UNAF - Avis sur « Sécurité routière et circulation »

Débats au Conseil Economique et Social

Avis sur « Sécurité routière et circulation »


12/06/2007

Intervention de l’U.N.A.F. lors de la session plénière du C.E.S. des 12 et 13 juin 2007 sur l’avis présenté par Philippe DA COSTA sur le thème : « Sécurité routière et circulation : la responsabilité des différents acteurs ».

DECLARATION ECRITE DU GROUPE DE L’U.N.A.F. (annexée au Journal Officiel)

Véritable fléau des temps modernes, la violence routière affecte tous les pays et concerne chacun d’entre nous. Le groupe de l’U.N.A.F. remercie le Rapporteur, M. Philippe DA COSTA, d’avoir traité avec réalisme la question de « la sécurité routière et la circulation », problème majeur de société qui touche de plein fouet nos jeunes et leurs familles.

En abordant la question sous l’angle de « la responsabilité des acteurs », l’avis souligne d’une part leur nombre et leur diversité, d’autre part les difficultés à établir des passerelles entre eux. La lecture de ce document donne une vision globale de la sécurité routière. L’implication de l’Etat apparaît déterminante. Relayée au niveau départemental et local, la mise en œuvre de la politique de sécurité routière, est satisfaisante. Son appropriation par les élus locaux répond aux attentes des associations et des familles.

Le groupe de l’UNAF insistera plus particulièrement sur quatre points :

1°/- La construction des véhicules. A l’exemple du barème « voitures citoyennes » comportant des critères de qualité tels que la sécurité des occupants, nous constatons que les constructeurs sont très attentifs au respect d’une démarche qualité. Cependant, il y a encore des disparités entre petits et gros véhicules. Comme l’avis, nous déplorons que « l’agressivité extérieure des véhicules tende à s’accroître », au détriment des autres véhicules, des cyclistes et des piétons.
Par ailleurs, s’agissant de la carte « famille nombreuse », le groupe de l’U.N.A.F. souhaite que les négociations entre l’Etat et les constructeurs se poursuivent et aboutissent, afin que les familles nombreuses puissent bénéficier d’équipements et d’aides spécifiques, adaptés à la taille de la famille.

2°/- Les comportements des citoyens, notamment :
o Les campagnes de communication : Elles doivent être les plus larges possible et s’adresser à l’ensemble de la population : enfants, jeunes, parents, grands-parents. Certes, les jeunes sont en proportion les victimes les plus nombreuses, mais les publics plus âgés, les piétons, les cyclistes doivent également être sensibilisés en permanence !
o Le respect des règles et des limitations de vitesse : les contrôles, l’installation de radars, se sont multipliés ces dernières années et ont un réel impact. Cependant le comportement de certains conducteurs, nous encourage à proposer la généralisation de contrôles inopinés avec des radars mobiles là où existent de véritables dangers !
o Mais aussi : Une plus grande pédagogie pour une meilleure compréhension : nous pensons que l’effort de pédagogie des forces de l’ordre est à encourager pour que lors d’une verbalisation, le conducteur comprenne ce qui lui est reproché.
Et surtout, concernant la consommation d’alcool, de drogues et de médicaments, il est important d’engager une véritable concertation entre les pouvoirs publics, les producteurs d’alcools et de vins, les associations. La consommation de ces produits, chez les jeunes en particulier, est un sujet préoccupant.
Nous demandons que l’Etat prenne des engagements afin de réglementer la vente des « prémixtes », aujourd’hui en vente libre, et de sensibiliser les parents et leurs enfants dès leur plus jeune âge aux dangers de l’alcool, des drogues et des médicaments.

3°/- Le troisième point concerne le continuum éducatif tout au long de la vie. Le Code de la route fait partie des enseignements obligatoires de l’Education nationale. Toutefois, pour les familles, la sécurité routière doit faire partie du quotidien.
Il est important de porter les efforts sur la prévention et de faire entrer la sécurité routière dans la vie sociale et culturelle. A chaque temps fort de la vie, doit correspondre un acte de sensibilisation, afin d’évaluer ses propres connaissances et vérifier ses capacités à utiliser l’espace commun. A ce titre, les actions de proximité menées par les associations, à l’exemple de Familles Rurales auprès des aînés, des jeunes et des enfants, sont à encourager.

4°/- Dernier point : le rôle des familles. Il convient de souligner l’importance du rôle joué par les familles en matière de prévention de la violence routière. La famille est en effet le premier lieu de transmission des valeurs et des repères. Les parents sont les éducateurs privilégiés de leurs enfants par l’exemple quotidien qu’ils leur donnent. En effet, l’apprentissage des règles passe par l’exemple : le comportement des parents sur la route conditionne fortement celui de leurs enfants. La sensibilisation des familles, la prévention et l’information sont donc indispensables pour les inciter à changer de comportement, afin d’instaurer une véritable culture de la sécurité routière.

Le groupe de l’UNAF insiste tout particulièrement sur l’importance de la conduite accompagnée dans l’apprentissage de la conduite et nous partageons la préoccupation de l’avis de voir « les parents incités à y recourir plus souvent ! » Il conviendrait en ce sens d’harmoniser et de renforcer la politique actuelle d’aide financière aux familles et aux jeunes pour l’accès au permis de conduire.

En conclusion : Développer la sensibilisation de tous les acteurs de la sécurité routière sur l’ensemble du territoire, par des actions variées en direction des familles, semble un bon moyen pour réduire encore le nombre d’accidents. La généralisation des « maisons de la sécurité routière dans les départements » peut y contribuer en créant une dynamique sécurité routière entre tous les acteurs impliqués au niveau local.

Le groupe de l’UNAF s’est exprimé en faveur de l’avis.

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