UNAF - Niveaux de vie et pauvreté en France - Réduire la pauvreté d’un tiers en cinq ans - Le RSA : d’une expérimentation en cours à une généralisation programmée - La prise en charge de la dépendance : quel partage entre solidarité familiale et nationale ? - En bref...

Délégué au CCAS n°151

Niveaux de vie et pauvreté en France - Réduire la pauvreté d’un tiers en cinq ans - Le RSA : d’une expérimentation en cours à une généralisation programmée - La prise en charge de la dépendance : quel partage entre solidarité familiale et nationale ? - En bref...


07/01/2008

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Editorial par François Fondard

En 2006, la Commission européenne a décidé de réaliser « un bilan détaillé de la réalité de la société européenne  ». Ce travail, qui s’achèvera fin 2007, donnera lieu à l’élaboration d’une synthèse début 2008. A cette occasion, le Centre d’Analyse Stratégique, organisme de prospective rattaché au Gouvernement, a réalisé une présentation sur la situation de la France au regard des nouvelles réalités sociales européennes. Le résultat est riche d’enseignements à bien des égards.

En matière démographique, la France occupe une position très favorable en Europe ; elle a, avec l’Irlande, le taux de fécondité le plus élevé. L’accroissement naturel de la France explique ainsi les deux-tiers de l’accroissement naturel européen. A long terme, la population française passerait, d’ici 2050, de 13 % à 14,6 % de la population européenne. Les explications tiennent probablement à une politique familiale relativement généreuse, même si la France n’est pas en pointe dans ce domaine, et à une politique de la petite enfance active.

Au niveau des satisfactions, on relèvera une attitude ouverte face à l’immigration. Les Français apparaissent plus tolérants vis-à-vis de l’immigration et des immigrés que la moyenne des Européens et ils valorisent plus que la moyenne des autres Européens les apports économiques et culturels des immigrés.

Sur le plan social, la France est moins inégalitaire et moins pauvre que la plupart des autres pays européens, mais elle apparaît plus inquiète face à l’exclusion. Parmi les Européens, les Français sont ceux qui expriment le plus de craintes à l’égard de la pauvreté. 13 % des Français pensent qu’ils pourraient devenir sans-abri, un score parmi les plus élevés dans l’Union européenne.

Au-delà d’indéniables atouts, le versant sombre de la situation française apparaît nettement dans cette étude. Outre les contre-performances françaises bien connues en matière de chômage de masse et surtout des jeunes, du sous-emploi des seniors, émergent des aspects souvent ignorés de nos caractéristiques nationales. Par rapport à leurs voisins européens, les Français sont les plus défiants vis-à-vis de la police et du système judiciaire. Cette défiance s’étend aussi aux syndicats et au Parlement. En corollaire, les Français sont relativement plus tolérants que les autres Européens face au manque de civisme (fraude fiscale et aux aides publiques, fraude dans les transports). Ces données vérifient la thèse de « la société de défiance » développée par Y ALGAN et P CAHUC [1]. Est-ce cette méfiance qui fait des Français les Européens parmi les plus pessimistes sur l’avenir de leurs enfants et des générations futures ?
Autant d’éléments de réflexion alors que la France s’apprête à présider l’Union européenne au deuxième semestre 2008.

Editorial 151
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[1- La société de défiance : comment le modèle social français s’autodétruit Yann ALGAN et Pierre CAHUC
Editions Rue D’Ulm 2007.

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