UNAF - Débats en assemblée plénière les 9 et 10 janvier 2007

Conseil économique et social

Débats en assemblée plénière les 9 et 10 janvier 2007


15/01/2007

Réuni en assemblée plénière les 9 et 10 janvier 2007, le Conseil Economique et social a adopté un avis sur : « le tourisme, perspective d’avenir de l’outre-mer français », présenté par Cécile Felzines au nom de la Section du Cadre de vie.

DECLARATION ECRITE DU GROUPE DE l’UNAF

Le groupe de l’UNAF félicite la rapporteure pour ce travail excellent, réalisé sur les perspectives d’avenir du tourisme de l’outre-mer français.

Il apparaît clairement que l’évolution de ce secteur économique constitue un enjeu essentiel, certes, pour les territoires et les populations concernées, mais aussi pour l’ensemble du pays. L’avis le met parfaitement en évidence. Cela aurait peut-être mérité d’être énoncé encore plus nettement en préambule, compte tenu des efforts incessants et continus que la collectivité nationale consent, et qui sont rappelés dans cette introduction.

Ceci n’est pas une critique ni une remise en cause de ces efforts : que nos amis de l’outre-mer se rassurent. Il ne s’agit donc pas tant d’adapter une politique nationale à la volonté locale, mais de mettre en œuvre dans ce secteur comme dans d’autres, une véritable politique de décentralisation. La politique déployée au fil des ans pour le tourisme en est la démonstration éclatante.

Cela signifie que nous avons, non seulement à tenir compte, comme le propose l’avis avec pertinence, des spécificités géographiques, économiques, sociales, culturelles locales, mais aussi du statut institutionnel adopté par les populations de ces territoires. Cela implique une gradation des droits et des devoirs réciproques entre communauté nationale et institutions locales, entre acteurs économiques et sociaux de ces territoires et leurs instances nationales. Telle est notre première remarque.

Il y a donc nécessité d’une véritable vision stratégique dans le secteur du tourisme de la part des populations et des autorités locales dont vous montrez qu’elle est absente dans la plupart de ces territoires, sauf exception. La méthode contractuelle prend alors tout son sens, surtout en matière touristique, car elle implique une responsabilité réciproque et non perpétuellement une attitude de négociation souvent conflictuelle.

Notre deuxième observation veut souligner l’effort central encore à conduire de formation qualifiante au bénéfice de l’ensemble de la filière touristique. Le groupe de l’U.N.A.F. aurait souhaité que ce chapitre soit plus longuement développé, car les propositions faites paraissent devoir être reprises en totalité et leur mise en œuvre considérée comme prioritaire.

Non seulement les professionnels du tourisme y trouveront leur compte, mais encore, il s’agit d’un levier puissant pour offrir aux jeunes, à tous niveaux de formation, des perspectives de carrière et ainsi consolider le tissu social et familial. L’U.N.A.F. insiste pour que l’Etat, les collectivités, les partenaires sociaux mettent en œuvre dans les prochains mois les propositions formulées. La convention-cadre que vous évoquez doit être, pour avoir toute son efficacité, élaborée et signée par les trois parties. Il convient de préciser que l’U.N.A.F. et les UDAF, comme tous les Mouvements familiaux (dont l’Union des Maisons Familiales rurales et d’autres), sont prêts à participer aux réflexions et à développer leurs efforts en ce sens.

Enfin, le groupe de l’U.N.A.F. veut souligner une fois de plus, la dimension familiale dans la mise en œuvre de la politique touristique. Les richesses culturelles de chacune de ces collectivités ultra-marines sont encore largement sous-exploitées. Or, leur mise en valeur raisonnée est l’une des clefs du renouveau et de l’essor d’un tourisme à la fois intelligent et rentable dans ces territoires. C’est vrai en métropole, c’est encore plus vrai en Guyane ou à Wallis et Futuna.

Ces richesses trouvent leurs racines comme leur expression dans chacune des familles vivant dans ces régions qui nous sont chères. L’éclatement des familles, leur dispersion presque obligée et contrainte, ne cessent d’appauvrir ce patrimoine au lieu de le renouveler. Ce n’est ni à l’école, ni dans les milieux professionnels, que l’on recréera les conditions favorables à la renaissance, par exemple, d’une petite hôtellerie conviviale et accueillante que l’avis appelle de ses vœux.

Aussi, ne peut-on pas parler des questions posées par les allers et retours des « domiens » sous le seul angle des transports et des liaisons aériennes. Il faut se préoccuper de l’accueil des jeunes, souvent appelés à quitter très tôt leur environnement familial, de leur insertion, mais aussi de l’image que l’on donne de leurs régions d’origine. Sinon, ils versent soit dans le mépris de leurs origines familiales, soit dans le rejet de la métropole. Afin de pallier aux sentiment d’incompréhension, parfois d’hostilité, il convient de recréer de vrais liens par les familles entre métropole et populations de ces territoires. C’est sans doute en changeant notre regard réciproque que nous jouerons notre meilleur atout concurrentiel par rapport aux régions étrangères voisines de chacune de ces collectivités d’outre-mer.

Le groupe de l’UNAF a voté favorablement l’avis.

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