UNAF - L’Unaf a été auditionnée par la mission parlementaire sur l’offre jeunesse du service public audiovisuel

L’Unaf a été auditionnée par la mission parlementaire sur l’offre jeunesse du service public audiovisuel


22/12/2020

Compte-rendu de l’audition de l’Unaf par les députés Maxime Minot (Oise, LR) et Béatrice Piron (Yvelines, LREM), co-rapporteurs de la mission parlementaire « L’offre jeunesse du service public audiovisuel

Mardi 15 décembre, l’Unaf, le COFRADE et e-Enfance ont été reçus en audition sous forme de table-ronde en visioconférence par les députés, Maxime Minot (Oise, LR) et Béatrice Piron (Yvelines, LREM), co-rapporteurs de la mission parlementaire sur « L’offre jeunesse du service public audiovisuel » Pour l’Unaf, Olivier Gérard, Coordonnateur du Pôle médias et usages numériques, est intervenu au cours de cette audition. Claire Ménard, Chargée des relations parlementaires l’accompagnait.

 En préambule, plusieurs éléments chiffrés ont été rappelés.

Actuellement, chez les enfants entre 4 et 10 ans, la consommation de programme jeunesse se fait principalement via la télévision linéaire. Selon le Syndicat des Producteurs de Films d’Animation, en début d’année, avant le confinement, 75% de leur consommation vidéo se faisaient encore devant le poste de télévision et en direct (selon une étude du CSA, France TV était à 83% fin 2018).

France 4 apparaît, dès lors, comme le vaisseau amiral car il est régulièrement en tête des audiences chez les enfants âgés de 4 à 10 ans. Elle est regardée en 2019 par 1 million des 4-14 ans chaque jour, par 3 millions d’enfants chaque semaine et 5 millions chaque mois. Sa disparition programmée reste incompréhensible et énigmatique.

Plus globalement, avec la disparition de France 4 des rayons linéaires et avec un service public audiovisuel qui continue de renforcer son offre multimédia jeunesse notamment par son application Okoo, sa plate-forme jeunesse en ligne, ou encore le service français de vidéo à la demande Salto, l’offre jeunesse se délinéarise et l’objectif pourrait être le basculement généralisé de l’offre jeunesse vers le tout numérique.

 Ensuite, l’Unaf est venue préciser, dans ce contexte, ce que pourrait être une offre publique audiovisuelle jeunesse idéale.

Le choix du législateur a été de protéger les enfants d’un matraquage publicitaire. Il est impératif à l’avenir de conserver une telle orientation. Mais, dès lors, cela interroge le modèle économique retenu pour la viabilité du système audiovisuel public pour les programmes jeunesse.
Bien au contraire, il faut renforcer la protection des mineurs face aux messages publicitaires notamment autour des produits alimentaires. A ce titre, l’Unaf a rappelé son action commune avec UFC Que choisir pour aller plus loin que la loi Gattolin et avoir recours à une loi de moralisation du marketing alimentaire face à un niveau d’obésité infantile alarmant.

Autre point de vigilance, le tout numérique ne peut être la panacée et il convient de trouver des solutions adaptées selon les tranches d’âge des enfants en cohérence avec les enjeux sanitaires. Ainsi, la plateforme Okoo propose des dessins animés de courte durée pour les plus petits et ceci afin de limiter le temps d’exposition aux écrans.

La question de l’accessibilité à toutes les familles se pose également. Le confinement a montré que le tout numérique rencontrait des limites : disposer du matériel nécessaire, avoir accès sur tout le territoire à un débit suffisant pour avoir une connexion de qualité.

Le tout numérique signifie, pour les enfants les plus jeunes, qu’ils sont seuls devant leur écran alors qu’il est important que les parents soient présents pour échanger avec eux sur ce que les enfants regardent. Les programmes jeunesse en ligne pour les tout-petits ne sont pas recommandés.

L’importance d’une offre différenciée est aussi nécessaire. Les programmes jeunesse ne doivent pas se réduire à des dessins animés. Différents supports doivent exister comme des magazines, des programmes avec des prises de vue réelles ou des fictions … Les offres de programme doivent aussi ménager le ludique et l’éducatif comme ce que propose la plate-forme Lumni.

Sur le contenu également, l’offre de programmes doit permettre de toucher du doigt les sujets de société, le décryptage de l’actualité pour développer chez les plus jeunes le « vivre ensemble » ou encore la lutte contre les stéréotypes.
Pour l’Unaf, il est important que l’offre publique puisse favoriser l’interaction entre les parents et les enfants avec le développement de programmes plus familiaux.

Enfin, l’approche pour le développement des programmes jeunesse se fait aujourd’hui sur des critères encore trop quantitatifs et peu qualitatifs. Il s’agit d’atteindre tant d’heures de programme par an. Cette approche rencontre des limites, le développement de ces programmes ne doit pas venir empiéter sur les heures de repas par exemple. Si l’offre s’étend sur des plages horaires de milieu d’après-midi, cela signifie qu’elle ne touche pas les enfants en âge scolaire et qu’elle concerne alors les enfants de moins de 3 ans. Il n’est pas souhaitable que les enfants de moins de 3 ans soient mis devant un écran.

 En synthèse, il a été souligné qu’il fallait installer des ponts entre la télévision et le numérique. Cela signifie, dès lors, que la télévision doit pouvoir se réinventer.
Les programmes audio et les podcasts avec la radio doivent avoir leur place dans l’offre publique car des programmes sans image laissent de la place à la rêverie.
Des critères pour des programmes de qualité doivent être trouvés avec des labels compréhensifs pour les parents. Des marges de progression sont encore à trouver ce sens. La tranche d’âge des adolescents est la grande oubliée des programmes éducatifs. Ce vide doit être comblé.

@ : ogerard unaf.fr - cmenard unaf.fr

Haut de page