UNAF - Tenue de l’Assemblée plénière du Conseil économique, social et environnemental

Tenue de l’Assemblée plénière du Conseil économique, social et environnemental


07/04/2021

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L’assemblée plénière du Conseil économique, social et environnemental s’est tenues les 23, 24 et 25 mars 2021, avec à l’ordre du jour, les questions suivantes :

Pour une stratégie d’investissements directs étrangers en France soutenables et responsables

Les chiffres de Business France sont sortis fin février : malgré la crise, la France est restée attractive pour les investisseurs étrangers en 2020. Elle a accueilli 1 215 projets d’investissements avec une baisse de 17 % en France mais 40 % dans le monde.
L’Europe fournit toujours près de deux tiers des investissements dans l’hexagone et cet intérêt des acteurs européens pour le marché français tient à plusieurs éléments : sa situation géographique, centrale au sein du marché unique, sa démographie plus dynamique qu’ailleurs, du moins tant que cela restera vrai, ainsi que ses infrastructures et un bon niveau de formation de la population.
Ces résultats sont le fruit d’une volonté marquée de la France depuis quelques années. Le présent projet d’avis formule des recommandations visant à concentrer les actions dans une stratégie pour des investissements soutenables et responsables.
Le Groupe de l’Unaf note, avec intérêt pour les familles, que ces investissements directs sont une des clés de l’emploi. Pour l’année 2020, ils ont permis de maintenir ou de créer 35 000 emplois en France.
L’un des axes d’amélioration se situe certainement dans l’attractivité des territoires plus éloignés des centres urbains. Raison pour laquelle le Groupe de l’Unaf soutient plus particulièrement les préconisations tournées vers le niveau national. L’enjeu est d’importance car il faut encourager les investisseurs à se tourner vers des régions moins denses avec des réserves de foncier disponible, plus particulièrement les friches industrielles, mais à proximité malgré tout de bassins d’emplois dynamiques. L’attractivité des territoires nécessite un accompagnement renforcé et les préconisations vont dans ce sens, appelant notamment à un renforcement du rôle de Business France dans la mise en œuvre du plan de relance européen.
Concrètement, il s’agira de créer pour les investisseurs en quête d’une aire d’atterrissage une « data room » virtuelle réunissant tous les acteurs capables d’informer et d’accompagner le porteur de projet.
Le Groupe de l’Unaf a voté l’avis.

Les reconversions professionnelles

Les reconversions professionnelles reposent sur des ressorts aux dimensions multiples – aptitude au changement, vie familiale, mobilité, évolution des métiers liée aux transitions écologique et numérique, acquisition de nouvelles compétences par la formation – autant de dimensions que les politiques publiques ont du mal à appréhender dans leur globalité. Cet avis tente de donner de la cohérence aux outils existants, ou encore à inventer, pour que les parcours de reconversion, parcours au long cours, s’inscrivent dans une dynamique de réussite tant individuelle que collective.

Le Groupe de l’Unaf soutient particulièrement les préconisations visant à prévenir les difficultés et à accompagner ces reconversions. La dernière édition du Baromètre de la formation et de l’emploi montre que 86 % des personnes tentées par la reconversion veulent exercer un métier plus proche de leurs valeurs, alors que 57% souhaitent améliorer leur employabilité et leur rémunération. Introduite en 2015, la responsabilité individuelle par le compte personnel de formation (CPF) est désormais bien intégrée : chacun sait qu’il porte la responsabilité de se former tout au long de sa vie. Mais il y a un besoin d’être accompagné et l’information sur la formation professionnelle demeure un grand chantier inachevé : raison pour laquelle la préconisation 13 prend tout son sens. Il faut rappeler qu’un un an après sa création, l’application « Mon compte formation » enregistre 38 millions d’utilisateurs mais n’échappe pas à la fraude. La Caisse des dépôts a déposé des plaintes contre des organismes de formation, pour quelques 7 millions d’euros de préjudice.
Certaines reconversions sont valorisées et génèrent de l’admiration, d’autres interrogent les futurs employeurs.
Enfin, faire le choix de la reconversion suppose la construction d’un projet approfondi en mesurant ses implications sur les revenus et sa vie familiale, sans que cela ne devienne pour autant des freins à l’évolution du parcours professionnel.
Le Groupe de l’Unaf a voté l’avis.

