UNAF - CES -L’impact de l’allongement de la durée de vie sur les systèmes d’aides et de soins

Débats au Conseil Economique et Social

CES -L’impact de l’allongement de la durée de vie sur les systèmes d’aides et de soins


01/10/2007

Le Conseil Economique et Social, réuni en assemblée plénière les 25 et 26 septembre 2007, a adopté un avis sur : « L’impact de l’allongement de la durée de vie sur les systèmes d’aides et de soins »,, rapporteur Michel Coquillion au nom de la section des Affaires sociales.

Déclaration écrite du groupe de l’U.N.A.F. (annexée au Journal Officiel) sur l’avis présenté par M. Michel COQUILLION, intitulé : « L’impact de l’allongement de la durée de vie sur les systèmes d’aides et de soins » au nom de la section des Affaires sociales.


L’allongement de la durée de la vie est une conquête majeure de l’humanité, en même temps qu’un privilège des sociétés dites développées. Cependant, la réflexion sur ce thème ne doit pas se réduire à une approche de la seule dépendance. De ce fait, le regard que nous portons sur les personnes âgées et sur leur place dans la société doit être notablement transformé, afin que les personnes concernées se sentent reconnues dans leur dignité.
En effet, être assimilé à une « charge pour la société », à un moment où on peut naturellement s’interroger sur son rôle social, est souvent douloureusement vécu. Or, l’organisation du système d’aides et de soins, les principes qui le sous-tendent, la formation de ses personnels et les moyens dont il dispose, sont des éléments qui participent à la construction de l’image de la vieillesse et qui contribuent pour une part importante au regard porté sur les personnes âgées.
La prise en charge des personnes âgées est un sujet éminemment familial. Le groupe de l’UNAF souligne donc quelques points importants qui ont été abordés lors des Conférences de la famille.

1) Tout d’abord, il est indispensable d’insister sur toutes les formes de prévention, au-delà d’une éducation à la gestion du capital santé qui doit s’enraciner dès le plus jeune âge. Cela permet de retarder les effets négatifs du vieillissement. Il importe aussi de veiller à ce que les personnes âgées soient au cœur d’un réseau relationnel porteur d’activité et de vie sociale.
De plus, en matière de prévention, le maintien en activité jouant un rôle très positif sur l’état de santé physique et intellectuelle, il est important qu’une large information soit diffusée à l’attention des retraités, sur le rôle social, sur la transmission des savoirs en direction des plus jeunes, et sur les possibilités de bénévolat. En outre, en matière de prévention primaire, il convient de faire évoluer la grille AGGIR pour qu’elle valorise les capacités restantes plutôt que de noter les capacités perdues.

2) La formation en gériatrie de l’ensemble des intervenants est incontournable. Une culture partagée de la prise en charge de qualité des personnes âgées doit se développer et se diffuser tout au long de la chaîne de soins, à domicile comme à l’hôpital, et dans l’ensemble des structures accueillant des personnes âgées.
Un des axes du plan « Solidarité grand âge » est de donner aux personnes âgées dépendantes le libre choix entre rester au domicile et entrer en structure d’accueil. Ce libre choix suppose de disposer d’un nombre de places suffisant en accueil temporaire ou en accueil de jour, pour faire face à la demande et de mettre en œuvre des actions spécifiques. Il nous faudrait faire preuve de plus de créativité pour répondre à des besoins non encore satisfaits ou renforcer les solutions innovantes.

3) La solidarité familiale intergénérationnelle. La famille se situe en première ligne pour aider et prendre soin des personnes âgées dépendantes. Cependant, le maintien à domicile a deux limites : l’autonomie et le reste à charge pour la personne. Ce type de solidarité constitue deux enjeux pour la société : les politiques à conduire pour permettre aux aidants de concilier leur soutien à un proche avec leur vie familiale, personnelle et professionnelle ; la recherche d’une égalité homme-femme, la plus grande partie de l’aide familiale aux personnes âgées reposant encore trop sur les femmes.

4) Renforcer l’aide aux aidants familiaux représente un élément capital pour rendre réaliste la notion de libre choix. L’U.N.A.F. regrette que le congé de soutien familial, institué en avril 2007, n’ait pas été financé à ce jour. Notre groupe s’est exprimé à plusieurs reprises sur ce sujet.

5) Il convient aussi d’assurer la continuité entre domicile et établissements et d’offrir plus de structures alternatives de proximité. Les petites unités de vie sont une des réponses à la prise en charge en termes d’aides et de soins des personnes âgées. C’est pourquoi le groupe de l’U.N.A.F. rejoint les propositions de l’avis visant à penser dans ce sens les politiques d’urbanisme.

6) Concernant la prise en charge sanitaire, il convient d’améliorer l’accueil et le séjour des patients âgés à l’hôpital, notamment dans les services d’urgence. De même, il est indispensable de créer une unité mobile de gériatrie dans les hôpitaux, qui pourrait contribuer de façon déterminante à l’orientation et à la prise en charge des patients âgés aux urgences. La qualité de vie en établissements est primordiale.
Renforcer l’équité et permettre à tous d’accéder à une prise en charge de la dépendance respectueuse de la dignité de la personne, maîtriser le reste à charge pour la personne âgée comme pour sa famille, et trouver de nouveaux financements constituent trois challenges de taille. Il nous incombe à tous et à la solidarité collective, de prendre en charge les effets financiers de l’allongement de la durée de la vie et à chacun d’entre nous de comprendre que l’allongement de la durée de la vie ne rime pas forcement avec vieillissement et déchéance.

En conclusion, notre assemblée rejoint l’avis du Comité Economique et Social Européen de mars 2007 qui précise : « Le vieillissement, avec ses différents types et ses nombreuses diversités géographiques, devra faire l’objet d’études spécifiques prenant notamment en compte son impact sur la vie et la politique familiales. Celle-ci a principalement été considérée sous l’aspect des rapports parents/jeunes enfants et adolescents. Désormais, il faut également l’envisager sous l’aspect des rapports enfants/parents âgés, notamment en matière d’aménagement du temps de travail et d’aide de la collectivité. »
Le groupe de l’U.N.A.F. s’est exprimé en faveur de l’avis.

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