UNAF - Intervention de la Présidente de l’Unaf, Marie-Andrée Blanc, à l’Assemblée générale : « Nous devons soutenir une politique familiale forte, parce que c’est une demande des parents mais aussi parce que c’est la garantie de survie de notre système social »

Intervention de la Présidente de l’Unaf, Marie-Andrée Blanc, à l’Assemblée générale : « Nous devons soutenir une politique familiale forte, parce que c’est une demande des parents mais aussi parce que c’est la garantie de survie de notre système social »


30/06/2021

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Le 25 juin dernier, s’est tenue en visioconférence, l’assemblée générale de l’Unaf. A cette occasion, Marie-Andrée Blanc, Présidente de l’Unaf, s’est adressées aux Présidents des Udaf et Uraf et aux Directeurs des Udaf ainsi qu’aux militants familiaux. Elle est revenue sur la crise sanitaire et ses conséquences pour les familles, ainsi que sur les grands enjeux de la politique familiale.

Discours de la Présidente de l’Unaf, Marie-Andrée Blanc

"Chers amis,

Nous sommes heureux de vous retrouver à l’occasion de notre Assemblée générale annuelle, même si nous sommes contraints de l’organiser en distanciel. Nous avons désormais bon espoir que la situation sanitaire s’améliore durablement : nous avons d’ailleurs programmé nos prochaines rencontres de présidents et de directeurs en présentiel à Paris, les 8 et 9 octobre prochains.

(La crise sanitaire et les familles)

Cette crise, nous savons que ses conséquences pour les familles vont persister dans le temps, tant d’un point de vue économique, social, sanitaire, et même psychologique, notamment pour les plus jeunes. Les familles les plus touchées auront besoin de notre soutien.

Notre réseau s’est adapté afin de maintenir un lien avec les personnes qu’elles accompagnent, mais aussi avec les bénévoles. Je remercie très chaleureusement les bénévoles et les personnels de nos Unions, ainsi que des associations familiales, qui restent mobilisés pour une continuité et une qualité de service dont nous pouvons être collectivement fiers.

(Démographie et politique familiale)

La crise a eu tendance à faire passer au second plan, les enjeux de fond de la politique familiale, alors qu’elle est une solution durable au redressement du pays.

Après 6 ans de baisse des naissances, et d’alertes successives de l’Unaf, les pouvoirs publics semblent, enfin, vouloir se pencher sur les questions démographiques. Le haut-commissaire au Plan, François BAYROU, a ainsi produit un rapport alertant sur les conséquences de la diminution très significative de la fécondité et des naissances depuis 2014.

Il nait 100 000 enfants de moins chaque année qu’il y a 10 ans. Nous sommes passés d’une fécondité qui dépassait les 2 enfants par femme, à une fécondité proche de 1,8. Cette baisse très nette n’est pas liée à la crise sanitaire : elle est bien antérieure, même si cette crise l’a aggravée, du moins sur la dernière année.

Nous avons voulu mesurer si le désir d’enfant avait évolué depuis 10 ans, date à laquelle les statistiques publiques ont arrêté de le chiffrer. Et bien nous avons trouvé un chiffre strictement comparable, à savoir : 2,39 enfants par parent. Si les familles ont moins d’enfant aujourd’hui, ce n’est donc pas parce qu’elles en veulent moins, c’est parce qu’elles ne peuvent pas en avoir davantage. Certes cette baisse n’est pas spécifique à la France mais, justement, la France constituait une exception, notamment par sa politique familiale dynamique : ce « modèle français », nous le savons, a été fortement atteint par des logiques de rabots incohérents et excessifs.
Or, pour aider les parents à réaliser ce désir d’enfant, il faut une politique familiale forte. C’est une condition qui n’est pas suffisante, mais c’est une condition absolument nécessaire.

Nous devons soutenir une politique familiale forte, parce que c’est une demande des parents mais aussi parce que c’est la garantie de survie de notre système social. Une fécondité en chute libre, c’est à terme la retraite à 70 ou 75 ans, et l’effondrement du système de santé. Une politique familiale forte repose sur une vision, sur des moyens dédiés au sein de la branche famille, notamment pour la conciliation vie familiale – vie professionnelle qui ne cesse de se dégrader. Elle doit redevenir une priorité.

