UNAF - Internet plus sûr pour les enfants ?

Enquête qualitative

Internet plus sûr pour les enfants ?


20/08/2007

La commission Européenne vient de rendre publique une enquête qualitative sur les enfants et les nouveaux médias

Cette enquête d’envergure a été réalisée simultanément dans chacun des 27 pays membres de l’UE, ainsi qu’en Norvège et ’Islande auprès de quatre groupes de 6 à 10 enfants (garçons et filles de 9 à 10 ans, filles et garçons de 12 à 14 ans (soit au total 118 entretiens de groupe et plus de 900 enfants participants).

L’enquête doit permettre de mieux appréhender

  • les usages d’Internet et du téléphone mobile par les enfants
  • leur comportement en ligne
  • leur perception des questions de risques et de sécurité

Un rapport national de l’étude a été réalisé pour chaque pays. La synthèse européenne et l’enquête menée en France sont disponibles sur le site de la commission européenne :
http://ec.europa.eu/information_society/activities/sip/eurobarometer/index_en.htm

Le volet français de l’enquête fait ressortir les points suivants (extraits du rapport national en Italique)

  • Internet est avant tout un outil d’information, de jeu mais aussi de communication notamment pour les 12-14 ans qui utilisent largement toutes les capacités de mise en relation et d’élargissement de son univers (expression de soi, réseau plus large de contacts, partage de passions). Les plus jeunes en ont en revanche une utilisation plus solitaire.
  • Pour les plus jeunes, le téléphone portable se situe dans un autre registre puisqu’il demeure d’abord un lien permanent avec les parents, un cordon qui protège et rassure. Pour les plus âgés, le téléphone portable permet de démultiplier les possibilités de communication : téléphone, sms, échanges de photos-vidéos...
  • L’apprentissage d’Internet est souvent évoqué comme solitaire, peu encadré par les adultes, en particulier pour les garçons. L’apprentissage par les pairs notamment chez les 12-14 ans et l’initiation scolaire sont également évoqués. L’aide des parents apparaît avant tout occasionnelle.
  • Le rôle des parents apparaît à un autre niveau : pour la plupart des enfants, ce sont les règles familiales qui dictent l’utilisation d’Internet et du portable. Il s’agit en premier lieu de limiter le temps de connexion, notamment par la nécessité de concilier la vie familiale, scolaire et d’autres activités physiques ou intellectuelles. Pour les plus jeunes, en particulier les filles, les parents valident les sites fréquentés et parfois utilisent les contrôles d’accès. Le contrôle (temps et usage) est globalement renforcé lorsque l’ordinateur n’est pas personnel et est situé dans un espace collectif du logement.
  • Les enfants sont en grande majorité bien conscients des principaux risques en ligne notamment via Internet. Sont évoqués spontanément le risque :
  • d’accéder à des contenus choquants (horreur, violence, pornographie) sur des sites visités ou arrivés de façon inattendue pendant une consultation ;
  • d’un contact avec un inconnu, de menaces : racket, cambriolage, pédophilie ;
  • de virus et piratages, surtout ressentis par les garçons
  • Les risques inhérents au téléphone mobile sont en revanche moins bien perçus et n’est souvent évoqué que le risque de vol.
  • Cette bonne connaissance des dangers potentiels d’Internet se retrouve dans l’analyse des réactions à la présentation lors de l’enquête de différents risques et problèmes. Les enfants apparaissent également lucides sur les précautions à prendre et les bonnes attitudes à observer face à ces risques.
  • Sur la véracité de l’information, tous ressentent une forte proportion d’information fausse (de l’ordre de la moitié des recherches). Pour les enfants, l’information doit être traitée, vérifiée, complétée, comparée. Ainsi, malgré l’intérêt de l’outil notamment dans le cadre des devoirs scolaires on constate une utilisation non systématique par les jeunes de 12-14 ans ! Pour les enfants, la réponse passe par des précisions systématiques sur les émetteurs des pages pour s’assurer de la justesse d’information et le développement de sites de consultation crédibles pour l’information scolaire recherchée.
  • Concernant les contenus choquants, le risque apparaît relativement fréquent, beaucoup d’enfants semblant avoir expérimenté cette situation. La réaction dominante a été de fermer immédiatement la page. Pour les enfants, la difficulté provient avant tout du manque de transparence, du mélange des genres : des sites fréquentés par hasard et qui sont peu explicites dans leur descriptif, des sites ouverts aux jeunes qui montrent des extraits adultes, des publicités, photos violentes de l’actualité. Pour les enfants, l’amélioration passe par une clarification des contenus : intitulés de sites qui avertissent clairement sur le contenu, absence de contenus illégitimes incrustés dans des sites d’ enfants.
  • Pour les contacts dangereux l’étude constate l’efficacité de la communication opérée sur ce thème, via les médias, les enseignants, les parents. Pour les enfants, la réponse est d’ordre comportemental : ne pas donner d’informations personnelles, coordonnées et photos, ne pas aller à un rendez-vous avec un inconnu, être plus sélectif sur Internet.
  • Le téléchargement est une pratique très courante chez les enfants. La plupart d’entre eux n’ignorent pas qu’ils peuvent être dans l’illégalité. La dimension morale semble peu intégrée et la pratique se justifie par la généralisation dans l’entourage adulte, des consignes sur les sites peu explicites, un préjudice restreint en l’absence d’exploitation commerciale, une offre sur le marché qui semble trop onéreuse.
  • La plupart des jeunes estiment être en mesure de résoudre personnellement une situation de risque et l’information des parents n’intervient qu’en cas de menace sérieuse. Les jeunes appréhendent la réaction des parents et de leurs réponses : remise en question de la propre utilisation d’Internet par le jeune, contexte d’utilisation d’Internet plus réglementé. Néanmoins, les proches, copains pour les 12-14 ans, parents pour les plus petits, semblent les interlocuteurs naturels.
  • Les interlocuteurs externes, non intimes, sont peu crédibles notamment si le risque est perçu comme secondaire ou que le jeune a le sentiment qu’un comportement adapté peut être suffisant :
  • la police n’est envisagée qu’en cas de menace grave et les garçons sont sceptiques sur sa réactivité et prise en compte de la demande d’assistance ;
  • les enseignants sont lointains, ne sont pas des proches-intimes, et leur information pourrait altérer la relation scolaire. Ils ne sont crédibles que pour un incident survenu dans le cadre scolaire ;
  • le numéro spécial semble préférable car il privilégie l’anonymat.

En définitive, l’existence d’un bouton d’alerte serait positive pour prévenir immédiatement le responsable des sites du comportement anormal d’un membre (jeu, forums, chats, MSN..).

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