suffisante au détriment des Outre-mer.
  • La gouvernance est assurée au niveau national par l’OFB et se coordonne mal avec les échelons régionaux. En région, l’UNAF note avec satisfaction que les Comités de bassin ont récemment réajusté leur composition en donnant plus de place aux usagers non économiques dont les familles.

Le Groupe de l’Unaf partage l’ensemble des recommandations et met l’accent sur trois d’entre elles :

  • La préconisation 7 qui recommande que toutes les régions mettent en place une ARB auxquelles les familles pourraient être utilement associées,
  • La préconisation 8 qui engage à définir des indicateurs servant de repères pour tous,
  • et enfin la préconisation 9, issue des EGA, qui interdit à la vente des produits agricoles ayant reçus un traitement non autorisé par la réglementation européenne.

L’Unaf avec l’aide de la FRB et des associations de protection de l’environnement va lancer dans les prochaines semaines un projet « Familles à biodiversité positive ». Si nous n’agissons pas, la biodiversité continuera de fléchir sous le poids des changements climatique, d’utilisation des terres et de la mer, de la pollution et des espèces exotiques envahissantes. Cela nuira davantage à la santé humaine, aux économies et aux sociétés.

Le Groupe de l’UNAF a voté l’avis.

@ : cmenard unaf.fr

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