UNAF - Adrien Taquet accueilli à l’ASFA à Pau, pour l’inauguration de l’Espace Petite Enfance

Adrien Taquet accueilli à l’ASFA à Pau, pour l’inauguration de l’Espace Petite Enfance


21/10/2020

1/ Vendredi 18 septembre 2020, lors de son déplacement à Pau, Adrien Taquet, Secrétaire d’Etat chargé de l’Enfance et des Familles, accompagné de Monsieur Spitz, Préfet des Pyrénées Atlantiques, et de Madame Trounday-Idiart, Vice-Présidente du Conseil Départemental des Pyrénées Atlantiques, est venu inaugurer, l’Espace Petite Enfance de l’ASFA (Association Action Sociale Familiale et Accompagnement). Ils ont été accueillis par Bernard Le Lan, président de l’ASFA.

Cet espace, décoré par David Ferreira, artiste local, connu pour son engagement dans la petite enfance, et équipé avec des jouets que tout parent peut trouver dans le commerce, est animé et utilisé par deux Educatrices Jeunes Enfants. Il vient compléter le nouveau dispositif créé par le service enfants de l’ASFA : l’AEMO modulée.

Ces deux professionnelles de la Petite Enfance proposent des ateliers parents/enfants permettant, à travers leur hybridation avec différentes structures de droit commun :

• de travailler sur l’amélioration du lien parents/enfants ;
• de les accompagner et orienter vers des lieux ressources sur leur territoire pouvant leur amener aide et conseil.

Adrien Taquet s’est montré intéressé par ce dispositif qui s’inscrit dans la politique qu’il mène dans la protection de l’enfance notamment la prévention, la mobilisation de l’ensemble des partenaires autour la famille et la pluralité des dispositifs pour répondre à la diversité et complexité des situations.

A l’issue de l’inauguration, les administrateurs et les professionnels de l’ASFA ont pu échanger avec le ministre et la Vice-Présidente du Conseil Départemental sur ces différents points lors d’une réunion de travail d’une demi-heure. Cet échange a permis de présenter une pratique innovante de l’AEMO à l’ASFA. Pour l’ASFA, c’est l’isolement social combiné aux difficultés personnelles de la famille qui induit, dans la très grande majorité des situations, l’intervention de la protection de l’enfance.

L’AEMO dans sa forme « traditionnelle » accentue cet isolement.

1/ En premier lieu, l’article 375-2 du code civil qui dit que « l’enfant doit être maintenu à chaque fois que cela est possible dans son milieu actuel". Dans ce cas, le juge désigne, soit une personne qualifiée, soit un service d’observation, d’éducation ou de rééducation en milieu ouvert, en lui donnant mission d’apporter aide et conseil à la famille. Cette formule crée un huis-clos entre le service et la famille qui ne permet pas à la famille de trouver d’autres ressources pour la conseiller et l’aider dans son rôle. Elle n’incite pas le service à trouver et à mobiliser les ressources de l’environnement de la famille et à accompagner les parents vers elles. La famille et le service sont isolés du milieu naturel de la famille.

2/ Ensuite, l’intervention en AEMO repose, dans 90% des services, exclusivement sur des entretiens individuels alors que de nombreux parents ont des difficultés avec ce face-à-face qui positionne le travailleur social en expert, donnant le sentiment à la famille d’être jugée et de devoir répondre favorablement à ce qui lui est suggéré. La formation initiale des intervenants sociaux et diverses autres sciences proposent de nombreuses autres approches qui correspondent mieux au profil de certaines familles, qui sont plus adaptées pour atteindre certains objectifs.

3/ Enfin, il existe un biais induit par la décision judiciaire et qui interroge seulement le rôle des parents alors qu’« il faut tout un village pour élever un enfant ».

L’AEMO modulée proposée par l’ASFA tente de répondre à ces difficultés en adjoignant à l’exercice classique de la mesure d’AEMO -qui garde sa pertinence- une nouvelle approche et de nouveaux outils.

Tout d’abord l’ASFA a remplacé la formule « doit apporter aide et conseil à sa famille » par « doit en priorité accompagner la famille vers les ressources dans son environnement pouvant lui amener aide et conseil. ». Le regard de l’intervenant ne porte plus seulement sur le fonctionnement familial en imposant de faire entrer dans la dynamique familiale le milieu dans lequel elle évolue. Il s’agit ici de créer une protection durable de l’enfant en substituant à terme la protection de l’enfance par une inscription de la famille dans d’autres dispositifs (MJC, centres sociaux, associations…) existant au sein même de l’environnement de la famille.

Ensuite en diversifiant les outils d’intervention avec la mise en place d’actions collectives, d’ateliers parents, parents/enfants, de groupes de parole, d’un espace petite enfance qui vont venir compléter les entretiens individuels ou familiaux en proposant une dynamique plus participative et valorisante des parents.

Enfin en hybridant l’ensemble de ces outils d’intervention avec ceux existant dans le milieu où évoluent les parents comme les MJC, ludothèque, médiathèque, centres sociaux, LAP, association culturelle, sportive… favorisant l’ancrage de la famille dans son environnement. L’intervention éducative constitue alors un trait d’union entre la famille et son lieu de vie et les ressources de celui-ci.

Cette nouvelle mesure plus complexe qui s’adapte à la configuration familiale, au milieu dans lequel elle évolue, qui impose au service de créer de nouveaux partenariats, aux travailleurs sociaux d’inclure de nouvelles pratiques, d’accepter d’être dans une posture différente avec la famille et de travailler différemment avec de nouveaux acteurs redonne à l’AEMO sa fonction initiale :

• Action en s’engageant avec les parents,
• Educative qui, étiologiquement, veut dire « amener vers »
• Milieu qui est bien l’environnement de la famille
• Ouvert en faisant en effet de façon à ce que la famille soit incluse dans ce milieu.

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