UNAF - Rencontre des Présidents des Udaf et Uraf et des Directeurs des Udaf : les priorités de l’Unaf pour une meilleure prise en compte des familles

Rencontre des Présidents des Udaf et Uraf et des Directeurs des Udaf : les priorités de l’Unaf pour une meilleure prise en compte des familles


30/03/2021

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Le 26 mars dernier, l’Unaf a réuni en visioconférence, les Présidents des Udaf et Uraf et les Directeurs des Udaf pour leur rencontre annuelle. Plus de 200 participants étaient présents. Dans son discours d’ouverture, la Présidente de l’Unaf a salué les capacités d’adaptation, des bénévoles et des professionnels des Unions, pour que la vie institutionnelle et celle des services continuent à fonctionner, malgré les aléas et le risque sanitaire. Puis, elle est revenue sur les priorités de l’Institution à mettre en oeuvre pour continuer à agir pour une meilleure prise en compte des familles.

Extraits choisis de l’intervention de la Présidente de l’Unaf

Chers amis,

A vous tous, merci pour votre présence, à distance, à cette rencontre nationale, alors que la crise sanitaire occupe tous les esprits.

Je sais combien elle perturbe vos organisations. Des projets sont contrariés, tout comme nos vies faites de liens sociaux.

Cette crise, sans précédent, dure depuis plus d’un an ; nous en voyons mal la « fin du tunnel ». Je salue vos capacités d’adaptation, celle des bénévoles et des professionnels de vos Unions, pour que la vie institutionnelle et celle des services continuent à fonctionner, malgré les aléas et le risque sanitaire.

L’Unaf est pleinement mobilisée à vos côtés. Je me réjouis du succès des formules alternatives qu’elle a déployées en visio-conférence pour l’animation du réseau. Pour autant, elles ne sauraient remplacer totalement les rencontres en présentiel, dont nous espérons le retour.

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Les familles et les personnes vulnérables ont besoin de nous. L’actualité tourne beaucoup autour de la gestion de la crise sanitaire, mais ce n’est pas le seul sujet, et des échéances importantes se profilent déjà.

Les familles et les personnes vulnérables ont besoin de nous. L’actualité tourne beaucoup autour de la gestion de la crise sanitaire, mais ce n’est pas le seul sujet, et des échéances importantes se profilent déjà. D’abord les élections régionales et départementales. Elles sont prévues les 13 et 20 juin, sauf avis contraire du conseil scientifique qui doit statuer d’ici le 1er avril. Nous allons travailler à vous fournir des argumentaires adaptés aux prérogatives de ces deux échelons. Ils seront destinés aux nouveaux élus, afin de vous permettre de présenter vos actions et vos attentes pour les familles. Ensuite, nous sommes à un an des présidentielles et des législatives. Le Gouvernement dispose de quelques mois pour voir aboutir ses dossiers, et les députés voient la fin de leur mandat se profiler. Les projets de Lois de finances pour 2022, seront les derniers de cette mandature. Les semaines et mois à venir sont donc une opportunité pour faire entendre nos demandes, même si l’état des finances publiques est peu favorable.

Sur la protection juridique des majeurs, je vous invite, à nouveau, à solliciter des RDV auprès de vos parlementaires pour leur présenter le dossier de presse et l’étude d’impact sur les gains socio-économiques de la PJM. Nous les avons assortis de demandes précises de moyens supplémentaires à inscrire au Projet de loi de finances pour 2022. Vous avez tout intérêt à agir.

Sur la politique familiale, nous voyons bien combien cette crise interminable, accentue le manque de confiance des familles. Rappelez-vous notre slogan en 2017 : redonner confiance aux familles !

Il est plus que d’actualité …

L’une des manifestations la plus frappante est la baisse des naissances. L’INSEE constate un véritable « baby crash » avec 13% de naissances en moins en janvier 2021 par rapport à janvier 2020. Mais attention aux interprétations hâtives ! Cette chute n’est pas soudaine ; elle fait suite à 6 ans de forte baisse ininterrompue.

Le désir d’enfant est toujours aussi important. Nous l’avons mesuré par le biais de l’institut Kantar, et relayé par un communiqué de presse. Le nombre idéal d’enfants souhaité par les Français, est toujours de 2,39 enfants. Les atteintes successives portées à la politique familiale ont affecté le sentiment des familles de pouvoir compter sur le soutien de la nation.

Pour l’après-crise, nous avions élaboré en juillet dernier des préconisations, qui serviront de base à nos argumentaires.

Mais sans attendre la fin de la mandature, nous devons continuer à agir pour une meilleure prise en compte des familles.