Améliorer le parcours de soin en psychiatrie

Diagnostics trop tardifs, manques d’interventions précoces, ruptures dans les parcours de soins, recours excessifs à l’hospitalisation sous contrainte, retour à la vie sociale et professionnelle aléatoire, augmentation des décompensations avec la crise sanitaire : au-delà des différences d’approche des psychanalystes, et tandis que le nombre de personnes en souffrance progresse, la psychiatrie en France attend toujours d’être soignée.
Le présent avis a le mérite de s’attacher au vécu et aux difficultés des patients et de leur famille, base nécessaire pour construire un parcours de soins plus fluide alliant soins et accompagnement. Les auditions des familles de patients ont été particulièrement enrichissantes pour comprendre la nécessité de changer le regard sur les personnes atteintes de pathologies mentales. Le Groupe de l’Unaf soutient particulièrement la préconisation 6 relative aux aidants familiaux. Les missions d’entraide, d’information, d’accueil et de soutien aux aidants familiaux qui accompagnent ceux qui vivent avec des troubles psychiques sont un point nodal du parcours de soin en psychiatrie.
Autre point d’intérêt mal pris en compte par les politiques publiques, la protection juridique des majeurs. Le réseau des Udaf gère des mesures de protection y compris pour des personnes présentant une altération leurs facultés personnelles. Le médecin de famille est un partenaire central et indispensable pour le maintien à domicile ou le placement en institution et globalement pour mieux accompagner ces personnes. Le contexte démographique défavorable rend difficile de trouver un médecin, entrainant pour la personne protégée un risque de double rupture des soins et de ses droits. Raison pour laquelle le Groupe de l’Unaf soutient la préconisation 7 affirmant le rôle central des médecins généralistes dans la détection et la prise en charge de la maladie psychiatrique.
Enfin la préconisation 8 appelle à encourager les dispositifs partenariaux de « l’aller vers ». Elle est essentielle pour décloisonner le sanitaire, le social et le médico-social et redonner aux malades et à leur famille un pouvoir d’agir dans leur parcours de soins.
Le Groupe de l’Unaf a voté l’avis.

Crise sanitaire et inégalités de genre

On ne peut résumer la crise épidémique à son seul impact sanitaire. Les multiples mesures qui ont été mises en place : couvre-feu, fermeture des écoles et entreprises, soins aux proches et modification profonde des conditions d’emploi, ont aussi impacté la santé des personnes, dans des proportions encore difficiles à évaluer même si les effets se font déjà ressentir. Les nombres de tests positifs et de décès nous parviennent quotidiennement mais les effets corollaires aux mesures visant à contenir l’épidémie nécessitent encore d’être précisés pour prendre la mesure réelle de l’impact de la crise. Le présent avis contribue à cette mesure nécessaire.
Le Groupe de l’Unaf tient à souligner préalablement que les familles ont tenu et continuent de tenir face à la crise et ont permis à la société de tenir. Les solidarités familiales se sont pleinement exercées : suivi pédagogique des enfants et télétravail, prise en charge des proches vulnérables par les aidants familiaux, retour des étudiants et des jeunes adultes chez eux pendant le confinement. Les familles ont donc fait face, et montré qu’elles sont un maillon indispensable de la solidarité dans le pays.
Ce rappel n’a pas pour finalité de rendre invisible le rôle et les responsabilités assumées par les femmes. Bien au contraire, le Groupe de l’Unaf partage les constats et les préconisations sur l’urgence d’aboutir enfin sur une réelle conciliation des temps de vie professionnelle, familiale et personnelle. Le télétravail a entraîné une plus grande porosité entre vie familiale et vie professionnelle, avec des conséquences négatives sur le vécu du confinement par ces femmes, une plus grande exposition aux troubles de santé mentale, en particulier pour les femmes en couple avec enfants. La question des congés parentaux doit être remise sur le métier et ne peut être pensée indépendamment de celle des modes d’accueil. Pour ce faire, la préconisation 8, qui appelle à prolonger le versement du CMG au-delà des 6 ans de l’enfant et jusqu’à ses 10 ans est une bonne entrée en matière.
La préconisation 2 sur l’IVG ne peut faire consensus au sein du groupe et la préconisation 13 pour la création d’un RSA jeunes hors sujet dans cet avis, deux raisons ayant conduit le Groupe a partagé ses votes exceptionnellement.

Face au changement climatique, quelle sylviculture durable pour adapter et valoriser la forêt française ?

Les fonctionnalités de la forêt française sont dans l’actualité et l’avis prend toute sa pertinence pour débroussailler les enjeux, les paradoxes parfois, et les missions de la forêt. Dans l’actualité en effet deux faits marquants : la filière forêt-bois s’apprête à recevoir 200 millions d’euros du plan de relance. De plus, le Ministre de l’agriculture s’engage à ce que la France plante 50 millions d’arbres pour repeupler ses forêts et précise : « Le volet de repeuplement des forêts est, je pense, le plus grand depuis l’après-guerre. ». En même temps, le projet de loi Climat et résilience ne contient aucun article sur la forêt si bien que de nombreux experts s’en alarment. En effet, les forêts fixent environ 20 % de nos émissions annuelles de carbone et limite ainsi le changement climatique. Le présent avis met à plat avec pédagogie les différents enjeux de la forêt française et fait mentir l’expression selon laquelle « C’est l’arbre qui cache la forêt ».
Comme le souligne à juste titre l’avis, les enjeux forestiers ne sont pas suffisamment perçus et compris dans leur globalité. Selon la situation dans laquelle chaque personne, chaque famille se trouvent, qu’elles soient promeneurs, consommateurs, propriétaires, exploitants forestiers, citoyens : elles privilégient la fonction de la forêt qui les concernent plus immédiatement.
Le Groupe de l’Unaf retient donc avec intérêt la préconisation 19, qui appelle à la construction d’un plan public complet sur ce que représente la forêt française pour sensibiliser chacune et chacun à la fragilité et au rôle essentiel multifonctionnel de la forêt. L’Unaf souligne l’importance de l’éducation et de la sensibilisation dès l’école primaire dans ce plan, notamment par le développement de la pratique des « classes vertes ».
Le Groupe de l’Unaf a voté l’avis.

