UNAF - Audition de l’UNAF sur le projet de loi de finances pour 2008 sur : « Enseignement scolaire »

Audition

Audition de l’UNAF sur le projet de loi de finances pour 2008 sur : « Enseignement scolaire »

08/10/2007

L’UNAF a été auditionnée le mercredi 26 septembre 2007 par Frédéric Reiss, Député du Bas-Rhin, 8e circonscription, qui souhaite consacrer la partie thématique de son avis budgétaire au rôle, à la place et à la formation des conseillers d’orientation-psychologues. Voilà ci-après les positions de l’UNAF.

MERCREDI 26 SEPTEMBRE 2007

DOCUMENT REMIS LORS DE L’AUDITION UNAF PAR FRÉDÉRIC REISS, Député du Bas Rhin Rapporteur pour l’enseignement scolaire du PLF 2008 à la Commission des affaires culturelles, familiales et sociales de l’Assemblée nationale.

Thème de l’avis budgétaire : « Rôle, à la place et à la formation
des conseillers d’orientation-psychologues »

« L’orientation scolaire en France a mauvaise presse : elle reste vécue comme un ensemble de procédures visant à limiter l’initiative et les choix des élèves et des familles, au bénéfice d’une logique gestionnaire de contrôle et de planification des flux des élèves dans le système éducatif » (INRP - Mars 2007).

Ajoutons à ce constat que 80.000 jeunes sortent chaque année sans diplôme de l’enseignement supérieur et que les sorties du système scolaire sans qualification s’échelonnent de 110.000 à 170.000 par an selon le mode de calcul retenu.

Jean Paul CAILLE montre, en 2005, que l’orientation en fin de troisième et de seconde est davantage subie que choisie pour quatre jeunes sur dix. Moins de la moitié considèrent avoir été bien informés par les enseignants et les conseillers d’orientation. Près du quart d’entre eux jugent leur niveau scolaire insuffisant pour obtenir l’orientation recherchée. Parmi les 27 % qui ont vu leur vœu refusé, un sur trois estime la décision du conseil de classe injuste.

En premier lieu, nous exposerons le point de vue de l’UNAF sur l’orientation. Puis nous évoquerons quelques constats. Enfin, nous suggérerons quelques propositions pour améliorer l’existant.

PRINCIPES

Chaque jeune doit trouver sa place dans la société. Chaque jeune a ses goûts, ses aptitudes mais aussi ses ambitions et celles que ses parents ont pour lui. Le chemin à suivre pour aboutir à la vie professionnelle comporte des voies multiples et semées d’imprévus.

Le processus d’orientation scolaire doit commencer dès le plus jeune âge par une éducation au choix puis par une ouverture à la connaissance des métiers et, enfin, par la détermination de la voie qui conduira le jeune après la fin des études obligatoires.

Pour l’UNAF, l’orientation scolaire représente la mise en équation de divers éléments concernant un jeune (aptitudes, goûts, ambition, résultats scolaires), pour trouver le chemin le mieux adapté pour élaborer un projet de vie intégrant les aspirations professionnelles et le réaliser.

CONSTAT

Du côté des élèves

Les élèves ont besoin de s’interroger sur leurs motivations, leurs désirs, leurs possibilités. Nous devons les accompagner dans cette démarche. Les familles soulignent l’importance de la rencontre du jeune avec différents adultes qui l’entourent. De même, les familles soulignent l’importance de la découverte de situations professionnelles dans les entreprises.

En classe de troisième, le module de découverte professionnelle n’est proposé qu’en option. Pourtant, tous les jeunes devraient à un moment de leur scolarité, suffisamment tôt, se poser la question de leur avenir professionnel sans pour autant faire un choix.

Du côté des familles

De nombreuses informations circulent. Un travail considérable est effectué par l’ONISEP (Office national d’information sur les enseignements et les professions). Cependant, lorsque nous interrogeons les familles sur la question de l’orientation, elles insistent sur leur manque d’information. Le problème ne se situe pas au niveau d’un manque d’information mais de mise en perspective de cette information. L’information n’a de sens que si elle est mise en relation avec un projet.

Les dispositifs de formation paraissent extrêmement complexes, incompréhensibles, voire même illisibles pour les non initiés. Les familles ressentent une grande confusion pour déterminer les responsabilités de chacun.

En outre, quel rôle tient la famille dans les dispositifs de formation ? Quelles sont les responsabilités de l’entreprise, de la région et de l’État ? Les transferts de compétences envers les régions obscurcissent encore davantage la situation. Certes, le transfert de compétence est une bonne solution car plus les décisions sont prises à proximité du terrain, plus elles s’avèrent efficaces et cohérentes. Toutefois, les personnes non expertes se perdent dans les méandres du système des offres de formation. Les dispositifs de formation changent fréquemment et rapidement. Le temps de comprendre le fonctionnement et l’organisation des structures existantes, elles disparaissent pour être remplacées par d’autres. Par exemple, la modification des contrats de qualification et des contrats de professionnalisation a dérouté les familles. A peine avaient-elles commencé à comprendre le fonctionnement de ces contrats qu’ils ont été transformés. Par conséquent, il nous paraît indispensable de modifier les dispositifs avec prudence et sans précipitation.

Du côté des conseillers d’orientation psychologues (COP)

Enfin, le rôle des Conseillers d’orientation psychologues (COP) dans le processus de l’orientation est extrêmement important. Dans l’organisation actuelle, les 4.000 conseillers sont-ils assez nombreux pour assurer les diverses tâches d’accompagnement d’une cohorte annuelle de 800.000 jeunes ? Le temps accordé à chaque jeune est-il suffisant pour le connaître, faire émerger un projet et lui proposer des établissements de formation correspondant à ses projets ?

PROPOSITIONS

Pour améliorer l’existant, nous nous limiterons à quelques propositions :

Renforcer la connaissance des COP sur les réalités de l’exercice des métiers.
Ouvrir la profession de conseiller d’orientation à des acteurs professionnels.
Faire en sorte que tous les conseillers d’orientation d’un même territoire aient visité tous les établissements professionnels et techniques de ce territoire.
Elargir les compétences des COP pour leur permettre d’informer sur les aides financières, les structures médicales, et les possibilités de logement en lien avec le projet envisagé...
Inscrire dans leur mission l’organisation de forum et de rencontres sur les métiers.
Mieux associer les familles à la construction du projet de chaque jeune.
Intégrer les familles et leurs représentants dans les principaux lieux de concertation pour l’élaboration des politiques d’orientation et de formation, en particulier de la formation professionnelle.
Enfin, question très technique mais importante, le système d’inscription informatique RAVEL mériterait d’être assoupli. En effet, il ne permet pas d’intégrer le cursus universitaire si l’étudiant a interrompu sa formation après le baccalauréat (par exemple : expérience internationale, année sabbatique) et ne valorise donc pas l’expérience et la maturité acquis hors cursus.

CONCLUSION

Source d’inquiétude pour les familles, l’orientation est le socle d’une vie réussie. Tous les acteurs doivent s’associer pour trouver les moyens pertinents d’assurer le meilleur devenir possible à chaque jeune.

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