1re priorité : la petite enfance et la conciliation vie familiale-vie professionnelle pour favoriser le retour à l’activité

La crise sanitaire impacte les modes d’activité mais aussi la relation même au travail. Le télétravail, dans ses modalités actuelles, ne pourra constituer une solution pérenne pour les millions de travailleurs qui sont aussi des parents. Renforcer les solutions de conciliation est un axe incontournable pour favoriser le maintien ou le retour à l’emploi et la mobilité professionnelle.

Il faut repenser l’ensemble de la conciliation, alors que les solutions d’accueil ne progressent quasiment plus.

Le Gouvernement veut réformer le Complément Mode de Garde – le CMG - versé aux parents qui ont recours à une assistante maternelle. L’objectif est de rapprocher les restes à charge, de ceux supportés lorsqu’on a une place en crèche. Nous y sommes favorables. L’idée est de mieux adapter le CMG aux durées d’accueil, réduisant ainsi les restes à charge pour les familles qui ont recours à des assistantes maternelles pour un nombre d’heures important.

Mais, la réforme pourrait entraîner de fortes pertes pour les utilisateurs d’un faible nombre d’heures par rapport à ce dont ils bénéficient dans le système actuel. Or il peut s’agir de parents exerçant une activité à temps très partiel, ou qui se débrouillent pour garder au maximum eux-mêmes leurs enfants. Nous avons signalé ces risques auprès de la direction de la sécurité sociale, et au sein du Haut conseil de la famille et de la CNAF qui travaillent sur cette réforme.

Ensuite, une bonne nouvelle ! Notre travail de persuasion a porté ses fruits sur la prime de naissance.

Depuis des années, nous demandions à revenir sur la décision d’économie prise à partir de 2015, consistant à verser la prime de naissance après la naissance, ce qui pénalise les familles.

Nous l’avions réclamé dans notre plaidoyer pour les présidentielles de 2017. Et depuis, nous revenions régulièrement à la charge. Vous avez été nombreux à l’avoir relayé auprès de vos parlementaires.

Notre travail d’influence en réseau a payé ! Un décret prévoit de rétablir le versement de la prime de naissance au 7e mois de grossesse, et ceci pour toutes celles ayant débuté à compter du 1er octobre 2020. Nous pouvons nous en féliciter.

Autre satisfaction : l’allongement du congé de paternité et d’accueil de l’enfant. Nous avons donné un avis favorable à la CNAF et à la CNAM sur les projets de décrets qui en précisent les modalités. A partir du 1er juillet prochain, le congé paternité, devenu obligatoire, passera de 14 à 28 jours. C’est une bonne avancée pour les familles. Mais elle ne suffira pas, et loin de là, à résoudre les problèmes de conciliation des jeunes parents, qui se sont aggravés ces dernières années.

Conscient de ces difficultés, notre Ministre, Adrien Taquet, a confié une mission sur la conciliation et sur une réforme du congé parental à Christel Heydemann, PDG de Schneider Electric et Julien Damon, sociologue. Elle rendra son rapport début septembre, mais d’ici l’été, il est probable que des pistes soient dégagées pour, le cas échéant, figurer dans le PLFSS de 2022.

Dans le cadre de cette mission, l’Unaf a été mandatée par le Ministre Adrien Taquet - et nous le remercions - pour faire remonter le vécu et les attentes des familles :

  • Nous avons engagé une étude qualitative sur la conciliation auprès de parents de jeunes enfants (2 à 4 ans) au moyen d’entretiens semi-directifs réalisés sur toute la France en faisant varier les modes d’accueil, les activités des parents, la taille et la structure de la famille.
  • Pour la compléter, nous préparons un questionnaire qui pourrait être diffusé aux familles par votre intermédiaire, et celui des mouvements familiaux. Nous étudions aussi la possibilité que des débats puissent être animés par quelques Udaf, selon des modes compatibles avec les contraintes sanitaires.
  • Nous serons auditionnés sur nos positions. Nous plaiderons pour que la France s’inscrive dans la directive européenne qui impose pour 2022 à ses Etats membres, une indemnisation permettant une prise de congé par les deux parents. Cela suppose d’augmenter de manière conséquente, les montants de la prestation actuelle, la PREPARE, adossée à notre congé parental.

Enfin, la gouvernance dans le champ de la petite enfance et de la parentalité va évoluer au niveau national et départemental. Une ordonnance et un décret, en voie de publication, prévoient notamment :

  • la mise en place d’une conférence nationale des services aux familles ; elle signe le retour des conférences de la famille même si le périmètre sera bien plus étroit que celui qui avait prévalu jusqu’en 2008.
  • Au niveau départemental, la commission d’accueil du jeune enfant sera remplacée par le Comité de services aux familles. Il sera chargé de concevoir et de suivre la mise en œuvre du schéma départemental pluriannuel des services aux familles. Il sera présidé par le Préfet et par trois vices présidents représentant le conseil départemental, les communes et la Caf. Les familles seront représentées par le président de l’Udaf et par deux parents désignés par le préfet, sur proposition de l’Udaf.
  • Il est prévu qu’une charte nationale du soutien à la parentalité, que devront respecter les services, soit prise par arrêté.

