UNAF - Journée des Présidents des Udaf et Uraf et des Directeurs des Udaf : intervention de la Présidente de l’Unaf

Journée des Présidents des Udaf et Uraf et des Directeurs des Udaf : intervention de la Présidente de l’Unaf


13/10/2021

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« A mesure que nous sortons de la crise sanitaire, les difficultés économiques et sociales risquent de persister, sinon de s’amplifier. La politique familiale doit être identifiée comme une des voies durables pour y faire face ».

Retrouvez l’intervention de la Présidente de l’Unaf.

Mmes et Messieurs les Présidentes et présidents
Les Directrices et Directeurs,
Mes chers amis,

Cette rencontre nationale organisée « en présentiel » nous laisse enfin entrevoir la sortie de la crise sanitaire.

Sans précédent, elle a bouleversé nos modes d’action. Notre réseau a dû s’adapter et faire preuve d’inventivité dans les solutions. Alors je redis : bravo à tous !

Mais cette parenthèse ne va pas subitement se refermer.

Toutes les familles, à des degrés différents, ont été atteintes et bon nombre de parents restent inquiets : pour la scolarité et la santé psychique de leurs enfants, pour leur emploi, pour leur niveau de vie.

En l’état, le Projet de Loi de financement de la sécurité sociale pour 2022, comporte peu de nouveautés pour la branche famille. De nouveaux transferts financiers, bien peu lisibles, sont à nouveau réalisés à ses dépens. Ils nous ont conduit à un vote d’abstention au CA de la CNAF.

La politique familiale a pourtant besoin de toutes ses recettes pour faire face aux enjeux considérables :

  • en termes d’emploi, le redémarrage économique bute sur des pénuries de main d’œuvre dans de nombreux secteurs, et sur une conciliation vie familiale – vie professionnelle qui s’est dégradée ;
  • en termes de démographie : nous enregistrons quasiment 100 000 naissances de moins par an aujourd’hui qu’en 2014 ;
  • en termes de pouvoir d’achat : alors que l’inflation repart à la hausse, avec une envolée des prix du gaz et de l’électricité, les familles avec charge d’enfants seront les plus affectées, comme l’avait montré notre colloque « Avoir un enfant ça change tout » de janvier 2020. Les mesures purement individuelles ne suffiront pas à résoudre ces situations.

A mesure que nous sortons de la crise sanitaire, les difficultés économiques et sociales risquent de persister, sinon de s’amplifier. La politique familiale doit être identifiée comme une des voies durables pour y faire face.

Cette semaine, lors de l’ouverture de la conférence des familles, le Haut-Commissaire au Plan, François Bayrou, soulignait l’importance du rôle des familles, et combien notre modèle social repose sur leurs contributions. Il a salué l’action des associations familiales comme un facteur clé dans la poursuite des politiques familiales par les gouvernements successifs.

Interrompue depuis 15 ans, nous avions réclamé le rétablissement de la conférence annuelle des familles, pour que la politique familiale redevienne un sujet à part entière, de politique publique et de société, et pour dessiner des pistes de réformes qui fassent consensus.

Alors ne boudons pas notre plaisir d’avoir obtenu gain de cause !

Etroitement associés à sa préparation comme interlocuteur incontournable sur la politique familiale, notre expertise des réalités de vie des familles a été pleinement mise en valeur : sur la parentalité, tout comme sur la conciliation vie familiale vie professionnelle. Nous avons relayé les attentes des familles, à la suite d’études et de débats organisés par les Udaf dans 12 régions et en outre-mer. Lors des tables-ronde et dans les médias, nous avons porté des propositions concrètes pour améliorer les droits des familles, l’accueil du jeune enfant, et les congés parentaux.

C’est donc sans surprise, que les préconisations du rapport remis mercredi par Julien Damon et Christelle Heydemann sur la conciliation vie familiale- vie professionnelle, sont très convergentes avec les nôtres. Elles conforteront nos positions, dans le cadre de la préparation des échéances électorales de 2022.

En effet, même si l’allongement du congé paternité est une avancée de politique familiale, il faudra aller plus loin, afin que les parents disposent véritablement de temps pour s’occuper de leur enfant, sans sacrifier leurs revenus, leurs emplois, ni leurs carrières.

L’année 2022 nous en offrira 3 occasions :

  • en début d’année, avec la perspective des présidentielles et des législatives qui nous permettront de porter des propositions d’amélioration des politiques en faveur des familles dans différents domaines. Nous en reparlerons dans la matinée.
  • en juillet 2022, avec l’application de la directive européenne sur la conciliation qui doit inciter la France à améliorer l’indemnisation de ses congés parentaux ;
  • et puis fin 2022, avec la renégociation par l’Etat, de la Convention d’objectifs et de gestion de la CNAF qui ouvrira de nouvelles perspectives pour les 5 ans qui suivront.

En attendant, nous continuons à agir auprès du Gouvernement et de la majorité actuelle.

