UNAF - Complément pour le projet Net-générations

Projet

Complément pour le projet Net-générations

13/02/2004

Conçu par l’UNAF, présenté dans un premier temps à la nouvelle Délégation aux Usages de l’Internet, puis proposé dans le cadre des travaux préparatoires de la Conférence de la Famille 2004, le projet Net-Générations vise à mobiliser les adolescents (mais aussi dans une deuxième phase les jeunes retraités) pour démocratiser localement, partout en France, dans la proximité, les usages sociaux et familiaux de l’Internet.

Cette mobilisation reposerait sur trois volets :

Volet 1 : la proposition faite aux adolescents dès l’âge de 14 ans de se préparer par une formation complémentaire à celle acquise au collège ou au lycée (C2i et B2i) au passage dès l’âge de 16 ans (ou plus tard) d’un brevet leur donnant un statut de « Jeunes Médiateurs Internet » (JMI) qu’ils pourront faire valoir jusqu’à l’âge de 22 ans. Ce statut validerait leur aptitude à aider et accompagner leur environnement de proximité (familles, associations, personnes seules, etc.) dans leur découverte et leur maîtrise culturelle et technique de l’internet et plus particulièrement des usages et des services familiaux, sociaux, éducatifs, culturels, de santé, administratifs, citoyens, civiques et solidaires désormais disponibles grâce à cet outil ;
Volet 2 : la création de réseaux locaux de JMI dans le cadre d’un dispositif de gestion-pilotage faisant intervenir les acteurs du développement local (collectivités locales et territoriales, établissements publics numériques, établissements scolaires, services déconcentrés de l’Etat, Chambres de Commerce, d’Industrie, d’Artisanat et Métiers, d’Agriculture, Mouvements Associatifs, secteur privé, …)
Volet 3 : la valorisation du travail de médiation-facilitation de ces jeunes par un système spécifique de rémunération horaire.

Au stade actuel de la diffusion du projet, sa pertinence et son utilité sont largement reconnues sur les deux premiers volets. Pour information, afin de lutter contre la fracture culturelle numérique, un dispositif de « net-stewarts » jouant le même rôle est lancé en Belgique. Seul le troisième volet soulève une interrogation.

Faut-il, inciter les adolescents et les jeunes à s’investir dans ce type d’intervention sociale en les rémunérant un minimum au moyen éventuellement d’un système innovant du type « chèque service » ou, pour obtenir les mêmes résultats, miser sur la seule valorisation de leur bénévolat et de leur esprit solidaire par le fait que leur brevet de JMI et leur intervention bénévole serait un plus dans leur formation et sur leur CV ?

Pour l’UNAF, il ne fait pas de doute que la mobilisation du travail des adolescents sur les enjeux locaux et globaux de la construction de la société de l’information doit faire l’objet d’une reconnaissance qui dépasse le caractère purement symbolique. Cette reconnaissance doit être politique et économique.

On ne peut, d’un côté, faire le choix d’une économie qui repose en partie sur le marketing des valeurs jeunes et notamment sur le rôle joué par les adolescents dans la prescription des achats familiaux et comme futur consommateur et, de l’autre, ne pas les rémunérer un minimum pour des efforts et des actes qu’ils feraient en vue de s’investir dans le développement économique, social et culturel local.

Par ailleurs, on ne peut pas non plus dire, d’un côté, que l’adolescence est le début de l’apprentissage de la responsabilité et de l’autonomie et, de l’autre, ne pas récompenser une prise de responsabilité par une contrepartie tangible ayant du sens dans le vécu économique et social contemporain de l’adolescent.

Contribuer un peu à l’autonomisation financière des adolescents en contrepartie de l’investissement qu’ils sont en capacité de faire pour accroître la maîtrise culturelle et technique par leur environnement proche des technologies de la société de l’information est juste.

C’est sur leur agilité et plasticité pratique et intellectuelle vis-à-vis des usages des nouvelles technologies que la collectivité se déciderait à miser dans le cadre du projet net-génération. Le message du projet net-générations, du monde adulte, aux adolescents est clair : « Venez travailler avec nous à la construction de votre futur et du nôtre, car nous adultes, nous ne sommes plus certains, seuls de pouvoir le faire au mieux et au rythme auquel il faudrait le faire… ».

A cet égard, le projet net-générations n’est pas un appel à la solidarité ou à la charité mais une demande d’intelligence et d’investissements collectifs et intergénérationnels dans le développement local. C’est la « force de travail adolescente » qui est requise par le projet net-génération et non la « bonne volonté » des adolescents. Ce qui leur est proposé dans le cadre de ce projet n’est pas des « petits boulots » mais des « interventions à caractère culturel et social structurées ». Le développement culturel, social et économique à l’âge des réseaux numériques, n’est pas une affaire de « bonne volonté » mais de stratégies globales et locales d’investissements immatériel et matériel.