Comment redynamiser nos centres-villes et nos centres-bourgs ?

Le commerce de périphérie représente plus de 70% du chiffre d’affaires du commerce de détail en France, ce qui a favorisé une forte augmentation du taux de vacance commerciale dans les cœurs historiques de nos communes. L’étude 2020 de l’Observatoire des territoires fait apparaître que les deux tiers des communes françaises ne disposent pas d’une offre suffisante pour couvrir les besoins quotidiens des familles qui y vivent (équipements d’usage courant, poste, banque, boulangerie, boucherie, épicerie, école, médecin, pharmacie…), et ce malgré les politiques publiques mises en œuvre. Ce constat est le plus souvent vécu comme un sentiment d’abandon. L’absence de transports collectifs, de haut débit, l’isolement de certaines personnes, l’éloignement des services publics et au public contribuent à ce sentiment. Nombre de collectivités sont démunies face à ce phénomène, alors même que la pandémie a renforcé, pour un nombre croissant de Français, l’envie de quitter la ville pour la campagne.
Afin de contribuer à enrayer ce phénomène de désertification, le Groupe de l’Unaf soutient les préconisations visant à renforcer l’attractivité des communes et l’installation de jeunes familles.
Les préconisations 2 et 6 doivent se conjuguer pour favoriser une meilleure coordination des actions pour l’ingénierie des petites communes par la création d’un guichet unique départemental.
La préconisation 16 déjà formulée dans de nombreux avis du CESE est pertinente pour la redynamisation des centres-bourgs : c’est l’accélération du déploiement du très haut débit dans les territoires les moins denses.
Les préconisations 18 et 24 doivent se répondre pour la mise en place d’un socle de services publics de proximité à juste distance des familles, assortie d’un renforcement de la desserte des transports en zone rurale.
Enfin la préconisation 19 rejoint le précédent avis du CESE sur le commerce pour renforcer les mesures d’aide visant la transmission ou reprise des entreprises artisanales et commerces de proximité.
Le Groupe de l’Unaf a voté l’avis.

L’école à l’ère du numérique

Une récente enquête du CNESCO « Numérique et apprentissages scolaires » souligne une nouvelle fois le travers souvent constaté ; le numérique éducatif reste encore une question d’équipement là où il devrait être une question d’usage et de formation. Quant aux travaux de recherche, ils montrent que le recours au numérique n’est pas forcément positif sur les apprentissages des élèves. Pour être efficaces, ces outils doivent non seulement être pertinents pour l’apprentissage de la connaissance visée, mais aussi appropriés à la situation d’enseignement-apprentissage : cela renvoie par exemple à des fonctions telles que rechercher de l’information, apprendre à distance ou produire un texte. A l’inverse, pour lire et comprendre un texte, se poser des questions ou découvrir des concepts abstraits, son effet est plutôt négatif. Quant à la capacité du numérique à faire émerger des idées, à développer sa créativité ou encore à motiver les élèves, ces questions restent aujourd’hui sans réponse.
Le présent avis trace des voies pour un usage raisonné, durable, éthique et inclusif des outils et contenus numériques éducatifs. Le Groupe de l’Unaf retient pour y parvenir plus particulièrement les préconisations 5, 11, 16 et 18 tournées vers les familles, ancrées dans les territoires, et visant à faire émerger des pratiques innovantes. Toutes les familles doivent avoir une place dans la communauté éducative et notamment celles, qui en sont les plus éloignées. Cela implique une formation des enseignants mais aussi des familles pour leur permettre d’accompagner la scolarité de leurs enfants. Les collectivités territoriales, en lien avec les associations doivent aussi être parties prenantes. Enfin, il faut pouvoir s’appuyer sur des ressources utiles et fiables pour assurer le suivi scolaire de son enfant. Le réseau Canopé, dont l’Unaf est partenaire, offre des services numériques pour répondre à tous les usages à travers des dispositifs accessibles gratuitement. Ses missions doivent être mieux connues et ses moyens renforcés pour accentuer son action.
Le Groupe de l’Unaf a voté l’avis.

@ : cmenard unaf.fr

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