UNAF - Débats au Conseil Economique et Social : Nanotechnologies / Agriculture et risques sanitaires

CES

Débats au Conseil Economique et Social : Nanotechnologies / Agriculture et risques sanitaires


30/06/2008

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Le Conseil Economique et Social, réuni en assemblée plénière les 24 et 25 juin 2008, a élu M. Yves ZEHR (membre du groupe de la Coopération) en qualité de « Secrétaire du Bureau » du C.E.S. Il a ensuite adopté deux avis sur :

  • Les nanotechnologies, rapporteur M. Alain OBADIA au nom de la section des Activités productives, de la recherche et de la technologie ;
  • Une agriculture productive soucieuse de prévenir les risques sanitaires et environnementaux, rapporteur M. Michel PRUGUE au nom de la section de l’Agriculture et de l’alimentation.

Déclaration écrite du groupe de l’UNAF (annexée au Journal Officiel) sur l’avis présenté par Alain OBADIA, intitulé : « Les nanotechnologies ».

Le groupe de l’U.N.A.F. tient à féliciter et remercier le Rapporteur, Alain OBADIA, pour ce travail de grande qualité pédagogique sur « les nanotechnologies », qui nous a permis de comprendre leur importance et leur impact pour les générations futures. De nombreuses applications peuvent en effet être imaginées dans des secteurs très divers de la vie.

Cependant le groupe de l’UNAF s’interroge sur les conséquences éventuelles des nanoparticules sur la santé humaine, tant dans l’air que nous respirons, que dans les aliments qui seront consommés.

Plutôt que d’en rester au principe de précaution qui pourrait être un frein au développement, nous souhaiterions que soient réalisées des expérimentations animales in vivo et in vitro au niveau de la cellule, avant les applications humaines. Il est encore impossible de différencier pour les nanoparticules une cellule saine d’une cellule que l’on souhaite détruire, comme l’indique le rapport de l’unité spécialisée du CNRS.

Ces préoccupations sont encore justifiées car les résultats actuellement disponibles ne sont pas convaincants. Nul doute que les chercheurs mettront au point rapidement des appareils de détection des nanoparticules qui peuvent atteindre l’homme. De même, nous demandons que des expérimentations soient réalisées sur des animaux de petite et grande taille, dans des conditions les plus proches possibles de celles réalisées sur les humains.

On peut déjà imaginer une nanoparticule capable de détruire le virus du Sida dans les zones du corps où il est stocké. On peut aussi craindre l’apparition de nouvelles maladies de civilisation, telles qu’allergies ou réduction des défenses immunitaires.
Le groupe de l’UNAF espère que de telles avancées technologiques ne se réduiront pas au rêve des « alicaments ». N’oublions pas que l’écologie scientifique a fait ses preuves, tant dans le domaine de l’agriculture que de celui de la santé humaine.
Le groupe de l’UNAF a voté l’avis favorablement.

Déclaration écrite du groupe de l’U.N.A.F. (annexée au Journal Officiel) sur l’avis présenté par Michel PRUGUE, intitulé : « Une agriculture productive soucieuse de prévenir les risques sanitaires et environnementaux ».

L’avis présenté par notre collègue Michel PRUGUE constitue un travail important, utile et synthétique qui aborde les grands défis de notre société : défis alimentaire, énergétique, environnemental, sanitaire, économique, social, territorial, …
Le groupe de l’UNAF apprécie cette approche globale des questions relatives à « une agriculture productive soucieuse de prévenir les risques sanitaires et environnementaux » et remercie le rapporteur pour son écoute attentive et ses qualités de conciliation.

Le groupe de l’UNAF souhaite insister sur deux points.

1/- Le défi alimentaire. L’avis le souligne et tous les observateurs avertis également : il faudra doubler la production d’ici à 2050, compte tenu de l’augmentation de la population et de son niveau de vie à l’échelle du monde. Ainsi, il faudra produire plus avec des surfaces en diminution. Aujourd’hui, nous produisons quatre fois plus qu’en 1950, sur des superficies bien moins importantes, ceci grâce notamment au développement important des techniques nouvelles.

Demain, avec l’évolution des connaissances, nous serons certainement capables de produire plus et dans le même temps, de répondre aux attentes sociétales d’un « produire mieux ». Pour le groupe de l’UNAF, il faut donc investir, soutenir et intensifier la recherche et l’innovation dans le domaine de la production pour nourrir les populations, mais aussi dans le secteur de l’environnement, car il faudra produire dans le respect et la préservation des sols, tout en veillant aux ressources rares que sont l’eau et l’énergie en particulier. De même, comme le préconise l’avis, il faudra concevoir des systèmes agricoles innovants et mettre en place de nouvelles démarches agronomiques.

Enfin, la mobilisation des plus hauts responsables politiques, en ce début de mois à Rome, montre que la question de l’agriculture, souvent absente des politiques de développement, est devenue une priorité.

Pour le groupe de l’UNAF, on ne peut résoudre le défi alimentaire uniquement dans l’urgence, mais dans la prise en compte globale des situations, des difficultés rencontrées par les populations pour se nourrir, et de leurs revenus. Ainsi, la question est plus qu’agricole, elle est géopolitique.

2/- Le principe de précaution. L’agriculture n’est pas une science exacte. C’est la raison pour laquelle l’avis précise : « il faut faire un bon usage du principe de précaution ». Cela ne signifie pas qu’il faut être laxiste, mais il ne faut pas confondre risque, danger et catastrophe. En effet, chacun d’entre nous doit pouvoir prendre des risques pour avancer, construire, innover, réussir. L’humanité a toujours progressé avec la science qui elle-même prend en permanence des risques. Certes, il y a des risques choisis et d’autres subis, mais souvent les uns ont des conséquences sur les autres.

C’est pourquoi, pour le groupe de l’UNAF, il est primordial de développer la prévention, la formation et la sensibilisation de tous à l’ensemble des risques qui touchent à la santé des personnes en particulier.

Dans ce sens, « la logique de la protection est indissociable de celle de la prévention, ce qui met la formation au cœur de ces démarches ». En effet, ce n’est pas la réglementation à outrance qui apporte la sécurité aux familles consommatrices, mais la connaissance. Les plus grands maux de notre société viennent de l’ignorance. Dans le même temps, il y a une crise de confiance à l’égard de la connaissance, car les connaissances aujourd’hui se situent dans différents domaines qui sont parfois contradictoires.

C’est pourquoi il est indispensable, comme le souligne l’avis, d’avoir une société civile représentative, tel le C.E.S., et ne pas se limiter à l’avis d’experts qui peuvent se contredire, ou aux avis du micro-trottoir du Journal Télévisé de 20 heures.

D’autres questions importantes auraient mérité d’être développées comme les enjeux environnementaux, économiques, sociaux, … mais le groupe de l’UNAF se bornera à une dernière remarque : il partage la conclusion de l’avis sur la prise en compte du comportement des consommateurs. En effet, si nous voulons une consommation durable, il faut qu’elle puisse s’articuler avec une production durable.
Le groupe de l’U.N.A.F. s’est exprimé favorablement sur l’avis.

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