UNAF - Le « médecin traitant » : une réforme trop complexe pour être efficace ?

Réforme de l’assurance maladie

Le « médecin traitant » : une réforme trop complexe pour être efficace ?

24/07/2006

Le rapport 2006 du Haut conseil pour l’avenir de l’assurance-maladie dresse un premier tableau de résultats du parcours de soins coordonné, qui incite les patients à ne plus consulter directement certains spécialistes, mais à s’adresser d’abord à leur « médecin traitant ». Les pénalités financières prévues pour les patients qui ne respectent pas ce parcours sont effectives depuis 6 mois. Les bénéfices attendus par la réforme étaient d’ordre économique - limiter le « nomadisme médical » en particulier - et thérapeutique - permettre un suivi coordonné des patients, une meilleure prévention, un traitement efficace des maladies chroniques...

Selon le rapport, la réforme a été globalement déjà très suivie par les patients : huit consultations sur dix se font désormais dans ce cadre. En revanche, selon le Haut conseil « Il est difficile d’apprécier si la réforme de l’assurance maladie a contribué à l’infléchissement - réel - de ces prestations ». Quand à « l’éventuelle diminution d’actes techniques redondants. Le secrétariat du Conseil ne dispose pas d’analyse sur ce point. »

Le Haut Conseil souligne que les objectifs « de qualité et d’équité ne peuvent cependant être atteints que si le système est conçu pour les prendre en compte selon des procédures claires et comprises par les assurés et les praticiens. » Or, certaines règles sont encore mal comprises. Par exemple : « De nombreux assurés n’auraient pas compris que, si la consultation en accès « spécifique » [Cette expression ne concerne pas un type de médecins mais un types de soins pour lesquels les patients peuvent s’adresser directement à un spécialiste] ne requérait pas la prescription du médecin traitant, n’avoir pas choisi de médecin traitant les exposait néanmoins à une pénalisation financière. De là leur surprise de se voir appliquer des pénalités financières. D’autres auraient cru que l’accès à ces spécialistes exigeait le passage chez le médecin traitant et auraient renoncé à consulter les spécialistes en cause ([ex :ophtalmologistes ou gynécologues pour certains actes])(cela expliquerait, selon les syndicats des médecins concernés, une partie importante de la baisse constatée des honoraires de ces professionnels). »

Surtout, ce rapport rappelle que c’est avec la mise en place du « Dossier médical personnel » que le parcours de soin coordonné « prendrait tout son sens ». Or, le Haut-Conseil « s’inquiète de l’évolution de ce dossier, présenté comme élément stratégique de la loi du 13 août 2004 et des orientations retenues dans la phase actuelle de développement. » et signale qu’il « en débattra prochainement ». Le Haut Conseil rejoint en cela de nombreuses préoccupations de l’UNAF et du CISS.

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