UNAF - UDAF 35 - Ille-et-Vilaine - Familles d’Ille-et-Vilaine, qui êtes-vous ? (2001)

Etude généraliste

UDAF 35 - Ille-et-Vilaine - Familles d’Ille-et-Vilaine, qui êtes-vous ? (2001)


31/12/2000

Synthèse de l’enquête « familles d’Ille-et-Vilaine, qui êtes-vous ? » diffusée en janvier 2001 par l’Union Départementale des Associations Familiales 35 auprès d’un panel représentatif de 300 ménages

Familles, vous avez dit « famille » !

La famille inspire la diversité...Au palmarès des perceptions, on trouve néanmoins quelques idées clés communes : La famille est plus volontiers perçue comme un lieu ; on lui attribue les sentiments d’amour et de solidarité. Dans la diversité, les enfants constituent aussi un solide point commun.

Les ménages interrogés sont plus unanimes quant aux fondements de la famille. Les mutations sociétales sont ici très lisibles : Il n’y a plus guère qu’un tiers des répondants, volontiers plus âgés, volontiers plus ruraux, à considérer le mariage comme une base de la famille. Le lien formel a laissé place aux sentiments. La famille est d’abord fondée sur la confiance.

On privilégie aussi la bonne communication entre parents et enfants au détriment de la participation des grands-parents, autrefois ciment familial...le noyau s’amenuise. Pour autant on attribue aux aînés une « mission » bien précise : Papy et mamy donnent de l’affection. Il est vrai que l’éloignement physique évident qui sépare, dans notre département, les petits-enfants et leurs grands-parents, n’empêche pas, pour la majeure partie d’entre eux, un contact au moins hebdomadaire. Si les grands-parents ne font pas la famille, leur rôle de « transmetteurs » de savoir et de culture, reconnu notamment pas les jeunes ménages, laisse augurer de belles perspectives aux échanges intergénérationnels.

Si sa perception a évolué, la famille n’est pas en perte de vitesse. Elle est même de ces valeurs que les nouvelles générations souhaitent transmettre plus fortement qu’elles ne les ont reçues. A l’instar de la solidarité, de la tolérance et de la responsabilité, le sens de la famille contribue au resserrement des valeurs. Parallèlement, les valeurs plus traditionnelles déclinent, dans le sillon de l’urbanisation. On attache moins d’importance au travail, on croit moins en l’honnêteté et en la moralité, on néglige un peu la politesse. Dans cet ensemble, il apparaît que le très appété « respect », est la valeur de toutes les générations.

L’équilibre familial devient même le principal révélateur de réussite. Le bonheur des enfants, l’harmonie du couple battent en brèche l’idée d’une société carriériste et basée sur l’argent. L’argent n’est pas déterminant et plus on en a moins il a d’importance. On a tendance à se replier au sein d’une cellule familiale rapetissée qui devient le lieu privilégié de la solidarité : Hors le noyau familial, même l’altruisme et la vie sociale sont dévalorisés.

Politique familiale et responsabilisation

La famille est donc ce lieu sacré ou rien ne peut interférer. On peut même la soupçonner d’induire certaines formes d’individualisme : le jugement que l’on porte à la politique familiale est, en ce sens, très symptomatique. On est personnellement satisfait de la couverture maladie tout en s’enquérant de la situation des autres mais on désapprouve la politique familiale, considérant qu’elle bénéficie aux autres et non à soi...

Un plus grand angle de vue met en évidence le regard très partagé sur l’importance de la politique familiale. Et il n’y a rien de moins net que ce qui doit être la place de la famille dans les dépenses publiques. A contrario, la santé est unanimement prioritaire, la vieillesse très largement secondaire et la lutte contre l’exclusion jugée, paradoxalement, aussi peu importante que la solidarité est une valeur d’avenir.

En définitive, les familles souhaitent une politique familiale plus participative. Le sens critique qui dénonce notamment l’éternel « assistanat » montre bien l’appel à la responsabilisation. L’engouement à proposer des mesures susceptibles d’aider efficacement la famille en témoigne : parmi un florilège de suggestions, la revalorisation du statut du parent au foyer, une meilleure équité des prestations familiales et la réforme de la fiscalité figurent aux premiers rangs des préoccupations.