(Politique familiale et conciliation vie familiale – vie professionnelle)

Dans le contexte de reprise, le maintien ou le retour à l’emploi sera déterminant. Les besoins des entreprises sont importants mais, en face, beaucoup d’actifs ont, à travers la crise, expérimenté d’autres manières de travailler, d’autres équilibres avec la vie familiale. Il faut ajuster ces deux logiques au bénéfice de tous : la politique familiale a un rôle éminent à jouer.

Le Gouvernement a annoncé la tenue d’une conférence nationale des services aux familles, vers la mi-septembre, sur le modèle des anciennes conférences de familles qui avaient disparu. Cet événement interministériel sera étalé sur plusieurs jours, avec, sans doute, une plénière à Matignon. C’est pour nous, évidemment, un motif de satisfaction, car cet évènement sera de nature à parler de politique familiale, et il pourrait déboucher sur des annonces.

Bien sûr nous aurions préféré une conférence de la famille avec un périmètre plus large que les seuls services, car à notre sens, on ne peut pas séparer la question des services d’autres questions qui y sont liées comme celle du niveau de vie, des prestations et de la fiscalité. La politique familiale est un tout. Toutefois, cette conférence est une bonne nouvelle après l’allongement du congé paternité que nous avions déjà salué.

Nous attendons des progrès principalement dans une direction : la réforme du congé parental. Littéralement « massacrée » par la réforme de 2014, l’indemnisation du congé parental n’est plus du tout attractive. Alors que ce congé constituait une voie de conciliation pour de nombreuses familles, autour de la toute petite enfance et articulée avec les autres modes d’accueil (crèches et assistantes maternelles), le congé parental est devenu quasi anecdotique. Son effondrement a permis plus d’1 milliard d’euros d’économies pour le branche Famille mais au prix d’une conciliation devenue très compliquée pour les jeunes parents.

Le secrétaire d’Etat, Adrien TACQUET a lancé une mission confiée à Mme HEYDEMAN, PDG de Schneider Electric et à Julien DAMON, sociologue, pour rénover le congé parental, et plus largement pour améliorer les politiques de conciliation notamment par les entreprises.

Il a confié à l’Unaf et à son réseau, le soin d’identifier les difficultés des familles et leurs attentes. Dans cette optique, nous venons de réaliser 3 études pour rendre compte du vécu et des besoins des familles en termes de conciliation vie familiale/vie professionnelle :

  • Une étude qualitative avec des entretiens approfondis auprès de 45 parents de jeunes enfants de 2 à 4 ans, représentatifs, sur toute la France ;
  • Des débats, un par région, soient 14 débats au total, organisés par les Udaf en lien avec l’Unaf, réunissant des parents d’enfants de moins de 16 ans,
  • Une enquête quantitative vient complèter ces études, avec un questionnaire auto-administré auquel ont répondu plus de 2 000 parents. Merci aux Udaf et aux mouvements qui l’ont relayée.

Une première synthèse de ces études a été présentée à Adrien Taquet, et à la mission. Elles devraient être publiées et faire l’objet d’une communication, en septembre à l’occasion de la conférence des services aux familles. Nous avons évidemment assorti ces études de propositions d’amélioration.

Grâce à la matière ainsi collectée, nous alimentons la réflexion de la mission. Confortés par les propos des parents, nous affirmons la nécessité d’instaurer un congé parental mieux indemnisé et dont la durée, notamment s’il est partagé entre les 2 parents, puisse permettre une première année avec moins de stress, d’inquiétude sur la reprise du travail. Une nette majorité de parents ne souhaite pas s’éloigner de leur bébé durant les 6 premiers mois, voire plus. Dans l’idéal, les parents souhaitent que ce congé rénové soit articulé avec de meilleures garanties pour trouver un mode d’accueil collectif et individuel, autour d’un droit opposable comme en Allemagne par exemple.

Nous souhaitons fortement que le PLFSS 2022, le dernier de cette mandature, apporte les premiers éléments d’une réforme ambitieuse du congé parental.
Au surplus, elle correspond aux exigences de la directive européenne sur la conciliation que la France doit transposer d’ici juillet 2022.

Par ailleurs, le ministère porte une réforme du « complément mode de garde, » le CMG. C’est une prestation monétaire qui compense partiellement le coût de la garde par une assistante maternelle. Nous souscrivons au principe de la réforme : mieux adapter le montant de la prestation au nombre d’heures de garde, alors que le montant actuel est largement déconnecté. En revanche, les scénarios actuels nous semblent trop défavorables à un grand nombre de familles.

