UNAF - Débats en assemblée plénière les 14 et 15 novembre 2006 : développement / transports

Plénière

Débats en assemblée plénière les 14 et 15 novembre 2006 : développement / transports


20/11/2006

Lors des débats en assemblée plénière des 14 et 15 novembre 2006, le Conseil économique et social a adopté deux avis :

1. Les objectifs de développement du millénaire : quels financements innovants ?
Rapporteurs MM. Lemercier et de La Loyère. Deux sections étaient concernées : Relations extérieures et Finances.

2. Une nouvelle dynamique pour le transport intermodal
rapporteur M. Rosé au nom de la section des Economies régionales et de l’aménagement du territoire.


DECLARATION ECRITE DU GROUPE DE l’UNAF

1. Les objectifs de développement du millénaire : quels financements innovants ?

Le groupe de l’UNAF remercie Messieurs les Rapporteurs pour ce travail qui marque l’engagement de notre assemblée dans la mobilisation internationale contre la pauvreté, décrétée solennellement en 2000. Malgré quelques signes d’amélioration, la pauvreté reste cruellement présente pour plus d’un milliard de personnes dans le monde, avec son cortège de maladies, de souffrances, de violences, de désespérance et de vies brisées. Et, plus scandaleux encore s’il est possible, la faim et la malnutrition continuent même à s’aggraver dans certaines régions vulnérables.

Pour éviter « l’enfermement dans un destin sans issue » de ces pays et manifester la solidarité de destin entre tous les pays du monde, l’avis affirme clairement que la « Déclaration du Millénium » a acquis aujourd’hui « la force contraignante d’un impératif planétaire ». Le groupe de l’UNAF souscrit à cette affirmation.

L’avis propose d’aller bien au-delà des quelques efforts réalisés ici et là. Notre assemblée doit appeler la communauté internationale, à commencer par notre pays lui-même et l’Union européenne dans son ensemble, à se donner effectivement les moyens de ses engagements, notamment en portant le montant de l’aide publique au développement au niveau projeté de 0,7 % et en impulsant des actions concrètes réalistes pour atteindre les objectifs de réduction de la pauvreté.

Le groupe de l’UNAF soutient cette demande comme l’invitation pressante de trouver, au-delà des engagements budgétaires de chaque Etat, des financements complémentaires, et d’inventer des solutions originales et incitatives pour faire face aux besoins urgents en matière d’alimentation, d’éducation et de santé, conditions nécessaires et prioritaires d’un développement effectif des pays concernés.

C’est le sens des propositions de l’avis qui examine de façon pertinente les conditions de mise en œuvre, afin d’atteindre l’objectif recherché de crédibilité du montant et de sa pérennisation. L’UNAF partage ces analyses et propositions, même si on peut remarquer que seule l’origine des fonds est innovante, les mécanismes de collecte et d’affectation restant « classiques ».

Elle rejoint également le souci de rendre l’aide plus efficace, par un renforcement des contrôles, par une meilleure coordination entre les bailleurs et par le choix d’interventions plus ciblées. Elle partage la préoccupation d’aider les pays bénéficiaires à ne pas rester consommateurs d’aides, mais à devenir eux-mêmes acteurs de leur propre développement, en associant les composantes de leur société civile.

Le groupe de l’UNAF regrette cependant que l’avis ne s’engage que trop timidement dans la revendication d’un meilleur suivi de l’efficacité opérationnelle des aides accordées.

« L’appel au réalisme et au pragmatisme » en la matière ou à plus de cohérence entre les bailleurs et de cohésion dans les actions retenues, formulé dans l’avis, ne donne qu’un faible contenu à la « vigilance » prônée. De plus, l’avis ne parvient pas à dépasser les hésitations entre la pertinence des niveaux d’intervention bilatérale et/ou multilatérale, sans situer la coopération européenne.

Enfin, la dernière proposition est un appel à la mobilisation de l’opinion publique. Si le groupe de l’UNAF partage volontiers cette proposition, il regrette qu’elle ne soit abordée qu’en fin de réflexion, alors que l’avis a, auparavant, parmi les sources de financement à valoriser, souligné l’intérêt des contributions volontaires susceptibles d’être mises en œuvre par les ONG, l’apport non négligeable des transferts financiers en provenance des migrants vers leur pays d’origine, ou l’importance de dispositifs financiers innovants comme ceux du micro-crédit.

