UNAF - François Bayrou

François Bayrou


24/04/2007

Il appartiendra au futur gouvernement de mettre en œuvre des campagnes d’information, pour alerter les opinions publiques sur les dangers d’Internet mais aussi généraliser les permanences téléphoniques pour permettre le signalement de contenus préjudiciables et le dépôt de plainte, et, enfin, favoriser la mise en place d’un numéro vert européen accessible à tous.

Il est temps, par ailleurs, que les hébergeurs offrent des logiciels parentaux simples d’utilisation, des abonnements à des services d’accès spécifiquement dédiés aux enfants avec un filtrage automatique à la source effectué par le fournisseur lui-même car les enfants sont confrontés de plus en plus jeunes aux informations et aux images véhiculées par la toile.

Je propose par exemple d’étudier la création d’un nom de domaine (. KID) exclusivement réservé aux contenus pour enfants. Enfin, des kits d’information sur les risques d’Internet devraient être systématiquement distribués aux enfants et aux parents à chaque rentrée scolaire.

Mais, la protection de l’enfance contre la tyrannie des images télévisuelles passe également par l’école, par des campagnes de prévention, et par l’éducation des parents.

Il est à l’évidence des films, des émissions, des jeux vidéo et des sites dont le seul « attrait » est la violence exacerbée, qui ne jouent que sur la fascination de l’instinct de mort, véhiculent souvent une image dégradée de la femme. Il faut en protéger l’enfance, les interdire quand l’intolérable est franchi.

L’école doit enseigner à en discerner les ressorts pervers. Elle doit non seulement apprendre à décrypter l’image et savoir s’en libérer mais encore ne pas céder sur l’essentiel, même si c’est difficile : donner le goût de la lecture, de la découverte, ouvrir à la beauté.

Le problème majeur est celui de ces enfants laissés en jachère par des parents en grande difficulté, dépassés - souvent des mères isolées, débordées. Enfants soumis à la tyrannie de l’audiovisuel, enfants sans repères à qui personne ne fixe de limites. Je prône de vigoureuses campagnes de prévention contre les dangers de la consommation d’images et de messages violents et destructeurs.

Je pense que partout où cela est nécessaire, il faut bâtir une école des parents, en utilisant tous les ressorts du tissu associatif et des mouvements d’éducation populaire.

Une dimension de protection de l’enfance est nécessaire. Cette démarche de protection n’a de sens que si elle est fortement articulée et surtout ancrée dans des politiques de l’amont, en matière d’offre de programmes de qualité pour les publics jeunes, d’anticipation et de prévention, en un mot d’éducation.

Il faut mobiliser les décideurs politiques, les éditeurs privés indépendants et les citoyens et peser sur les orientations du CSA et des directions des programmes. Nous nous sommes d’ailleurs déjà attelé à protéger les mineurs utilisant la télévision mobile personnelle en prévoyant un cryptage des contenus auxquels ils peuvent accéder lors de la discussion du texte sur la Télévision du futur. À l’heure où 95 % des 15-25 ans disposent d’un mobile, il est évident qu’ils feront partie des premiers utilisateurs.

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