Deux catégories pourraient ainsi être perdantes :

  • Des familles qui utilisent peu d’heures mais au prix de bricolages et de contraintes majeures : si leur CMG diminue trop, ces familles et notamment les mères de familles, pourraient être découragées de garder un emploi.
  • Autre catégorie de perdants : des couples aisés qui utilisent beaucoup d’heures de garde …tout simplement parce qu’ils travaillent beaucoup et qu’ils ont des contraintes horaires fortes. Réduire voire quasiment supprimer le CMG pour ces familles serait profondément injuste, défavorable à l’emploi et constituerait une nouvelle atteinte à l’universalité.

Il n’est pas envisageable qu’une réforme aux objectifs consensuels et pertinents, débouche sur une dégradation de revenus pour de trop nombreuses familles. Nous l’avons fait savoir au ministre et prévoyons un communiqué de presse pour alerter sur ces risques.

(Niveau de vie des familles, prévention du surendettement et APL)

La dégradation de la conciliation vie familiale – vie professionnelle ne nous fait pas oublier d’autres réalités de la vie familiale, qui sont d’ailleurs profondément liées à l’emploi : c’est le cas du niveau de vie des familles.

Nous espérons tous une reprise économique vigoureuse fondée sur la confiance retrouvée des ménages et des entreprises. Et les premiers indicateurs de reprise sont positifs !

Toutefois, un risque inflationniste existe en raison de l’ampleur des masses monétaires injectées dans notre économie. Il est donc d’autant plus important que le PLFSS 2022 prévoit en fin d’année, une indexation des prestations familiales sur les prix : nous ferons le maximum pour éviter les mesures de sous-indexation qui ont frappé les familles sur 2 exercices budgétaires. En apparence indolores, ces mesures ont des conséquences fortes et durables pour le niveau de vie des familles. Je compte sur votre soutien pour relayer cette attente auprès des parlementaires.

Grâce à la mobilisation des Points conseil Budgets de notre réseau, nous mesurons par des enquêtes mensuelles, les situations budgétaires des familles afin d’identifier les évolutions, les risques, les sources de fragilisation : c’est un véritable baromètre des difficultés budgétaires des familles que nous avons constitué grâce à vous. A ce stade, les mesures de l’Etat ont amorti massivement le choc, grâce au chômage partiel, aux aides exceptionnelles accordées aux entreprises, au maintien des indemnisations chômage aux allocataires en fin de droits. Et, les ménages ayant gardé leur activité sans perte de revenus, s’en sortent bien jusqu’à aujourd’hui.
Par contre, on entrevoit un glissement progressif de certains ménages : ceux qui ont des emplois précaires, qui sont en CDD, intérimaires ou autoentrepreneurs. Les actifs précaires sont les grands perdants depuis mars 2020, ce sont ceux qui ont le moins de filets de sécurité, tout comme les étudiants. Les prochains mois vont être décisifs, avec le retrait progressif des aides. La dynamique du marché de travail va déterminer la capacité des ménages à rebondir.

Les impayés de loyers sont un premier indice de difficultés : c’est pourquoi nous vous avons demandé de nous faire parvenir tous les éléments qui pourraient préfigurer des évolutions en ce sens.

Autre sujet d’inquiétude en termes de niveau de vie : (la réforme des APL en temps réel).

Mise en place depuis janvier, elle vise à mieux ajuster les allocations logements à l’évolution des revenus des familles. Nous avions alerté sur des risques de pertes pour plusieurs catégories d’allocataires. La CNAF en a d’ailleurs tenu compte, en aménageant des situations spécifiques. Des difficultés subsistent néanmoins, de 2 ordres très différents :

  • des difficultés liées à la technique, aux systèmes informatiques ;
  • et des difficultés liées au nouveau mode de calcul qui défavorise clairement certaines catégories, comme les jeunes qui démarrent sur le marché du travail.

A nouveau, Je compte sur vous, sur vos représentants dans les CAF, les CCAS, les CCAPX….pour nous relayer les alertes et dysfonctionnements éventuels. Nous pouvons les répercuter via notre représentation à la CNAF, et via nos contacts avec le ministère du logement.

(5e branche, PJL « Générations solidaires »)

Autre sujet d’actualité : la dépendance et la prévention de la perte d’autonomie.

