UNAF - Avis sur la sécurisation des parcours professionnels

Débats au Conseil Economique et Social

Avis sur la sécurisation des parcours professionnels


05/06/2007

Le Conseil Economique et Social, réuni en assemblée plénière les 29 et 30 mai 2007, a adopté un avis sur « La sécurisation des parcours professionnels », rapporteure Edith Arnoult-Brill au nom de la section du Travail.


DECLARATION ECRITE DU GROUPE DE L’U.N.A.F.

Le Groupe de l’UNAF remercie la Rapporteure, Mme Edith ARNOULT-BRILL, pour le courage, l’audace et la ténacité dont elle a fait preuve tout au long des travaux, pour traiter la question sensible de « la sécurisation des parcours professionnels » qui, par ailleurs, fait l’objet de négociations entre les syndicats et les organisations patronales.

Le Groupe de l’UNAF souhaite tout d’abord souligner quatre points importants de convergence.

1.- Tout d’abord, il approuve le fait d’avoir ouvert ce concept de sécurisation professionnelle à une globalité des situations de chaque personne, inscrite dans un parcours de vie. Pour l’UNAF, c’est cette vision qui rend l’avis si intéressant et novateur dans les réponses qu’il tente d’apporter. Un parcours de vie avec tous ses aléas : des enfants qui ont du mal à décrocher leur premier emploi ; des femmes qui souhaitent consacrer un peu de temps à l’enfant qui vient de naître, ... L’avis affirme avec raison que l’avenir passe par une nouvelle philosophie du rapport de chacun au travail.

2.- Le deuxième point que nous souhaitons aborder concerne justement les conséquences des périodes de rupture et les retours après l’exercice des droits à congés. Toute personne au cours de sa vie peut être contrainte de cesser provisoirement ses activités (maladie, congés de maternité, enfant handicapé, accident ou longue maladie, accompagnement d’un parent âgé, ...), ou choisir de faire une pause pour répondre à des aspirations personnelles liées à la vie familiale ou à la vie sociale. Nous apprécions la référence au congé de paternité qui a favorisé la place du père dans l’accueil du bébé. L’avis souhaite une évolution des mentalités et des comportements pour une gestion maitrisée des parcours professionnels en considérant la prise de congés comme une opportunité, en anticipant les conditions de retour dans l’entreprise, ou sur le marché de l’emploi. Le groupe de l’UNAF soutient la proposition d’une clarification de l’ensemble des congés spécifiques existants.

3.- Le troisième point concerne l’orientation. Pour l’UNAF, notre société ne peut repousser une nouvelle fois une réforme, voire une révolution, dans l’organisation de la formation des jeunes et de leur orientation. Nous soutenons totalement l’avis lorsqu’il affirme que « l’orientation n’est pas assez pensée à long terme dans le système actuel, que ce soit en termes d’orientation initiale ou tout au long de la carrière en cas de réorientation. »

Dans ce dispositif de formation et d’orientation que définit l’avis, nous apprécions que la personne -le jeune-soit placée au centre de ce nouveau système, en lien avec tous les autres acteurs : équipes éducatives, entreprises. Il convient de rectifier un oubli : les parents, les familles, ceux qui sont en première ligne pour soutenir et aider les choix des jeunes, doivent eux aussi être acteurs de ce nouveau système.

4.- La dernière remarque sur les propositions de l’avis porte sur les droits transférables. Nous soutenons pleinement l’avis sur cette question, car si nous ne voulons pas que ce concept de sécurisation des parcours professionnels ne soit qu’une philosophie, une démarche, en un mot une simple coquille vide, il faut concrétiser rapidement dans certains secteurs d’activité publics ou privés, les droits transférables, permettant ainsi d’encourager la mobilité entre eux. Il faut que ces droits soient attachés à la personne et qu’ainsi, ils la suivent, quel que soit son parcours, changement d’employeur ou période de chômage. Dans cette continuité de droits, nous y incluons, comme le fait l’avis, le Droit Individuel à la Formation, la protection sociale complémentaire et la prévoyance, ce dernier point étant, pour le groupe de l’UNAF, indispensable pour une sécurisation plus large englobant toute la famille.
Enfin, nous souhaiterions revenir sur les conditions de travail et de réflexion de notre section. Ce thème de la sécurisation des parcours professionnels aurait pu être abordé avec les analyses exclusives des partenaires sociaux, mais c’était sans compter sur le sens du débat et la lucidité de l’approche globale de notre rapporteure.
L
’UNAF apprécie que l’avis aborde la question sous l’angle tout à fait novateur du parcours de vie de chaque citoyen, afin que l’ensemble des acteurs de la société civile soit concerné.

Nous n’étions pas là uniquement pour trouver des solutions innovantes dans le dialogue social à l’intérieur de l’entreprise, nous voulions aborder la question de la sécurisation des parcours pour formuler des solutions qui changent en profondeur et tout le long de la vie, les relations entre les salariés et l’ensemble des acteurs ou institutions concernés.

En effet, notre assemblée, à la demande du Premier Ministre, a émis en novembre 2006, un avis sur « le dialogue social » qui énonce notamment : « C’est en ce sens que notre assemblée considère qu’à certains moments, et dans certains lieux, identifiés, en présence ou sous la responsabilité des pouvoirs publics, le dialogue social va au-delà des intérêts convergents ou divergents entre employeurs et salariés, sans pour autant se confondre avec la notion de dialogue civil. Pour consolider le dialogue social, il apparaît donc nécessaire de favoriser la participation autre que les partenaires sociaux. »

C’est malheureusement cet esprit-là que nous aurions voulu voir s’imposer dans notre section. Nous déplorons certains blocages sur cet avis, mais dans l’avenir nous devrons confronter nos points de vue afin de bâtir un dialogue social prenant en compte l’ensemble des acteurs.
Le groupe de l’UNAF a voté positivement l’avis, même s’il regrette qu’un certain nombre de propositions pertinentes et audacieuses soient passées à la trappe du consensus, car justement son cadre ne se limite pas à l’entreprise.

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