UNAF - Les effets de la crise sanitaire sur le malendettement : l’analyse de l’Unaf un an après la sortie de son premier rapport sur le sujet

Les effets de la crise sanitaire sur le malendettement : l’analyse de l’Unaf un an après la sortie de son premier rapport sur le sujet

16/06/2021

En mai 2020, l’Unaf publiait un rapport inédit : Unaf - Impacts de la crise sanitaire sur le budget des familles : agir maintenant pour prévenir le surendettement.

Dès la sortie du premier confinement, nous montrions que ce dernier avait fragilisé les familles avec un budget déjà contraint.

La mise au chômage partiel, l’arrêt pour garde d’enfants et la disparition d’opportunités d’emploi ont fait chuter les revenus de certaines familles, qui devaient faire face par ailleurs à des dépenses en hausse : alimentation, équipement numérique, électricité, etc. Le fonctionnement ralenti des administrations et des services sociaux a aussi mis en difficultés des ayant-droits.

Cette fragilisation financière a été confirmée au cours de l’année 2020 par la hausse continue du nombre d’allocataires du RSA. Le seuil des 2 millions d’allocataires a été franchi à l’automne dernier.

Mais, il est à noter que le nombre d’allocataires au RSA a baissé à nouveau à partir du mois de décembre… En fait, la situation budgétaire globale des familles ne semble pas s’être massivement dégradée :

  • le nombre de dossiers de surendettement déposés à la Banque de France en 2020 a chuté de 24% par rapport à l’année précédente. Et, cette baisse remarquable se confirme cette année : en moyenne, depuis le début de l’année 2021, 16% de dossiers sont déposés en moins par rapport à 2019 ;
  • les réseaux bancaires font le constat d’une stabilisation des incidents de paiement et d’une baisse des incidents de remboursement des crédits immobiliers et de consommation ; plus intéressant encore, les réseaux bancaires constatent qu’il y a moins de mouvements sur les comptes courants, ce qui indique une baisse de la consommation qui continue.

Source : Banque de France
Pour y voir plus clair dans ces signaux a priori contradictoires, les Udaf et l’Unaf travaillent depuis 6 mois à un baromètre mensuel permettant de saisir à un instant T ce qui est perçu dans les services d’accompagnement budgétaire de notre réseau.

Que pouvons-nous en ressortir ?

1) Plus de 50% des services d’accompagnement budgétaire des Udaf voient arriver dans leurs accueils des personnes subissant les effets économiques de la crise en cours (licenciements, baisse d’activité, chômage partiel qui déséquilibre le budget mois après mois), mais aussi psychologiques (plus grande détresse perçue) ;

2) Les actifs en contrats courts ou intérimaires sont vraiment les personnes qui viennent davantage dans les services d’accompagnement budgétaire ;

3) Les personnes nouvellement accompagnées ne font pas nécessairement face à un trop-plein de crédits, mais à des impayés de charges courantes (loyer, énergie, notamment).

Finalement, que pouvons-nous dire de la situation budgétaire des familles ?

En fait, le constat est contrasté. On ne va pas nécessairement vers une explosion des situations de surendettement, mais vers un glissement progressif de certains ménages en activité.

Les mesures de l’Etat semblent avoir amorti massivement le choc (chômage partiel, aides exceptionnelles des entreprises, maintien des indemnisations chômage aux allocataires en fin de droits). Par ailleurs, il y a eu et il y a encore une moindre tentation de consommer.

Ainsi, au final, les familles sont très diversement touchées par la crise en cours :

  • les ménages ayant gardé leur activité sans perte de revenus s’en sortent bien jusqu’à aujourd’hui, ce sont ces ménages qui ont massivement épargné depuis 14 mois ;
  • les bénéficiaires des minima sociaux ne sont pas les plus fragilisés, eu égard à leur situation antérieure, même si des nuances peuvent être apportées pour ceux ayant d’habitude des compléments de revenus ;
  • ce sont que les actifs précaires (CDD, intérimaires, autoentrepreneurs) qui sont les grands perdants depuis mars 2020, soit ceux qui ont moins de filets de sécurité, tout comme les étudiants.

Les prochains mois vont être décisifs, il s’agira d’observer le retrait progressif des aides exceptionnelles et du dispositif de chômage partiel, la dynamique du marché de travail qui va déterminer la capacité des ménages à rebondir, mais aussi l’évolution des modes de consommation.

L’Unaf a présenté son analyse le 10 juin dernier à l’occasion de sa participation à l’Assemblée générale de l’Udaf du Nord.

Pour en savoir plus : srivoalan unaf.fr

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