UNAF - La contribution de l’Unaf mise en valeur dans le rapport parlementaire sur les effets de la crise de la covid-19 sur les enfants et la jeunesse

La contribution de l’Unaf mise en valeur dans le rapport parlementaire sur les effets de la crise de la covid-19 sur les enfants et la jeunesse


12/01/2021

Rapport d’enquête pour mesurer et prévenir les effets de la crise du covid-19 sur les enfants et la jeunesse

Le 16 décembre, la Commission d’enquête pour mesurer et prévenir les effets de la crise du covid-19 sur les enfants et la jeunesse a donné son accord pour la publication de son rapport d’enquête. Pour rappel l’Unaf a été auditionnée dans le cadre de cette commission d’enquête le 5 novembre dernier. + Lire en rappel.

Le rapport formule 80 propositions articulées autour de 4 axes :

Une épidémie inédite aux conséquences sur la santé des enfants et des jeunes, aggravant et mettant en lumière leurs difficultés.

Au sein de cette première partie, les propositions suivantes sont à souligner :

o Proposition n° 5 : Engager une réflexion sur l’adaptation des rythmes scolaires pour les jeunes adolescents.

o Proposition n° 7 : Favoriser une sensibilisation des jeunes et des familles à un usage raisonné des outils numériques et d’internet. Renforcer les programmes et outils de l’Éducation nationale ayant pour objectifs « le développement des compétences numériques, l’éducation aux médias et à l’information pour un usage raisonnable du numérique ». Promouvoir l’exercice d’une parentalité numérique par la diffusion de supports informatifs.

o Proposition n° 8 : Sensibiliser les jeunes et les familles aux manifestations et aux risques des cyber-harcèlements et des cyber-violences sur internet.

Dans cette première partie, le rapport note sur les relations parents-enfants pendant le confinement : « Le confinement a été également l’occasion de resserrer les liens familiaux, et pour les parents, notamment pour les pères, de passer davantage de temps avec leurs enfants, de partager des activités qu’ils ne feraient pas d’ordinaire avec eux. Comme l’a souligné M. Vincent Dennery, directeur de la Fondation pour l’enfance, « beaucoup de parents ont tout de même trouvé un intérêt à la période de confinement, car malgré le travail et l’anxiété du moment, ils ont aussi pu reconstruire des liens de stabilité avec leurs enfants, alors qu’ils étaient traditionnellement à courir continuellement et être eux-mêmes envahis par leurs écrans, d’où très peu de disponibilité pour leurs enfants. »

Mme Marie-Andrée Blanc, présidente de l’Unaf, a également relevé : « Le confinement a montré qu’un temps avait été retrouvé, ensemble, même si des tensions ont évidemment existé. Il a aussi montré l’importance des dispositifs de conciliation entre vie familiale et vie professionnelle. »

Cet aspect positif du confinement est particulièrement accentué pour les tout jeunes parents. Mme Marie Touati-Pellegrin, pédopsychiatre, a ainsi souligné cet effet positif : « lors de la proximité de la naissance, en période périnatale, un repli des parents sur eux-mêmes permet une immense disponibilité pour le bébé qui en a tout à fait besoin. »

Il importe de ne pas occulter cet aspect lorsque l’on cherche à mesurer les effets du confinement, même s’il a tendance à être éclipsé par les sujets liés à la recrudescence des violences intrafamiliales, qui ont été fortement mis en avant – et à juste titre, pour assurer la protection des enfants. »

Une crise sanitaire mettant en cause la protection des droits fondamentaux des enfants et de la jeunesse et creusant les inégalités.