Instituée pour 2021, la 5e branche attend encore d’être réellement concrétisée par une gouvernance, un périmètre et un financement. Cette mise en place sera probablement très progressive et tout ne passera pas forcément par la loi. Toutefois l’enjeu est fort pour les familles et notre réseau, alors qu’un projet de loi « Générations solidaires » est travaillé par les ministères, sans pour autant que les arbitrages n’aient été rendus à ce jour.

Si nous attendons un renforcement des solidarités publiques face à la dépendance, nous savons tous que les solidarités familiales resteront indispensables : rôle des aidants familiaux, obligation alimentaire pour l’hébergement, place des familles dans les EHPAD… Nous ne devons pas affaiblir ces solidarités mais les renforcer en les soutenant mieux.

Nous avons des idées ; des expériences multiples sont menées par les Udaf. Nous travaillons déjà beaucoup avec la CNSA, que ce soit sur l’habitat inclusif ou sur l’expérimentation de médiation pour aidants et aidés. Nous avons demandé au ministère de prévoir une représentation des familles dans la gouvernance de la 5e branche, ce qui n’est pas le cas dans le conseil actuel de la CNSA. Nous souhaitons aussi qu’une réflexion soit menée pour harmoniser et fixer des bornes à l’obligation alimentaire.

Nous portons des propositions pour améliorer le soutien aux aidants, au sein du Comité National de Suivi de la stratégie de soutien et de mobilisation « Agir pour les aidants » : demande d’élargissement du champ du congé proche aidant et de sa durée d’indemnisation, prise en considération du rôle des aidants familiaux pendant la crise. Nous participons aux travaux de la DGCS et de la CNSA notamment sur le répit.

Concernant la PJM, en réponse à une question d’une Udaf, nous ne souhaitons pas son transfert dans la 5e branche. En revanche, l’Unaf, de manière systématique lors de ses auditions sur la question de l’autonomie, aborde la question de la PJM que ses interlocuteurs découvrent d’ailleurs souvent par ce biais ! L’Unaf a toujours insisté pour maintenir la dépense liée à la PJM dans le budget de l’Etat (programme 304), ce qui correspond à l’encadrement du secteur – assuré par l’Etat- et en lien avec le droit civil.

L’Unaf a donc accueilli avec satisfaction le rapport de l’Inspecteur général des Finances, Laurent Vachey, préfigurant la 5e branche.

En effet, il préconise explicitement que la gestion de la PJM ne soit pas transférée à la 5e branche, mais que la PJM, dont les publics sont les mêmes (personnes âgées ou en situation de handicap), soit intégrée dans le pilotage de la branche, plus « techniquement » dans l’annexe 7bis du programme autonomie ainsi que dans le programme de qualité et d’efficience (PQE) relatif à l’autonomie. C’est grâce à l’Unaf que la PJM figure dans le rapport. Il faudra s’assurer que ces préconisations soient suivies d’effets. Si cette proposition est reprise, la politique de la PJM pourrait être davantage repérée dans une politique globale de la perte d’autonomie au-delà du projet de loi « Générations solidaires » qui devra intégrer un volet PJM. 

Autre sujet : celui de la (Protection de l’Enfance)

Le gouvernement a présenté en Conseil des ministres du 16 juin son Projet de loi, après un long travail de réflexion et de consultation mené auprès des acteurs de la protection de l’enfance.

L’Unaf s’est positionnée dans le cadre des instances où elle siège : le HCFEA, le Conseil National de la Protection de l’Enfance, le GIPED- enfance en danger saisis pour donner un avis..

Nous avons souligné l’importance de certaines avancées, notamment sur les assistants familiaux, la PMI ou le recours au tiers digne de confiance. Nous nous sommes en revanche opposés aux dispositions relatives aux mineurs non accompagnés. Nous sommes satisfaits que le gouvernement ait depuis retiré deux des articles, suite à un avis du Conseil d’Etat.

Nous avons aussi émis des réserves quant à la généralisation et l’inscription dans la loi du nouveau référentiel d’évaluation des situations en protection de l’enfance créé par la Haute Autorité de santé (HAS) alors même que le référentiel ESOPPE semblait s’imposer comme une référence pour de nombreux conseils départementaux.

La création d’un nouveau GIPED nous interroge aussi. Celui-ci est censé apporter de la cohérence au pilotage de la politique publique, en regroupant, en plus du 119 et de l’ONPE, le Conseil National de l’Accès aux Origines (le CNAOP), l’Agence Française de l’Adoption, le Conseil supérieur de l’adoption et le CNPE. Mais ses modalités de fonctionnement ne sont pas encore suffisamment explicites, de même que la place faite à la représentation familiale, pour qu’on puisse se prononcer.