Dès la sortie des textes, nous vous enverrons des informations complètes.

2e priorité : les effets économiques de la crise

Grâce aux remontées de données par les services des Udaf, nous savons que nombre de salariés sont en train d’accumuler des dettes, et de glisser vers le « malendettement. Pour certains, les impayés de loyer se multiplient, alors que leur situation était stable auparavant.

La prévention du surendettement sera le sujet incontournable de cette année :

  • Une mission a été confiée par le Premier ministre au député Philippe Chassaing. Nous lui ferons partager notre expertise et lui rappellerons la pertinence des Points conseil budget - les PCB.
  • Dans son rapport annuel qui vient de sortir, la Cour des Comptes salue à son tour, l’intérêt des PCB, considérant ce dispositif comme « prometteur ». Et dans le même document, elle invite le Gouvernement à faire davantage sur les frais d’incidents bancaires... Nous ne nous pouvons qu’approuver.

Si l’on n’observe pas, à ce stade, une explosion des impayés de loyers et de charges, l’aggravation des difficultés financières des familles en raison de la crise, font peser un risque, pouvant conduire à une augmentation des expulsions locatives. N’hésitez pas à nous alerter sur les évolutions constatées à travers vos services et vos représentations.

La réforme du calcul des APL « en temps réel » est entrée en vigueur depuis le 1er janvier. Dorénavant les APL sont calculées à partir des ressources des douze derniers mois, au lieu de celles perçues deux ans plus tôt. Elles seront actualisées automatiquement tous les trois mois par la Caf, et non plus une fois par an.

Avec cette réforme, qui se veut plus juste et plus en phase avec les revenus des allocataires, il y aura des gagnants mais aussi des perdants. Des difficultés de compréhension et des indus sont possibles, voire des bugs informatiques. Certaines Udaf nous ont alerté sur des difficultés observées par leurs représentants Caf.

Tout dysfonctionnement a des effets immédiats sur le budget déjà précaire des familles concernées. Là encore, au travers de votre présence dans les CAF, les CCAPEX, les organismes HLM, les commissions de médiation DALO ou bien de vos services, faites-nous remonter les difficultés liés à la réforme. Nous les relaierons auprès de la Ministre du Logement. Des ajustements pourront être apportés, comme elle vient de le faire pour les 130.000 jeunes en contrat de professionnalisation.

3e priorité : la jeunesse

Avec la crise, la situation des jeunes est angoissante tant pour eux, que pour leurs parents. Comment les aider ?

Conscients des difficultés qu’ils vivent aujourd’hui, nous relayons les mesures qui leurs sont destinées, via notre page Facebook « Prendre soin de ma famille » : aides financières pour les étudiants en difficulté, chèques psy , bourses des Fondations diffusées par la conférence des grandes écoles. Je vous invite à les communiquer sur vos réseaux sociaux, pour en informer les familles.

Pour la suite, comment empêcher que les traces de la crise soient durables sur la situation matérielle des jeunes, sur leur psychisme et sur leur avenir professionnel ? Comment retrouver l’espoir ?

Toutes les solutions doivent être explorées.

Sur le plan des ressources, les travaux sur le Revenu Universel d’Activité – le RUA - avaient montré la complexité technique de l’articulation entre des aides individualisées et des aides familialisées, mais aussi la complémentarité indispensable entre ces aides. Avant de se précipiter sur des solutions au premier abord séduisantes - comme le RSA jeunes dès 18 ans – il est important d’examiner la façon de venir en soutien, sans fragiliser des solidarités familiales qui restent indispensables, comme la crise le montre.

Certains jeunes doivent pouvoir bénéficier de la solidarité publique, parce que leurs familles ne sont pas en mesure de les aider, ou parce qu’ils sont en rupture avec elles. Pour les autres, il faut encourager le levier des solidarités familiales en facilitant par exemple, les transmissions au sein des familles au profit des jeunes. L’Unaf avait fait des propositions équilibrées lors des présidentielles de 2017, qui visaient à réduire la durée des abattements de donations, sans modifier leurs montants.

En termes d’insertion professionnelle, nous militons pour le recours aux formations en alternance. Nous venons de publier une étude qualitative sur l’apprentissage vu par les jeunes, leurs parents, les centres de formation et les entreprises. Elle montre tous ses atouts pour favoriser l’insertion des jeunes à travers la confrontation directe avec un métier. Nous faisons plusieurs propositions pour en améliorer l’image et les modalités concrètes. Je vous incite à vous en emparer.