N’eût-il pas été plus percutant de souligner qu’au-delà du renforcement des politiques publiques d’aide au développement assurées par les Etats et les gouvernements, c’est bien la mobilisation des sociétés civiles qui peut offrir les espaces d’initiatives et d’innovations à la hauteur des défis à relever ? Les exemples ne manquent pas de dispositifs valorisant l’engagement solidaire à dimension humaine (en particulier des jeunes soutenus financièrement par leur famille, qui s’engagent dans des actions de développement), et l’avis souligne combien ces actions s’accompagnent d’exigence renforcée de transparence et d’évaluation de l’utilisation des fonds ainsi réunis.

En dépit d’une certaine déception, puisque, somme toutes, les propositions contenues dans cet avis restent assez conventionnelles par rapport au constat d’urgence impérieuse formulé en ouverture, le groupe de l’UNAF s’associe à cette démarche et a voté favorablement l’avis.

2. Une nouvelle dynamique pour le transport intermodal

Le concept d’intermodalité est né aux Etats-Unis dans les années cinquante. Il se caractérise par l’intégration de différents modes de transport (routier, ferroviaire, fluvial, maritime, et aérien), au niveau de l’infrastructure et des matériels, comme des services, de la réglementation et de la tarification. En France, après avoir connu une forte croissance entre 1993 et 1997, et alors que le trafic routier ne cesse de croître, le trafic combiné enregistre depuis plusieurs années un recul constant.

Les entreprises du secteur des transports ont subi une pression extérieure puissante résultant d’une prise de conscience européenne des risques écologiques du transport routier. Or, les systèmes de transport contemporains et les politiques dont ils font l’objet devraient être examinés sous l’angle de leur rapport au développement durable. C’est donc une nouvelle représentation du transport multimodal qui doit être retenue, dans une vision de prospective intégrant le développement durable, dans le respect de l’environnement et des futures générations.

Le développement de l’intermodalité sera facilité par la régulation des conditions de concurrence, et notamment par le respect des règles sociales et de sécurité. Le Groupe de l’UNAF approuve la proposition de l’avis en faveur de l’élaboration d’un droit intermodal européen pour l’acheminement au sein de l’Union européenne d’une unité de chargement intermodal, soumise à un seul et même régime.

Il aurait toutefois souhaité qu’une réflexion soit également conduite sur les possibilités de transport aérien de fret.

Ce développement des modes de transport a des conséquences humaines, notamment sur la vie des familles. Celles-ci sont interpellées par les conditions d’emploi et de travail des personnels de la batellerie, du chemin de fer et des transports routiers, pour lesquels les contraintes professionnelles sont difficilement conciliables avec la vie de famille.

Les citoyens sont plus directement concernés par :

  • une politique de transport mieux adaptée aux exigences modernes de l’aménagement du territoire par le développement de centres d’échanges multimodaux, sur l’ensemble du territoire. Cela peut contribuer à renforcer des polarités de développement, en fixant des industries, des services, et en innervant les espaces régionaux proches, en suscitant des emplois dans les entreprises assurant l’amont ou l’aval du transport, et en rapprochant l’utilisateur des zones d’échanges de flux.
  • une gestion des flux plus en accord avec les contraintes actuelles ou prévisionnelles de l’environnement, dans l’esprit du développement durable. Le transport combiné appelle une harmonisation des conditions d’organisation des échanges et devrait permettre une meilleure prise en compte des coûts externes, notamment en matière d’environnement.
  • une meilleure prise en compte de la sécurité et des nuisances sonores. Le problème se pose avec acuité dans les grandes villes et les voies de contournement. Le transport combiné devrait permettre une gestion plus rationnelle des flux et une amélioration des conditions de vie des personnels concernés.

Pour terminer, il convient d’insister sur la nécessité de concevoir le développement du transport intermodal dans une prospective à long terme et non pas à moyen terme. En effet, les orientations et décisions prises aujourd’hui ne seront applicables que dans une vingtaine d’années, comme par exemple les transports fluviaux par canaux, nécessaires à l’acheminement des matières lourdes.

Le groupe de l’UNAF a voté l’avis positivement.

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