D’abord au parlement :

  • Le projet de loi relatif à la protection des enfants a été adopté en première lecture à l’Assemblée nationale en juillet dernier. Nous avons obtenu que le gouvernement dépose un amendement sur la MJAGBF, qui a été voté. Il étend les possibilités de recours à cette mesure en levant l’obstacle que peut constituer l’absence de mise en place de la mesure administrative, l’AESF, sur le département.
  • Le projet de loi dit 3DS qui prévoyait le transfert de la tutelle des conseils de familles des pupilles de l’Etat, vers les conseils départementaux, va arriver à l’Assemblée. Nous sommes opposés à ce désengagement de l’Etat qui risque de renforcer les inégalités territoriales. Nous avons obtenu le retrait de cette mesure par le Sénat, mais elle pourrait être réintroduite par le gouvernement à l’Assemblée. Je vous ai adressé le 16 septembre, un courriel vous invitant à alerter vos députés, accompagné d’un courrier type à leur adresser. Merci pour vos interventions.
  • S’agissant du PLF 2022, en l’état il ne prévoit pas d’augmentation des moyens dédiés à la PJM, tels que nous les avons formulés dans notre plaidoyer, suite à l’étude d’impact. Nous savons que la partie n’est pas perdue, des amendements pouvant être déposés et pouvant donner lieu à des réponses positives au moins en partie. Mais pas question de baisser les bras ! Notre action auprès des parlementaires doit plus que jamais se poursuivre, en nous appuyant sur notre étude d’impact sur les gains de la PJM. Nous comptons sur vous pour vous mobiliser dans vos territoires.
  • Le gouvernement a renoncé au projet de loi dit « générations solidaires » après, pourtant, de nombreux mois de concertations qui nous ont largement occupées. Nous regrettons cet abandon car cette Loi aurait permis de donner un contenu concret à la « 5e branche » créée pour mieux prendre en charge la dépendance. Les attentes des familles sont fortes : sur la place des aidants familiaux, sur le coût des restes à charge en EHPAD notamment. Le PLFSS pour 2022 contient des dispositions intéressantes sur l’aide à domicile ou l’élargissement des missions des EHPAD, mais elles restent insuffisantes.

Au-delà de cette actualité législative, nous poursuivons nos travaux avec le ministère des familles.

Sur le numérique, vous êtes nombreux à mener des actions.

  • Pour la protection des mineurs en ligne, nous avions saisi le CSA. A notre demande, le gouvernement a enfin publié le décret qui permettra au CSA de mettre en demeure les éditeurs de sites pornographiques pour qu’ils installent des systèmes d’authentification de l’âge, sous peine que soit bloqué l’accès à ces sites.
  • Dans le prolongement, nous avons signé, lors de la conférence des familles, le protocole d’engagement pour un usage raisonné et raisonnable des écrans par les enfants, qui prévoit l’extension de la plate-forme « jeprotègemonenfant.gouv.fr » à la question de la parentalité numérique, et où figurera en bonne place, le lien à notre site « mon enfants et les écrans ».

Sur la parentalité et l’enfance :
l’actualité est celle des comités et schémas départementaux des services aux familles. Votre mobilisation – qui devrait être facilitée par la nouvelle ordonnance parue cette année- est indispensable et stratégique : vous devez être identifiés comme des interlocuteurs et des acteurs incontournables.

Enfin, nous poursuivons avec l’Etat la négociation autour de l’élaboration de nos futures conventions d’objectifs.

— -

J’ai parlé de nos actions pour défendre et soutenir les familles. C’est bien là notre priorité commune.

Mais notre réseau n’est pas épargné, non plus, par les effets de la crise sanitaire.

Je pense aux associations familiales. Leurs activités se sont arrêtées durant de longs mois ; leurs bénévoles ont dû se retirer. La fin de la crise sanitaire ne suffira pas à tout redémarrer, comme avant.

L’évaluation externe de notre Plan national, a révélé la nécessité d’ajuster notre stratégie de développement associatif. Le Comité national, composé de représentants de notre réseau, s’attelle actuellement à hiérarchiser, à planifier les actions à mettre en synergie pour optimiser notre stratégie et ainsi, nous renforcer. Je compte sur vous, pour vous investir, tout comme j’ai invité les mouvements à se joindre à notre démarche.

Le réseau des Udaf et d’Uraf n’est pas non plus épargné. La crise a modifié le fonctionnement des services, de nouveaux modes d’organisation sont mis en place. Des solutions sont recherchées pour faire aux pénuries de professionnels qui s’accroissent.

La vie institutionnelle a dû aussi évoluer. Vous avez ce matin entériné la possibilité de recourir, durablement, à des modes de travail dématérialisés.

D’autres formes de transformations sont à l’œuvre au sein du réseau. Plus que jamais, nous sommes appelés à les partager pour avancer.

Notre plan stratégique, adopté en juin dernier, est le fil directeur des actions à mettre en œuvre ensemble au cours des 5 années qui viennent.
(...).

L’un des axes du plan auquel je tiens particulièrement, est celui de la formation des nouveaux présidents et nouveaux directeurs des unions.
(...).

Enfin, à tous, un dernier mot : n’oubliez pas de préparer le renouvellement des conseils d’administration et des conseils dans les caisses de sécurité sociale : CAF, CPAM et CARSAT. C’est un enjeu important de cette fin d’année et pour début 2022.

Chers amis,

Plus que jamais les familles et la politique familiale ont besoin de nous !

Merci pour votre engagement !

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