UNAF - Allocation d’installation étudiante : un peu d’oxygène pour les familles des étudiants

Dépenses d’éducation

Allocation d’installation étudiante : un peu d’oxygène pour les familles des étudiants

23/08/2006

(Mise à jour du 28 août 2006)

Le ministre délégué à l’enseignement supérieur avait annoncé, à l’occasion d’une série de rencontres avec les syndicats étudiants, les 22 et 23 août 2006, la mise en place d’une allocation de rentrée universitaire de 200 euros.

Le 25 août 2006, le Premier ministre, au cours d’une allocution à l’Ecole nationale supérieure, a confirmé cette annonce : la mesure, nommée « Allocation d’installation étudiante » sera finalement d’un montant de 300 euros. « Elle sera destinée aux étudiants boursiers qui quittent pour la première fois le domicile de leurs parents. Elle leur permettra de faire face aux frais importants qu’ils doivent engager pour s’installer de manière autonome. Cette allocation concernera pour commencer 80 000 personnes environ qui touchent leur première allocation logement (...) et sera versée dès la première semaine de novembre. »

Par ailleurs, selon le journal La Tribune, serait à l’étude, pour le budget 2007 une exonération de taxe d’habitation, là aussi hors résidence universitaire.

Un premier pas pour soulager l’effort des familles des étudiants...

Permettre à ses enfants de suivre des études supérieures représente aujourd’hui un effort financier conséquent pour les familles. La plus grande part (40%) des revenus des étudiants est l’aide financière familiale, avant leurs propres salaires d’appoint (environ 1/3 de leurs revenus) et les aides publiques (de 23 à 27%) (Chiffres Eurostudent 2005).

La dépense est d’autant plus lourde à supporter lorsque l’étudiant vit hors le domicile familial, ce qui est le cas pour 42% d’entre eux. Un étudiant doit de surcroît de plus en plus, au cours de son cursus, changer plusieurs fois de résidence, les établissements offrant les spécialisations choisies ne se trouvant pas toutes au même endroit du territoire.

Le logement constitue un effort financier considérable. Seuls 16% des étudiants vivent en résidence universitaire (229 euros de dépense moyenne mensuelle, charges comprises), et 42% dans des logements indépendants non-étudiants, dont le coût moyen mensuel pour chaque étudiant est de 356 euros. Ceci peut plus que doubler les dépenses de l’étudiant, et s’y ajoutent les dépenses de transport vers le domicile de la famille .

L’enquête Budget de Famille 2001 de l’INSEE révélait ainsi dès 2001 que les aides financières aux 18-24 ans représentent un effort maximal et lorsque le ménage a au moins « un enfant décohabitant étudiant » [1]. Plus du tiers de l’aide versée concerne alors le logement et les charges qui y sont liées.

Il est donc appréciable que cette allocation de 300 euros concerne les étudiants « décohabitant » pour la première fois, même si elle ne touche qu’une population limitée. L’UNAF s’était félicitée de cette mesure qui répond au souhait formulé par le Président de la République le 14 juillet 2006, et fait suite à la mission du député Laurent Wauquiez sur les aides sociales aux étudiants, dans le cadre de laquelle l’UNAF avait été auditionnée fin 2005.

Les questions en suspens...

  • Sur l’allocation d’installation étudiante.L’annonce du Premier ministre précise bien qu’elle concernera « pour commencer 80 000 personnes qui touchent leur première allocation logement » . Ce qui signifierait que seuls les étudiants percevant une allocation logement pourraient y prétendre. Or, l’Allocation Logement à caractère Social (ALS) n’est pas, rappelons le, cumulable avec les allocations familiales. Dans le cas des étudiants de moins de 20 ans dont les parents ont au moins deux enfants à charge, le manque à gagner que représenterait la perte des allocations familiales incite à renoncer à l’ALS. Ce manque à gagner ne serait pas non plus compensé par cette allocation annuelle de 300 euros. Cette nouvelle allocation, en l’état, ne peut donc soulager ces familles comprenant un étudiant boursier, et dont les revenus sont pourtant très bas. Au-delà de ce premier pas, l’Unaf rappelle qu’elle souhaite qu’une telle allocation puisse aussi être versée au-delà du champ d’attribution des bourses ; les familles de condition sociale modeste, mais dépassant les plafonds d’octroi des bourses, ne peuvent supporter le coût d’un ou plusieurs enfants en enseignement supérieur.

  • Sur l’exonération de taxe d’habitation : Quid du financement de cette mesure ?

Soutenir l’effort des familles au-delà de la rentrée...

Une allocation de rentrée est un pas dans la bonne direction, mais malheureusement insuffisant pour réduire durablement le poids du financement des études supérieures dans le budget des familles. L’UNAF avait émis un ensemble de propositions sur ce thème lors d’une rencontre avec le ministre de l’éducation Gilles de Robien.

Il est indispensable d’appréhender le dossier du logement étudiant dans son ensemble. L’UNAF a notamment plusieurs fois proposé :

  • que le parc public dédié aux étudiants soit accru et rénové (comme le demandait déjà en 2004 le rapport du députe Jean-Paul Anciaux en 2004 sur ce thème). Les pouvoirs publics ont pris sur ce point des engagements qu’il est vital de respecter.
  • que le calcul des revenus de référence soit modifié pour l’octroi des aides au logement.
  • par ailleurs, elle souhaite que tous les étudiants, et non plus uniquement les boursiers, puissent bénéficier du Locapass qui permettent, à la rentrée, de ne pas avoir à verser un dépot de garantie conséquent, bien souvent directement financé par les parents.

La question du transport, elle aussi, est cruciale, en particulier celle du déplacement entre le domicile de l’étudiant et celui de sa famille. L’UNAF préconise ainsi :

  • le maintien du bénéfice de la carte Familles Nombreuses au delà de 18 ans.
  • et une modification des conditions d’éloignement dans le calcul des bourses

L’UNAF suivra attentivement les développements des mesures évoquées aujourd’hui, qui concernent tant les étudiants, que leurs parents, pour qui la formation de leurs enfants demeure la principale préoccupation.

[1Analyse dans « Entraide familiale, indépendance économique et sociabilité » / HERPIN, Nicolas ; DECHAUX, Jean-Hugues - Economie et statistique, 373, 2005.- pp. 3-32

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