Le sentiment d’être étranger à la politique sociale et familiale trouve aussi sa source dans le défaut d’information. On se considère globalement trop peu informé de ses droits civiques, sociaux, patrimoniaux et du consommateur...plus les ménages sont jeunes ou plus ils ont d’enfants et moins ils se sentent informés.

La santé : la priorité des priorités

Les avis sont mitigés sur la politique familiale, la voix est unanime sur les questions de santé. Elle est la priorité des priorités. 97 % des ménages considèrent avoir une bonne couverture sociale, 95 % ont une mutuelle complémentaire - ceux qui n’en ont pas pourraient bien être ceux qui en ont le plus besoin - et 85 % un médecin de famille...Ils sont aussi 77 % à mettre en évidence l’inégalité devant l’accès aux soins. Déjà, la prévention et l’accès à l’information mettent en lumière quelques disparités : A chaque fléau sa part d’ignorants ; le Sida les plus âgés et le milieu rural, le cancer et les comportements dépendants, les plus jeunes. Il n’est que le suicide dont on sait notre région parmi les plus sensibles, qui unit l’ensemble dans la méconnaissance.

Les parents considèrent leurs enfants plutôt mieux informés sur la santé. Il faut dire que l’école est, pour eux, le premier vecteur de cette information. C’est au prix d’une communication soutenue en milieu scolaire que les générations à venir seront plus au fait que leurs parents.

Education et jeux vidéos

L’école est donc un lieu d’information, elle est aussi, assurément, un lieu d’éducation ou de « coéducation ». Les rôles éducatifs ne sont cependant pas aussi faciles à répartir : Ils sont un ménage sur 10 à considérer que le premier intervenant éducatif est l’école...avant même les parents !

Dans l’ensemble, les familles d’Ille-et-Vilaine concernées trouvent les rythmes scolaires adaptés à leurs enfants. La semaine de quatre jours satisfait les parents en maternelle comme en primaire ... les parents des 15-20 ans se montrent un peu plus nuancés sur les rythmes du lycée.

Et après l’école...cette jeunesse occupe surtout les terrains de sport. Elle occupe aussi et de plus en plus les salons, consoles de jeux et clavier d’ordinateur en mains. Les jeux vidéos et les multimédias sont en passe de rivaliser avec la télévision et la musique pour ces activités de loisirs que les sociologues appellent « du dedans ».

Le ménage d’Ille-et-Vilaine part, en moyenne, une fois par an en vacances en famille. Schématiquement, la fréquence des départs est proportionnelle aux revenus, même si les citadins partent plus fréquemment. On constate encore qu’un ménage sur 5 ne part jamais en vacances (surtout des célibataires et des ménages de plus de 50 ans).

Du crédit à l’épargne, de la ligne de flottaison à la ligne d’horizon


L’alimentation et le logement constituent les premiers postes budgétaires des ménages. Une fois assurés le couvert et le gîte, les budgets se dispersent ; mais les différents modèles budgétaires sont fonction des obligations ou du niveau des revenus plus que des choix de vie. Les dépenses d’habillement sont plus conséquentes dans le budget des ouvriers, les dépenses de santé dans celui des ménages plus âgés, les dépenses de scolarité dans celui des ménages d’âge et de revenu intermédiaire, les dépenses de transport lorsqu’il y a des enfants en bas âge... Pour illustrer ce constat, les loisirs et la culture qui devraient idéalement représenter 20 % du budget sont relayés au rang des postes subsidiaires ; il n’y a guère que les citadins sans enfant pour rappeler que « le superflu est une chose nécessaire ».

Le « carpe diem » n’est pas de mise et l’épargne est une constante. On évalue le taux d’épargne des ménages à 15 % du revenu disponible et ils sont 85 % à « mettre de côté ». La destination de cette épargne trouve surtout sa corrélation dans l’âge des ménages : Les jeunes ménages veulent accéder à la propriété et construire un patrimoine...les retraités leur transmettre un patrimoine. Alors que les ménages actifs de 30 à 50 ans misent sur les études des enfants, au delà de 50 ans c’est l’objectif retraite. Enfin, les plus âgés mettent de côté sans finalité précise, uniquement par crainte de l’avenir !