Quel système de gestion / emploi / rémunération spécifique en contrepartie de cet investissement intellectuel et en temps demandé aux adolescents dans le cadre du projet netgénération ?

De nombreux systèmes ou combinaisons de systèmes peuvent être imaginés/envisagés. Il convient cependant de les encadrer et dimensionner précisément sur le plan légal, déontologique, contractuel financier et de l’équité.

Il conviendrait ici de missionner un « think-tank » travaillant dans un court laps de temps sur la faisabilité et la comparaison de plusieurs systèmes possibles afin de parvenir à des solutions innovantes mais aussi didactiques et robustes.

Trois premières pistes sont données à titre d’exemple ci-dessous :

Piste 1 : Examen des conditions légales de rémunération d’adolescents de plus de 16 ans et du fonctionnement au moindre coût d’un circuit financier et de gestion adéquate dans le cas où la rémunération se ferait sous forme d’une contrepartie monétaire directe sous forme d’un chèque service.

Dans ce cas :
a) Le demandeur (famille, association, etc, ) d’une prestation de JMI achèterait par exemple 5 euros à l’organisme local de gestion des JMI un chèque service d’une valeur 10 euros grâce auquel il paierait l’heure d’intervention de ce JMI.
b) Le JMI pourrait créditer son compte bancaire d’un montant de 10 euros tiré sur le compte de l’organisme local de financement du système des JMI. Cet organisme de financement serait gestionnaire du fond local de financement permettant de complémenter à hauteur de 5 euros la valeur du chèque service JMI d’une valeur de 10 euros
c) Le fond local de financement pourrait être abondé annuellement pour un quota d’heures déterminé par les collectivités locales ou territoriales mais aussi par le secteur privé dans le cadre d’un mécenat de nature économique et sociale.

Piste 2 : Examen de la création d’un système d’emploi et de rémunération de l’heure d’intervention d’un JMI au moyen d’un chèque spécifique du type « bon d’achat » comme il en existe déjà dans des dispositifs d’aides de l’accès des jeunes à la culture, aux sports,…, dans certaines régions (ex : Pays de Loire, Rhône-Alpes,…)

a) Le demandeur (famille, association, etc) achèterait à l’organisme local gestionnaire des JMI pour 5 euros un « chèque bon d’achat » d’une valeur de 10 euros pour une heure d’intervention de JMI.
b) Le JMI pourrait dépenser ses « bons d’achat » pour des services culturels, sportifs, de transport, etc (ex : frais d’inscription à des clubs) prédéterminés par les financeurs publics ou pour des achats à prix réduits prédéterminés par les partenaires-financeurs privés du système (grande distribution, librairies, cinéma, voyages, etc…). Ces derniers se faisant rembourser pour totalité ou partie en fonction des contrats de partenariats les bons d’achats par l’organisme gestionnaire du fond de financement local du système.
c) Le fond local de financement pourrait être abondé annuellement pour un quota d’heures déterminé par les collectivités locales ou territoriales mais aussi par le secteur privé dans le cadre d’un mécenat de nature économique et sociale.

Piste 3 : Examen des conditions légales d’emploi et rémunération d’adolescents de plus de 16 ans dans le cadre d’un système mixte.

a) Le demandeur (famille, association, etc) serait libre d’acheter une prestation horaire d’un JMI au tarif de 5 euros l’heure payé directement au JMI. Un certificat de satisfaction serait signé par le bénéficiaire et donné au JMI. Réciproquement un certificat de prestation serait signé par le JMI et donné au bénéficiaire.
b) Au moyen du certificat de satisfaction, le JMI pourrait percevoir,, auprès de l’organisme local gestionnaire des JMI des chèques bons d’achats complémentant à hauteur d’une valeur de 5 euros chaque prestation effectuée comme dans le cas de la piste 2.
c) Le fond local de financement fonctionnerait comme en 2.

Au niveau national, un travail multipartenarial, créatif et analytique sur ce type de solutions permettrait de parvenir rapidement à un schéma-cadre grâce auquel des collectivités locales et/ou territoriales pourraient se lancer dans des expérimentations avec le concours de partenaires institutionnels, associatifs et privés.

C’est aussi au niveau national qu’il conviendrait d’établir le cahier des charges des formations et de l’examen qui permettront aux adolescents de bénéficier du statut de Jeunes Médiateurs Internet entre 16 et 22 ans.

L’UNAF est disposée à assurer ce travail de réflexion/propositions dans le cadre d’une mission qui pourrait lui être confiée à la demande du Ministre de la Famille, du Ministre de la Jeunesse, de l’Education Nationale et de l’Enseignement Supérieur et du Ministre chargé de la Recherche et des nouvelles technologies.

contact : jquignaux unaf.fr

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