Là aussi dans cette partie, plusieurs propositions à destination des familles sont à noter :

o Proposition n° 12 : Travailler à la réduction du reste à charge sur le prix des consultations des spécialistes de la petite enfance (pédiatres, pédopsychiatres, psychomotriciens, ergothérapeutes), par un meilleur remboursement de la sécurité sociale et/ou des mutuelles. Créer une consultation remboursable « pédopsy famille » en libéral.

o Proposition n° 13 : Soutenir les services de la Protection maternelle et infantile (PMI) à hauteur de 100 millions d’euros par an, pour compenser les pertes subies au cours des dix dernières années.

o Proposition n° 14 : Évaluer l’apport de la téléconsultation et déterminer aussi précisément que possible les usages qui présentent un réel intérêt thérapeutique.

o Proposition n° 16 : Évaluer les conséquences du premier confinement sur l’état des jeunes en situation de handicap, ainsi que l’efficacité de leur prise en charge au sein des institutions spécialisées et de l’Éducation nationale.

o Proposition n° 24 : Mettre en œuvre les propositions des États généraux du numérique et intégrer un volet concernant les parents d’élèves. Mettre en place un plan permettant d’identifier les élèves ayant besoin d’équipements informatiques et faciliter la mise à disposition de ces équipements par les établissements scolaires. Déployer la mise en place de lieux de proximité pour favoriser l’accès et la maîtrise des outils numériques pour tous.

o Proposition n° 26 : Développer l’accompagnement des familles en favorisant les synergies entre les parents et les acteurs de l’école, notamment les psychologues scolaires, et pérenniser le soutien scolaire mis en place à la rentrée 2020.

o Proposition n° 45 : Renforcer le dispositif des contrats jeunes majeurs et favoriser l’harmonisation de leurs conditions sur l’ensemble du territoire. Accélérer la mise en œuvre de la Stratégie nationale de prévention et de protection de l’enfance pour la période 2020-2022. Progresser dans la contractualisation engagée avec les départements sur les objectifs de la Stratégie nationale de lutte contre la pauvreté.

La jeunesse en première ligne d’une conjoncture économique et sociale dégradée

Parmi les propositions de cette partie, il convient de souligner :

o Proposition n° 49 : Interdire les expulsions des familles vivant avec des enfants mineurs.

o Proposition n° 53 : Renforcer les aides versées aux ménages les plus précaires et aux jeunes, dans le prolongement des aides exceptionnelles de solidarité, en élargissant leurs critères et leur montant, et déployer un véritable plan de soutien des revenus des plus modestes.

Dans cette partie également, le rapport reprend les chiffres de l’étude INSEE d’octobre de 2020 en précisant que « les enfants et les jeunes figurent parmi les premières victimes de la dégradation de la situation économique montrant que l’impact de la crise est plus important pour les familles avec des enfants. Ainsi, les ménages avec enfants sont plus nombreux à déclarer une dégradation de leur situation financière : 33 % d’entre eux se trouvent dans ce cas, contre seulement 18 % des ménages sans enfants. L’étude propose deux éléments d’explication : d’une part, la fermeture des établissements scolaires, contraignant les parents à assurer la garde et le suivi scolaire de leurs enfants, a pu les obliger à restreindre leur temps de travail – sachant que le dispositif d’activité partielle, qui a joué un fort rôle d’amortisseur, peut toutefois conduire à une baisse de revenus ; d’autre part, la fermeture des cantines scolaires a entraîné des frais, les familles ayant dû prendre en charge ces repas sans bénéficier des subventions que constituent les tarifs sociaux.
Par ailleurs, ainsi que Mme Marie-Andrée Blanc le soulignait lors de son audition, « les parents sont les principaux aidants financiers des jeunes et ont d’ailleurs l’obligation légale de le faire. L’appauvrissement des parents interagit de fait sur celui des jeunes. »

Replacer les enfants et les jeunes au cœur des politiques publiques, privilégier une méthode horizontale, s’appuyant sur les acteurs dans les territoires, afin de favoriser des dynamiques vertueuses.

Au rang des propositions à destination des familles, on peut noter :

o Proposition n° 74 : Renforcer les conseils de vie lycéenne et les élargir en en faisant de véritables acteurs des décisions les concernant. Instaurer des temps de débats réguliers pour les enfants et les adolescents dans les établissements scolaires. Sensibiliser les enfants et les jeunes à leurs droits, en s’appuyant sur les jeunes ambassadeurs des droits auprès des enfants (JADE) et le programme Éducadroit. Prévoir des modules de formation de recueil et de prise en compte de la parole de l’enfant dans le cadre de la formation initiale et continue des professionnels travaillant au contact d’enfants et d’adolescents.

@ : cmenard unaf.fr

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