4e priorité : la perte d’autonomie et le rôle les aidants familiaux

Le calendrier du projet de loi sur l’autonomie reste encore très flou.

La Direction générale de la cohésion sociale – la DGCS - a formalisé en urgence des propositions sur la Protection juridique des majeurs, à intégrer dans la future Loi. Mais les travaux sur ce sujet, auxquels nous participons, doivent s’étaler jusqu’à la fin de l’année.

Sur les aidants familiaux, les ministères agissent dans le cadre d’une stratégie de mobilisation nationale, à laquelle nous collaborons. Nous avons demandé une réflexion sur la définition du répit et, plus largement, sur les besoins des aidants. La DGCS y a répondu favorablement.

Nous suivons attentivement la question de l’indemnisation du congé proche aidant avec la mise en œuvre de l’allocation journalière du proche aidant versée par les CAF depuis le 1er octobre. Nous avons demandé un premier bilan auprès de la CNAF.

Le gouvernement souhaite étudier la mise en œuvre dans les départements, d’un guichet unique de l’Autonomie. Il a confié le travail à Dominique Libault, auteur d’un rapport sur l’autonomie. Nous l’avons rencontré pour rappeler le rôle de notre réseau dans le soutien aux aidants familiaux.
Ce guichet serait dédié à l’accueil, l’information, et l’accompagnement dans les démarches et l’accès aux droits pour les personnes âgées ou en situation de handicap, et de leurs aidants. Les Udaf en lien avec leurs associations familiales adhérentes pourraient utilement s’inscrire dans le cadre de ce nouveau service aux aidants.

Enfin, l’actualité récente nous renvoie à la nécessité d’une meilleure protection des enfants

D’abord face aux risques liés au numérique.

Afin de lutter contre l’accès des mineurs aux contenus pornographiques, nous avons contribué à la mise en ligne de la plate-forme Internet « je protège mon enfant.fr », en lien avec le CSA , l’Arcep et le ministre Adrien Taquet.
Elle s’adresse aux parents et propose des ressources sur le contrôle parental mais aussi, plus éducatives, pour aborder les enjeux d’éducation à la sexualité. Nous vous invitons à communiquer autour de cette initiative, si ce n’est déjà fait.

Nous agissons concrètement en vue de réduire l’exposition des enfants à des contenus inadaptés, choquants ou violents. Nous avons saisi le CSA pour qu’il bloque les sites qui ne proposent pas de système d’authentification d’âge autre qu’un système déclaratif, et pour qu’ils fassent, si nécessaire, l’objet de poursuites pénales

Le drame récent d’Argenteuil a mis en évidence la gravité des phénomènes de harcèlement amplifiés par le numérique, et combien les parents sont démunis pour y faire face.

Nous avons participé au lancement par la Ministre, Marlène Schiappa, d’un comité des parents pour lutter contre le harcèlement et notamment le cyber-harcèlement.
Nous avons rappelé le rôle majeur des parents en terme de prévention et de repérage des situations, et demandé qu’ils soient mieux soutenus, par l’accès à des ressources adaptées. La ministre a annoncé une circulaire demandant aux préfets d’organiser sur le territoire une évaluation du phénomène et une remontée des besoins des acteurs de terrain. Certains d’entre vous mènent des actions. N’hésitez pas vous manifester et à nous tenir informés.

Enfin, la question des violences sexuelles sur mineurs fait l’objet d’une forte actualité médiatique et politique.

L’Assemblée nationale a voté, à l’unanimité, la proposition de loi « visant à protéger les jeunes mineurs des crimes sexuels ». Mais les réponses à apporter ne sont pas que pénales. Elles sont aussi préventives : les Udaf et les associations familiales peuvent mener des actions en ce sens.

Le Conseil d’administration a travaillé ce sujet et je vous invite à en prendre connaissance et à nous faire connaître vos initiatives. Nous avons tout intérêt à les mutualiser et à communiquer sur les plus significatives.

Ce contexte de mise en lumière des violences sexuelles, et parfois incestueuses, sur les mineurs, est l’occasion de défendre ce que vous faites en matière d’accompagnement de la parole de l’enfant en justice. Vous êtes nombreux à rencontrer des difficultés dans l’exercice des mandats d’administration ad hoc pour mineurs. Il faut que les efforts des pouvoirs publics pour mieux accompagner les mineurs victimes, soient réellement à la hauteur des enjeux qu’inspirent les réformes pénales.

[...]

Chers amis,

Le contexte de crise nous invite – nous oblige même - à être davantage dans la coopération, la cohésion, le collectif. C’est bien l’objectif principal de notre futur plan stratégique « nous demain » que nous construisons ensemble, en réseau.

A nouveau, merci pour votre engagement, pour mieux défendre encore les familles.

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