Nous pouvons aussi regretter qu’aucune des dispositions prévues ne permette d’améliorer le travail avec les parents alors que la prévention dans ce domaine est le nœud gordien.

Par ailleurs, l’Etat a affiché ces dernières années un réel engagement dans le domaine de la protection de l’enfance, avec une stratégie nationale, une loi sur les violences sexuelles, le projet de loi que je viens d’évoquer. Comment comprendre, alors, qu’il transfère la compétence des conseils de famille des pupilles de l’Etat aux conseils départementaux l’essentiel, ainsi que le projet de loi 4D le prévoit ?

La mise en œuvre d’une logique de contractualisation de la politique de protection de l’enfance entre l’Etat et les conseils départementaux est motivée par la volonté de réduire les inégalités territoriales, et d’inciter les départements à atteindre un socle minimal de qualité, et à le dépasser. Le retrait de l’Etat des conseils de famille des pupilles de l’Etat va à l’encontre de cette logique. Nous avons fait connaitre notre position à Adrien Taquet, et au cabinet de Mme Gourault, Ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, en charge du projet de loi 4D. Nous avons publié un communiqué de presse la semaine dernière : merci de le relayer largement.

(Numérique)

La protection des enfants passe aussi par une meilleure maitrise des pratiques numériques qui se sont accélérées durant les périodes de confinement.

J’avais eu l’occasion d’évoquer auprès de vous la lutte contre l’accès des mineurs à la pornographie. L’Unaf s’est pleinement engagée dans la mise en place de la plate-forme « je protège mon enfant.gouv.fr », avec des vidéos à destination des parents. Nous sommes aussi en contact avec le président du CSA concernant notre saisine qui devrait être activée d’ici la fin de l’été.
Nous sommes associés au comité des parents mis en place par la ministre, Marlène Schiappa, autour de la lutte contre le fléau du harcèlement. Plusieurs travaux sont en cours et certains devraient être communiqués rapidement - avant l’été - je pense notamment à la réalisation d’une « grille d’évaluation » à destination des parents et des enfants afin d’identifier/repérer les situations problématiques le plus tôt possible, et le cas échéant de pouvoir proposer des ressources et lieux d’accompagnement.

Cette accélération a inévitablement conduit à renforcer ou créer de nouvelles inégalités d’accès et d’usages. Dans ce contexte, l’accompagnement au numérique s’impose comme une priorité. Nous aurons l’occasion d’en reparler, notamment dans le cadre de la préparation de notre prochaine Conventions d’objectifs avec l’Etat.

(Représentations familiales)

J’en viens maintenant à notre place de représentants des familles dans des instances majeures.

D’abord au CESE.

En avril dernier, vous avez élu 5 représentants de l’Unaf : Marie-Josée Balducchi, Bernard Desbrosses, Marie-Pierre Gariel, Dominique Marmier et moi-même. L’Unaf a également désigné Marie-Claude Picardat au nom des familles homoparentales.

La plénière d’installation du Conseil, le 18 mai dernier, a vu la constitution d’un nouveau groupe : le Groupe Familles avec un grand F et au pluriel, et dont Marie-Pierre Gariel assure la présidence.

3 organisations nous ont rejoints, fédérant autour de l’Unaf :

  • la protection de l’enfance avec la CNAPE représentée par sa Présidente Josiane Bigot,
  • les retraités avec la Confédération française des retraités représentée par son Président Pierre Erbs
  • et les aidants avec la Compagnie des aidants représentée par sa Présidente Claudie Kulak.

Un nouveau président du CESE a été élu, en la personne de Thierry BEAUDET, connu pour son action de longue date dans le mouvement mutualiste, et pour ses fonctions de Président de la Mutualité française. Un nouveau Bureau a été élu, et j’ai l’honneur d’en être la vice-présidente.

Aujourd’hui le CESE est en ordre de marche pour travailler, car les élections dans les formations de travail se sont faites les 15 et 16 juin derniers.

Notre Groupe Familles s’est vu confier deux vice-présidences : celle de la Commission permanente des Affaires sociales et de la Santé. et celle de la Commission Education, culture et communication. Nous aurons tous à cœur d’être les relais des actions menées par les Unions et par les associations familiales, dans les territoires.

Ensuite, nous préparons activement le renouvellement des mandats des représentants familiaux dans les caisses de sécurité sociale.

