UNAF - La Direction générale de la santé « se prononce contre les chaînes spécifiques pour les enfants de moins de trois ans »

Télévisions pour bébé

La Direction générale de la santé « se prononce contre les chaînes spécifiques pour les enfants de moins de trois ans »

09/06/2008

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Comme indiqué dans la lettre électronique du 26 mai dernier, l’UNAF était représentée, le 16 avril 2008, à la journée organisée par le Ministère de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la vie associative au cours de laquelle, il s’agissait de recueillir l’avis d’experts sur l’impact de la télévision sur la santé et le développement psychomoteur des tous petits.Lire en rappel.

L’avis de la Direction générale de la santé vient d’être rendu. Y accéder

L’UNAF se félicite que cet avis reprenne, avec beaucoup de justesse et de pertinence, les éléments essentiels de la réflexion conduite par le groupe d’experts.

Cet avis peut être relayé par les associations qui le désirent afin de rendre cette information accessible aux premiers concernés : les parents d’enfants de jeunes enfants.
Rappelons qu’à l’issue de la rencontre du 16 avril 2008, l’UNAF et le CIEM avaient, par voie de presse, communiqué.


AVIS
De la direction générale de la santé suite aux travaux du groupe d’experts réuni le 16 avril 2008 sur l’impact des chaînes télévisées sur le tout petit enfant (0 à 3 ans)


La direction générale de la santé considère :

- qu’aucune étude ne démontre actuellement que les programmes de télévision spécifiquement conçus pour les très jeunes enfants puissent avoir un effet bénéfique sur le développement psychomoteur et affectif de l’enfant.
En revanche, les fondements scientifiques sur le développement cognitif et psychique de l’enfant tendent à montrer que c’est inexact. Le concept de programme adapté à l’enfant de moins de 3 ans n’a donc pas de sens.

- que les connaissances actuelles basées sur les études disponibles, les modèles théoriques et l’expérience clinique des professionnels de la petite enfance soulignent le risque lié à la consommation d’images télévisuelles sur la naissance et le développement des processus de pensée et de l’imagination, sur l’intégration des émotions et sur le développement psychomoteur.

Pour développer ses capacités physiques, psychomotrices, cognitives et affectives, et ses processus de pensée, l’enfant doit utiliser activement ses cinq sens en s’appuyant sur la relation avec un adulte disponible. Les stimulations désincarnées que la télévision suscite ne peuvent en aucun cas remplacer l’interaction émotionnelle et affective avec l’entourage, en particulier les parents. La télévision même spécifique au bébé, et même en présence du parent, ne favorise pas ce type d’interaction.

Aussi, la direction générale de la santé :

- se prononce contre les chaînes spécifiques pour les enfants de moins de trois ans,
- déconseille la consommation de la télévision jusqu’à l’âge d’au moins 3 ans, indépendamment du type de programme,
- considère qu’au delà de 3 ans, chez le jeune enfant, l’usage de la télévision doit être particulièrement prudent : Les parents doivent être vigilants sur le contenu (violence, sexualité, dérision…), la durée, les horaires, afin de prévenir les troubles liés au non respect de la maturité de l’enfant (troubles du comportement, de l’attention, du sommeil, de l’alimentation et des apprentissages, anxiété, agressivité, difficulté d’identification à la souffrance de l’autre …….).

En conséquence, la direction générale de la santé recommande :

- la diffusion d’une large information dans les medias sur les risques de la télévision pour les enfants de moins de 3 ans, en direction du grand public et des professionnels de la petite enfance (émissions thématiques, signalétique sur les écrans, documents distribués à la naissance, mention dans le carnet de santé…),

- que les sociétés commercialisant des émissions destinées aux jeunes enfants ne puissent alléguer de bénéfices pour la santé ou le développement de l’enfant non prouvés scientifiquement,
- de compléter les connaissances scientifiques dans ce domaine par :

  • une synthèse de l’ensemble des études françaises et internationales publiées,
  • l’analyse des données disponibles,
  • l’intégration à d’autres études (cohorte Elfe…) des questions concernant l’usage de la télévision, notamment chez les enfants,
  • la promotion d’études sur les aspects où les données sont insuffisantes, en particulier en les inscrivant dans les priorités des prochains programmes hospitaliers de recherche clinique (PHRC)."
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