En ce qui concerne le crédit, les pratiques pourraient « presque » se résumer de la manière suivante : une moitié des ménages n’a pas recours au crédit et l’autre moitié emprunte pour s’acheter une voiture. « Presque » car il apparaît difficile de passer sous silence la multiplication des situations de surendettement. Si le crédit permanent constitue ici un véritable enjeu, ses formes parfois insidieuses expliquent la difficulté à évaluer son impact auprès des ménages du département. Et si les retraités, les revenus supérieurs et les faibles revenus se retrouvent en évaluant de façon très raisonnable le niveau maximal d’endettement - en général, moins de 40 % du revenu - les jeunes ménages de moins de 40 ans, par le laxisme affiché, apparaissent plus exposés.

En moyenne, les ménages estiment que le budget mensuel nécessaire pour faire vivre correctement une famille avec deux enfants devrait être de 15 700 Francs. Ils sont 30 % d’entre eux à atteindre effectivement ce niveau de revenu.

Logement individuel et accession à la propriété...

Le logement pèse fortement dans le budget familial ; il est vrai que le rêve pavillonnaire et l’objectif d’accéder à la propriété sont fortement lié aux racines rurales de notre région. Les parts relatives de l’habitat individuel et de la propriété sont majoritaires en Ille-et-Vilaine . On compte approximativement trois propriétaires pour deux locataires et deux maisons individuelles pour un appartement, néanmoins ces tendances sont moins marquées que dans les autres départements bretons, eu égard, notamment, au poids de la ville de Rennes.

La stabilité professionnelle - plus tardive, plus incertaine aussi - est le premier facteur d’accession à la propriété. Si la sédentarité a son importante, il apparaît clairement que la garantie des revenus est plus déterminante : la barre des 10 000 francs de ressources mensuelles est essentielle pour s’engager ; au dessous, on reste plus souvent locataire et au dessus, on commence à élaborer des projets. C’est vrai jusqu’à un certain niveau de revenu dans la mesure où les plus aisés (plus de 20 000 francs mensuels) n’ont pas de propension particulière à accéder à la propriété. D’ailleurs , pour eux, le coût de la location n’est pas un élément additif. Quant aux plus faibles revenus, la propriété n’est pas une intention mais plutôt « le fruit d’une occasion à saisir »...

Ces aspirations à la propriété, plus que l’insatisfaction du logement dans lequel on vit, constituent la motivation principale d’un changement : 16 % des ménages sont insatisfaits de leur logement alors que 27 % souhaitent en changer...

2001 ou l’odyssée de la vie associative...


En ces temps anniversaires de la Loi 1901, l’observatoire est aussi l’occasion d’effectuer un tour d’horizon de la perception que l’on se fait des associations. La participation à la vie associative ou plus simplement l’entrée dans une structure associative quelconque fait naturellement partie de la vie quotidienne des ménages. S’ils déclarent s’investir « moyennement » dans la vie sociale, ils sont cependant 56 % à faire partie d’une association.

Cette adhésion, plus forte après 50 ans et en milieu rural, trouve paradoxalement son premier intérêt dans la volonté de faire des rencontres. Les associations sont d’abord des relais entre les personnes, sans pour autant être tout à fait dissociées d’une certaine légitimité à agir (engager des actions, créer, gérer des services). Notons que les ménages dans les situations les plus précaires sont aussi les moins intégrés à la vie associative.

On estime que les actions du secteur associatif ne sont pas assez prises en considération par les pouvoirs publics. Il faut dire que le lien qui s’établit entre les deux est mal identifié. Ceux qui considèrent que l’action des associations est bien reconnu par les pouvoirs publics sont aussi ceux qui attribuent au monde associatif un rôle politique ; à moins qu’ils ne soient « juges et parties » dans la mesure où ils sont aussi plus impliqués dans la vie municipale - comme les ruraux mariés, âgés de plus de 50 ans par exemple.

Il est évident que la perception de la vie associative est celle des associations que l’on fréquente : Aux jeunes ménages les associations sportives, aux ménages plus âgés les associations sociales, aux ruraux les associations religieuses, aux citadins les associations culturelles... Dans cet ensemble, les associations familiales attirent des ménages plutôt jeunes. Il n’y a guère que les associations sportives à faire mieux...décidément, la famille change mais elle a encore de belles années devant elle...

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