Ils arrivent à échéance au début de l’année 2022. Des centaines de nouveaux représentants familiaux sont à recruter. Afin d’accompagner les Udaf dans cette campagne de recrutement, l’Unaf a créé un kit avec différents outils (visuels, flyers, vidéo, formations…).

Ces postes dans les différentes caisses sont, pour notre réseau, un enjeu majeur pour faire entendre la voix des familles et défendre leurs intérêts, mais aussi un enjeu de visibilité vis-à-vis des partenaires. C’est pourquoi l’Unaf appelle le réseau à se mobiliser pour trouver des représentants familiaux compétents et engagés.

Nous avons lancé très récemment un appel à candidature nationale pour le renouvellement des représentants familiaux à la CNAF, CNAM et CNAV. Le CA de l’Unaf élira des représentants en septembre et portera une attention particulière à la qualité des candidatures.
Nous vous remercions vivement pour votre mobilisation.

(Elections)

Défendre les familles, c’est s’impliquer dans les politiques familiales locales. Maintenant que vos élus départementaux et régionaux sont en passe d’être élus, vous allez pouvoir aller à leur rencontre pour vous positionner comme des partenaires :

  • Partenaires pour évaluer les besoins des familles,
  • partenaires pour offrir des services aux familles et aux personnes vulnérables,
  • partenaires pour mettre en relation les élus et services publiques avec le maillage des associations familiales locales.

Pour cela, nous avons prévu de vous envoyer dans un premier temps un argumentaire « quand familial rime avec régional » pour qu’en Uraf vous alliez au devant de vos élus. Puis un deuxième argumentaire « Quand familial rime avec départemental » pour qu’en tant qu’Udaf vous alliez vous présenter à vos conseils départementaux.

Enfin, les élections présidentielles et législatives sont dans moins d’1 an ! Nous allons élaborer en amont des propositions que nous devrons partager et relayer le plus fortement possible pour que les politiques publiques redonnent confiance aux familles".

(Plan stratégique)

Beaucoup de dossiers nous attendent pour les mois à venir. Et nous sommes attendus pour remplir au mieux nos missions.

Dans cette perspective, notre plan stratégique, celui de notre réseau : « Nous, demain : avec et pour les familles » pour la période 2021-2026, va être soumis à votre approbation cet apm.

Après des mois de concertation, il va déterminer nos engagements communs qui vont nous guider dans les 5 prochaines années.

Trois remarques très brèves à ce sujet :

  • La première c’est de remercier le réseau, les Udaf, les Uraf et le conseil d’administration de l’Unaf, de leur participation très forte à la réflexion et à l’écriture de ce texte.
  • La deuxième c’est de dire que les grands sujets structurants pour le présent et l’avenir de notre réseau sont posés dans ce plan : renouvellement militant, stratégie de nos services aux familles, collecte des données, évaluation d’impact de nos actions
  • La troisième, c’est de réaffirmer que ce plan est celui de nous tous. Tout reste à faire puisque le plan est articulé en chantiers et projets que nous avons 5 ans pour mettre en œuvre ensemble.

(Conclusion)
Chers amis,

La période qui s’annonce doit nous pousser à l’optimisme, après plus d’une année tellement difficile. Optimistes et volontaires, il nous faut l’être : c’est une condition pour surmonter les nombreux défis qui nous attendent.

Retour des salariés du télétravail, retour des bénévoles en présentiel : ce sont bien sûr des enjeux immédiats et internes. Aujourd’hui, nous pouvons recourir à des dispositifs en distanciel jusqu’au 30 septembre 2021, du fait de la crise. Mais après ?

Nous voyons bien l’intérêt d’un retour en présentiel, mais aussi celui d’ouvrir la possibilité de réunions à distance qui peuvent avoir des avantages. Le CA de l’Unaf a validé des modifications aux textes des unions en ce sens. Ils vont vous être envoyés afin d’avoir votre avis, au regard de vos retours d’expériences. Ils seront ensuite soumis au vote de votre assemblée, à l’occasion d’une réunion le samedi 9 octobre prochain, dans le cadre de la rencontre des présidents et directeurs organisée en présentiel à Paris.

Mais nous devons penser encore plus loin : le plan stratégique, articulé avec le plan de développement associatif, la stratégie commune de communication, et la future convention d’objectifs, doivent permettre de faire face aux évolutions du bénévolat et de la gestion des services.

Merci à vous.

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